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Le retour de Djeddah où la table ronde des bailleurs de fonds sur le financement des projets Taoussa au Mali et Kandadji au Niger s’est tenue, au siège de la Banque Islamique de Développement (BID) le 6 septembre dernier, sous la présidence conjointe des Premiers ministres Ousmane Issoufi Maiga du Mali et Hama Amadou du Niger ainsi que du Dr.

Ahmed Mohamed Ali, président de la BID, le ministre Ousmane Thiam, porte-parole du gouvernement et son homologue de l’Energie, Hamed Diane Semega, ont animé une conférence de restitution à l’intention de la presse.

C’était hier, mardi 13 septembre, dans la salle de réunion de la Caisse Autonome d’Amortissement.
« Nous avons participé à la table ronde des bailleurs de fonds sur le financement du barrage de Taousa.

Et, aujourd’hui, nous sommes en mesure de vous annoncer que le financement est définitivement bouclé. C’est un rêve qui deviendra une réalité.

C’est l’espoir de tout un peuple en particulier les populations du nord de notre pays. C’est un élément central, un ouvrage vital pour l’équilibre et le développement du Mali. Taoussa, ce rêve des années 30 sera enfin réalisé.

C’est une dynamique irréversible ». C’est en ces termes que le ministre de l’Energie et des Mines s’est adressé avec conviction à la vingtaine de journalistes qui ont répondu à l’invitation.

Selon lui, il a fallu une volonté politique affirmée du président Amadou Toumani Touré pour arriver à ce résultat, dans la mesure où c’est sous son impulsion qu’en juillet 2003, une table ronde relative au financement de Taoussa a réuni à Bamako tous les partenaires du Mali qui ont promis d’accompagner le projet.

Les mêmes ont confirmé à Djeddah, à en croire le ministre Semega, leur soutien en faisant des annonces de participation au financement du projet d’aménagement de Taoussa.

Le montant enregistré à ce jour s’élève à 136 millions de dollars US répartis comme suit : BID (50 millions) Fonds koweïtien (20 millions) BOAD (18 millions) Fonds saoudien (13,5 millions) BADEA (10,4 millions) Fonds de l’OPEP (10 millions) CEDEAO (7 millions) Mali (7 millions).

Objectif : reverdir le Nord Mali

L’ouvrage projeté comprendra une digue en enrochement à noyau étanche de 800 m de long, un évacuateur de crues de 3,300 m 3 / sec, un quai de 100 m de long et 30 m de large combiné avec une écluse de 12 m de largeur, une centrale hydroélectrique de 20 MW.

En ce qui concerne l’utilisation des terres, le projet prévoit 185 000 ha à aménager et la valeur de 139 000 ha nouveaux en 30 ans. S’y ajoutent la création d’un port de pêche au droit du barrage et la réactivation des mines de phosphate. Ce n’est pas tout. L’artisanat et la transformation des produits agricoles y seront également menés .

En outre, il y aura la continuité du transport fluvial et routier par la création du trafic fluvial entre Tombouctou et Taoussa et une route Taoussa-Gao à construire.

Par ailleurs, la construction de l’ouvrage régulateur de Taoussa est liée à un projet de développement pour la Boucle du Niger, qui toucherait environ un million de personnes aujourd’hui et deux millions à l’horizon de 30 ans.

A court terme, la construction du barrage entraînerait le déplacement latéral (et non un changement de terroir) d’environ 15 000 personnes habitant la zone proche du fleuve en amont du barrage qui sera noyées par la retenue du barrage.

A moyen terme, le taux d’activité de la population rurale passerait de 42% à 97%, les revenus monétaires par famille passeraient de 50 000 FCFA/an à 500 00 FCFA/an et les infrastructures routières, énergétiques et sociales réalisées dans le cadre du projet amélioreraient la vie des populations.

C’est dire qu’avec la réalisation de cet ouvrage, le nord du Mali va reverdir et le déséquilibre de développement entre cette partie du pays et le sud sera légèrement corrigé.

Enfin, le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Thiam, a expliqué également à ses invités que la BID a mis à la disposition du Mali une ligne de crédit de 6,5 milliards de nos francs relative à la sécurité alimentaire pour peser sur le marché afin que les prix des céréales baissent.

De même, il a laissé entendre que sa Majesté, le Roi d’Arabie Saoudite, a accordé une audience au Premier ministre, Ousmane Issoufi Maiga.

Ce dernier, à en croire Thiam, a rendu visite à la communauté malienne de Djeddah et à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Les discussions avec cette dernière ont tourné autour de la solidarité économique.

Chahana TAKIOU

14 septembre 2005.