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Transparency International a publié hier, mardi 3 décembre, son rapport 2013 sur l’indice de la corruption dans le monde. Ainsi, 177 pays ont été passés au peigne fin et le constat est alarmant. Le niveau de la corruption a considérablement augmenté dans le monde entier. En Afrique, ce sont notamment les secteurs de la police, les partis politiques et la justice qui sont les institutions les plus corrompues. Notre pays continue sa dégringolade passant de la 105e place à la 127 avec un piètre score de 28.

Le rapport de Transparency publié au mois de décembre de chaque année, révèle que dans le service public, le niveau de la corruption a atteint les 90%. Cette fois-ci, l’organisation s’est surtout attaquée à la » petite corruption et aux expériences liées à ce phénomène vécu par les citoyens « . Au Mali, la situation est d’autant plus inquiétante que les nouvelles autorités n’ont encore posé aucun acte pouvant confirmer leur volonté de lutter contre ce fléau qui gangrène la société.

En effet, le pays a considérablement régressé passant de la 105e place à la 127e place. Même si l’organisation attribue cette contreperformance aux conséquences de la double crise sécuritaire et politico-institutionnelle, il semblerait que le régime d’alors, notamment les militaires qui avaient pris le pouvoir, n’ont rien fait pour juguler cette tendance. Ils auraient même contribué à son aggravation. Ils ont été suivis par le régime de transition de Dioncounda Traoré qui, lui aussi, est fortement interpellé.

L’ONG note que l’ampleur de la corruption dans le service public a atteint des proportions inégalées. En clair, les secteurs de la police, des partis politiques et la justice sont les plus touchés. Cependant, il faut rappeler qu’aucun des régimes qui se sont succédé après la chute d’ATT n’a fait des audits sur la situation financière et économique du pays. Même les nouvelles autorités ne font aucunement allusion à cette lutte.

Faut-il rappeler que dès leur arrivée au pouvoir et comme cela se fait d’usage, aucune personnalité de l’Etat, à commencer par le Président de la République, n’a fait la déclaration de son patrimoine. Même son de cloche du côté du régime de transition sur lequel de forts soupçons pèsent notamment dans l’attribution des marchés publics et qui s’en est tiré sans ambages. Les putschistes du 22 mars 2012 également sont soupçonnés d’avoir commis des crimes économiques, mais qui n’ont pas encore comparu pour ces faits. On attend donc le rapport du Vérificateur général qui a été remis au Chef de l’Etat mais qui jusqu’à présent tarde à être exposé sur la place publique. L’organisation qui a l’habitude de se prononcer sur les crimes économiques propose au gouvernement de poser des actes forts pour éradiquer ce fléau ou réduire son influence. D’autant plus que la Banque Mondiale estime que la corruption est le plus grand obstacle au développement et à la croissance économique.

Elle favorise l’augmentation de la pauvreté et fragilise les institutions. Plusieurs personnes interrogées pour l’élaboration de ce rapport ont souligné que l’efficacité du gouvernement dans la conduite des affaires publiques est faible. Le Mali partage cette place peu honorable avec des pays comme la Gambie, le Liban, le Madagascar et le Nicaragua. Il est donc nécessaire de poser des actes forts pour mettre fin à la corruption dans le pays.

Massiré Diop

L’Indépendant du 4 Décembre 2013