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Le Bloc pour la démocratie et l’indépendance africaine n’est pas mourant. C’est du moins ce que le président du BDIA-Faso jigui, Souleymane Ma-kamba Doumbia nous a affirmé, mercredi dernier au siège du parti à Bamako Coura-Bolibana. L’occasion était propice pour le Président du BDIA de fustiger la campagne qualifiée de désinformation de certains partis qui avaient annon-cé le départ en masse de certains militants du BDIA, notamment à Bla.

En fait, le secrétaire administratif, rencontré jeudi, au siège du BDIA était en train de préparer les documents relatifs à la prochaine mission du parti pour les préparatifs des élections communales de 2009.

Une délégation du parti se rendra donc, lundi prochain à Bla, Koro, Douentza, sous la conduite du vice-président Boubacar Boré, pour redynamiser les sections. Des tee-shirts à l’effigie du parti étaient entassés dans le bureau du président du parti.

Ce n’est pas pour rien que nous avons confectionné ces habits, nous a rétorqué M. Souleymane Makam-ba Doumbia, le BDIA tient ses activités sur le terrain, c’est peut être parce que nous le faisons sans tintamarre que certains pensent que nous ne vivons pas”.

Un parti, a-t-il ajouté, qui se prévaut de 190 conseillers communaux, de 5 maires et de plusieurs présidents et vice-présidents de con-seils de cercles ne peut être considéré comme insignifiant.

Pourtant, le président du parti reconnaît l’importance de la fusion du BDIA avec d’autres partis. “Il faut aujourd’hui aller vers les grands ensembles”, a-t-il dit. Le BDIA prépare donc un congrès unitaire avec l’USRDA, le PIDS, le MJT et l’UDC.

Peut-on parler de reconstitution de la famille RDA ? Le président du BDIA ne dément pas cette hypothèse tout en soulignant que les discussions se tiendront conformément aux textes des partis et au respect des idéaux de feus Modibo Kéita et Tiéoulé Mamadou Konaté.

En somme, le président du Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine a tenu à faire savoir que le parti poursuit sereinement ses activités politiques, en l’occurrence, la préparation des élections communales en envisageant une fusion avec des partis visant les mêmes objectifs.

En fait, à l’heure des fusions, notamment avec l’Adéma et l’URD, les partis sont conduits à revoir leurs stratégies pour ne pas disparaître de la scène politique. Il faut rappeler que l’arrivée au pouvoir d’ATT avait été, quelque part, expliquée par la lassitude des populations face à l’exclusion pratiquée par les militants de l’ancien parti au pouvoir.

Ce qui, pour certains, avait discrédité une partie de la classe politique. Aujourd’hui, avec la progression de l’Adéma-Pasj et l’affaiblissement des Indépendants, la crainte de retourner vers une nouvelle domination du parti de l’Abeille renaît. D’autant plus que, pour certains partis, la forte adhésion en faveur des Abeilles nuit considérablement à l’équilibre de la classe politique. Aujourd’hui, Souleymane Makamba Doumbia juge opportun d’évoluer vers les grands ensembles.

Est-ce l’heure pour les partis d’oublier les rancoeurs passées pour se fondre dans la même entité ? D’autant plus que plusieurs similitudes lient l’USRDA au BDIA. A titre d’exemple, on peut citer la répartition de l’aide financière de l’Etat aux partis politiques au titre de l’année 2007. Les deux partis ont obtenu le même montant : 6 801 901 Fcfa.

Ils ont eu le même nombre de députés (1) à l’Assemblée nationale. Concernant la quote-part des 20% relative à la participation aux dernières élections, le BDIA et l’USRDA ont été financés à hauteur de 2 494 030 Fcfa. Autant de similitudes militent, effectivement, en faveur d’un rapprochement.

Baba Dembélé

23 Juin 2008