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Tout est étrange et affreux dans cette affaire, aussi bien l’acte que ses motivations. Les faits se sont passés à Dialaninkoro, l’un des plus vieux quartiers de la ville de Bougouni.

Dans la nuit du 28 mars dernier, Baraka Taroté, âgé de 40 ans, a donné la mort à son père à coups de couteau. Il a aussi blessé grièvement sa mère qui se trouve présentement à l’hôpital.

Aux policiers qui l’ont attrapé sans peine, Baraka a donné une explication des plus incroyables et que les enquêteurs hésitent à prendre en compte.

Le meurtrier affirme en effet avoir été mû par la rancœur qu’il nourrissait à l’égard de ses parents. Pour lui, ses géniteurs seraient la cause de tous ses malheurs.

En effet, ils étaient par le passé des personnes connues pour se trouver dans l’aisance. Mais ils avaient, on ne sait comment, dilapidé l’essentiel de leurs biens. Si bien que lui, Baraka, l’aîné de leurs enfants se trouve aujourd’hui pratiquement démuni.

L’embarras des enquêteurs s’explique par le fait que Baraka est apparemment sain d’esprit et tient un raisonnement certes déraisonnable, mais structuré.

L’hypothèse qui a le plus les faveurs des policiers est que le meurtrier a agi sous l’effet de la drogue. Baraka, sans être un consommateur régulier de substances illicites, semblerait ne pas dédaigner celles-ci.

Placé sous mandat pour parricide et coup et blessures volontaires, l’homme doit réfléchir à une manière moins incroyable de se donner des circonstances atténuantes.

Mais à quelle compréhension pourrait prétendre un individu qui s’attaque à deux vieillards sans défense, et de surcroît ses géniteurs ?

M. S. MAÏGA

AMAP – Bougouni

L’Essor du 17 avril 2008.