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Le gouvernorat du District de Bamako procèdera, demain, à la mise en place des nouveaux bureaux communaux dans les six circonscriptions de la capitale. Les multiples tractations ont conduit à l’émergence de deux pôles dans chaque commune.

Chacun a des chances de contrôler la mairie. Des bouleversements de dernière minute pourront fausser les calculs de part et d’autres, mais les anciens maires gardent toutes leurs chances intactes malgré les menaces persistantes en Communes IV et V. Malgré tout, la bataille finale semble âpre partout dans la capitale entre les protagonistes.

Après la proclamation des résultats des élections du 26 avril dernier, les partis politiques jouent dans le district de Bamako à un second tour des municipales.

Et pour cause, aucun parti politique n’a obtenu la majorité absolue des voix pour s’offrir le lux de diriger à sa guise le conseil communal. Il faut alors compter sur les alliances. Ainsi, tous les moyens semblent bons pour s’octroyer les services d’un parti, d’un groupe de partis où des Indépendants. Le jeu est ouvert. Chaque parti pourrait prétendre à la gestion d’une commune.

Depuis le 27 avril, les différents partis politiques et groupes d’indépendants ont commencé à signer des pactes d’alliance, qui n’engagent pas forcement les conseillers élus. C’est pourquoi, les candidats potentiels multiplient les actions non seulement auprès des partis politiques, mais surtout à l’endroit de chaque conseiller.

L’objectif est connu

Dans la capitale, des alliances ont vu le jour dans toutes les communes. Les Abeilles, qui ont obtenu 73 conseillers sur les 250 du District de Bamako, ont signé en Commune I un pacte d’alliance avec l’URD, le RPM, le MPR et Kafo-Folo contre la CODEM (6 élus), le PDR (4) et deux autres listes indépendantes (8).

En commune II, l’ADEMA a réussi à écarter l’URD pour s’entourer du RPM, du CNID et de l’UDD. La mairie devrait en principe revenir aux abeilles. Idem en commune III, où l’Adema est quasiment rassurée de reprendre la mairie, qu’elle contrôle depuis plus d’une décennie. Abdel Kader Sidibé est presque sûr de succéder à lui-même sauf (ce qu’il ne faut pas écarter) surprise le jour J. L’élection se faisant à bulletin secret peut ouvrir la porte à tous les scénarios.

La situation en commune IV est beaucoup plus compliquée. Là, l’on assiste à l’unique opposition entre une liste indépendante et un parti politique dans le district de Bamako. Le RPM veut garder la seule commune qu’elle contrôlait à Bamako au détriment de la liste Moussa Mara. Ce dernier avait fortement menacé, lors des législatives de 2007, la liste RPM conduite par son président IBK.

Le scénario risque de se reproduire cette année. Le RPM s’est associé à l’Indépendant Kaoural avec 20 conseillers pour barrer la route de la mairie à la liste Moussa Mara, soutenue par le MPR et l’URD, regroupant 21 conseillers. Le jeu semble serré et les rumeurs vont bon train. Un conseiller du regroupement de Mara serait prêt à « vendre » sa voix s’il ne l’a pas déjà fait. Ce qui changerait carrément la donne et profitera naturellement aux adversaires du jour (le RPM).

Ici le jeu reste totalement ouvert. Moussa Mara garde toutes ses chances d’être maire de la commune IV. Mais son principal challenger, Issa Guindo, maire sortant, conserve lui aussi des chances.

La commune V est partagée entre l’ADEMA (12 conseillers) et l’URD (14 conseillers), qui se battent pour le contrôle de la mairie. Les deux têtes de liste, Boubacar Bah dit Bill pour l’ADEMA et Demba Fané de l’URD, sont les candidats déclarés de part et d’autre.

Pour atteindre leur but, les candidats seraient prêts à tout. Au niveau des alliances, l’ADEMA a pu faire adhérer à sa cause le RPM et le MPR pendant que l’URD a le soutien du CNID. Si l’URD ne gagne pas demain en commune V, elle pourrait ne pas diriger une seule commune à Bamako pendant les 5 prochaines années, car en commune VI aussi, les abeilles ont décidé de ne pas associer le parti de la poignée de mains à la gestion des affaires.

Si les tendances se maintiennent, elles pourront profiter aux anciens maires des six communes du District de Bamako sauf à une exception près. Dans les communes I, III, et VI, Mme Conté Fatoumata Doumbia, Abdel Kader Sidibé et Souleymane Dagnon, tous de l’ADEMA, pourront se succéder à eux-mêmes. Issa Guindo en commune IV et Demba Fané en commune V sont en ballotage défavorable. Quand à Gaoussou Ly du MPR, il n’a aucune chance de récupérer son poste à cause de l’alliance formée autour de Youssouf Coulibaly de l’ADEMA.

I. Maïga

14 Mai 2009