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Le Mali aura bientôt sa propre cimenterie ! La nouvelle a été accueillie par un ouf de soulagement par les utilisateurs de ciment. Ce qui n’est pas surprenant car cette nouvelle unité industrielle tant attendue va combler partiellement les besoins futurs du pays à des prix accessibles. Mieux, elle va démentir les propos sceptiques du ministre Choguel Kokala Maïga qui affirmait que le Mali, en l’état actuel des choses, ne peut avoir sa cimenterie.

Le Mali sera-t-il bientôt parmi les pays producteurs de ciment ? A écouter le chef de l’Etat sur les antennes de la télévision nationale, ce n’est plus qu’une question de mois. De retour de Tripoli, ATT a déclaré que la Libye va s’investir pour la mise en place d’une usine de ciment au Mali. Et un ciment « made in Mali » à des prix abordables. Ce qui est un vœu ardent de beaucoup de Maliens qui achètent le ciment ivoirien, sénegalais, ghanéen… à des prix exorbitants (entre 6000 et 6 500 F CFA le sac).

A défaut de pouvoir couvrir toute la demande actuelle du pays, la nouvelle cimenterie pourrait au moins contribuer à une stabilisation des prix sur le marché. Le Mali importe actuellement, selon les données officielles, au moins 1,5 million de tonnes de ciment par an. Pis, « les prix ont doublé en dix ans tandis que la qualité baisse », estiment les consommateurs qui se plaignent du fait que les autorités n’arrivent pas à se construire une usine propre. Ce qui est en flagrante contradiction avec la volonté politique qui prône sans cesse un accès facile aux logements.

Les nombreuses interpellations des plus hautes autorités avaient conduit le ministre du Commerce, Dr. Choguel K. Maïga, a déclaré que le Mali ne pouvait pas avoir sa cimenterie en raison du coût élevé de l’électricité et des problèmes de transport. Il ajoutait que toutes les données avaient démontré que la cimenterie de Diamou n’était pas rentable. « On continue à importer du ciment en attendant que les obstacles soient levés », disait-il. Ces obstacles ont-ils été levés pour que la Libye accepte d’implanter une cimenterie au Mali ?

Premier responsable du commerce, incapable de trouver un remède à la hausse des marchandises, Choguel se contente toujours de dire que le pays est bien approvisionné sans pourtant donner une solution pérenne. A l’image de la hausse des denrées alimentaires, les Maliens doivent prendre leur patience en mal.

Nous apprenons que la future cimenterie pourrait voir le jour à Kayes où ailleurs. Ainsi le chef de l’Etat laisse le soin à l’investisseur de faire son choix sur la ville qui abritera l’usine. Mais, selon des experts, c’est Kayes qui est la région la mieux indiquée pour abriter l’unité industrielle. En effet, toutes les matières premières nécessaires à la production du ciment sont disponibles en abondance dans cette région.

Pour le calcaire nous avons des réserves de plusieurs millions de tonnes. Idem pour l’argile et autres. Et en matière d’électricité, le barrage de Manantali est un atout majeur pour la 1re région du Mali. Pourquoi ne pas l’implanter à Diamou, le site de l’ex-cimenterie plus proche du principal lieu d’exploitation des intrants ?

Créée sous la 1ere République avec des investissements et équipements soviétiques, la cimenterie de Diamou a d’abord été exploitée par la Socima, une entreprise d’Etat qui l’a cédée à des particuliers maliens au bout d’une vingtaine d’années d’exploitation. De 36 345 tonnes de ciment en 1970, la cimenterie de Diamou est passée à 15 480 tonnes de ciment en 1996. Ces données sont aujourd’hui très insignifiantes au regard des besoins.

Le Mali est un pays en chantier dans tous les domaines. Il existe de nombreux projets publics et privés dans le secteur des BTP. La demande en matériaux de construction est en très forte croissance. Sans compter les mines d’or qui sont de grandes consommatrices de ciment.

Amadou Sidibé

27 août 2007.