Partager


Les dieux de la balle au panier semblent aujourd’hui tourner le dos au Stade malien et au Djoliba AC, deux équipes locomotives du basket malien.

Le Stade malien de Bamako connaît la poisse du mauvais résultat depuis un certain temps avec sa scission qui a vu la renaissance de la Jeanne d’Arc, mais aussi et surtout le départ des joueurs sous d’autres cieux. La formation de Sotuba ainsi divisée, va d’abord s’écrouler en championnat du district face à la jeune équipe du Centre Alkaya Touré (CAT) avant de tomber sur trois coups de patte de l’AS Commune III.

Du coup, le doute s’est installé chez les Blancs de Bamako. La Coupe du Mali, qui était sa chasse gardée, lui échappe depuis. Même le titre de champion hommes, qui demeurait la cible à ne pas rater, refuse de sourire aux protégés du président « Sam Djèman ». Les communes I et III, le CAT, l’AS Police et l’Usfas sont déterminés à bousculer la hiérarchie. Ces équipes ne cessent de surclasser le Djoliba, le Stade et l’AS Réal.

« Vraiment, je ne comprends rien de ce qui arrive au Djoliba, ça devient compliqué, maintenant ou allons-nous ? » Tel est le cri de cœur d’un supporter qui avait du mal à se frayer la sortie du Pavillon des sports du Stade Modibo Kéita samedi dernier après la chute du Djoliba dames (57-52) face à la Commune III.

« Révolution de palais »

S’il est vrai que tout n’est pas perdu pour l’heure, le champion sortant en dames est sérieusement inquiété par ses résultats du début de saison. Depuis la saison écoulée et surtout après le limogeage pour mauvais résultat (au championnat d’Afrique des clubs féminins au Mozambique) de l’entraîneur mythique du club de Hérémakono, Mohamed Salia Maïga, par le président de la section basket Alou Sanogo, le climat reste morose au Stade Ouezzin Coulibaly, quartier général du club.

Le Stade malien de Bamako se trouve dans la même posture. Les Blancs de Bamako surtout en dames sont dans une zone de turbulences. Pourtant, le club était sur les rails et annonçait de bons signes. Nous avons encore en mémoire sa prestation sous la houlette d’Oumou Koné « Mama » Astou Ndiaye et autres Fatoumata B. Dia (aujourd’hui au Djoliba) au 9e championnat d’Afrique des clubs féminins dans la salle patinoire de l’hôtel Ivoire d’Abidjan en 2001. Mais cette performance semble se transformer depuis en un cauchemar. Ça ne va pas sur le terrain et même dans la tête des joueurs, entraîneurs, supporters et surtout dirigeants.

Les équipes des communes I et III, l’Usfas, l’AS Police et le CAT ont supplanté les « grands ». A Sotuba, tout le monde est fâché. Les Blancs sont convaincus que sans un remue-ménage au sein de leur club, le titre leur échappera encore surtout chez les hommes comme en 2007. D’aucuns affirment que les dieux du basket malien ont tourné le dos aux deux clubs phares. Cette « révolution de palais », menée par les communes I et III, l’AS Police, l’Usfas et le CAT, est pourtant salutaire.

C’est un bon signe dans l’essor de notre basket dont un des maux, comme en football, réside dans sa monotonie.

Boubacar Diakité Sarr

13 mars 2008.