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La réussite à la force du poignet du premier président de couleur des États-Unis est un modèle pour la jeunesse du monde noir. Notre compatriote écrivain, Doumbi-Fakoly, ajoute une ligne à l’impressionnante liste d’ouvrages consacrés au nouveau président des États-Unis.

Barack Obama, sujet favori des écrivains à travers le monde, quoi de plus normal ! L’homme s’est taillé, à la force du poignet, un destin hors du commun en se hissant à la tête du pays le plus puissant du monde.

Doumbi-Fakoly s’embarque donc dans le train de «l’Obamania» qui a saisi le monde entier depuis le début de l’année dernière en proposant un ouvrage original par son approche.

Son livre «Barack Obama expliqué aux adolescents» est un ouvrage pédagogique qui permet à la «jeunesse du monde noir», sa « cible« , de découvrir le parcours du «premier président africain-américain des États-Unis d’Amérique». L’ouvrage est édité par Menaibuc, dans la collection « Grandes figures du monde noir expliquées aux adolescents ».

Dans un style accessible aux plus jeunes, l’auteur invite le lecteur, tout au long des 88 pages de l’ouvrage, à une plongée dans les racines du premier Noir devenu l’homme le plus puissant du monde. Né le 4 août 1961 à Honolulu, capitale de Hawaï, le 50è État des États-Unis, Barack Obama est le fils d’un étudiant kenyan Barack Hussein Obama et d’une Américaine blanche Shirley Ann Dunham. Pour souligner le bond historique que l’Amérique a effectué en élisant un Noir à la Maison Blanche, l’auteur révèle que Barack Obama n’aurait pas pu naître dans certains États comme la Virginie où, dans les années 60, persistait l’interdiction des unions mixtes.

Les parents du petit Barack divorcent alors qu’il n’a que 4 ans. Il part à Djakarta avec sa mère, remariée à un Indonésien. Dès sa tendre enfance, il dévoile son ambition présidentielle en intitulant une rédaction : «mon rêve est de devenir président». Il fréquentait alors une école à Djakarta.

Sa mère finit par l’envoyer auprès de ses grands parents à Hawaï où il poursuit ses études. C’est cet épisode qui crée une profonde affection entre le jeune Barack et sa grand-mère maternelle qui a joué un grand rôle dans la construction de sa personnalité. N’a-t-il pas interrompu sa campagne présidentielle pour aller au chevet de cette vieille dame qui décédera finalement à la veille de son élection ?

A la fin de ses études à l’université de Harvard, le père d’Obama retourne au Kenya où il travaille au ministère de la planification. Il meurt en 1982 dans un accident de voiture. Sa mère décède en 1995, une année avant l’élection de son fils comme sénateur de l’État de l’Illinois.

3 fois au Kenya

C’est pendant son cursus scolaire et universitaire que le jeune Barack Obama prend la résolution de contribuer à changer la situation peu enviable des Noirs en Amérique. Il s’identifie très vite à la communauté africaine-américaine parce que malgré sa peau métissée, il est considéré comme un Noir. A la fin de ses études, il décide de s’investir dans des activités sociales pour aider les Noirs défavorisés.
Bien que jeune américain pétri des valeurs de son pays, Barack Obama n’a pas renié ses racines paternelles.

Il se rend au Kenya pour la première fois en 1987 à la découverte de la famille de son père. Il fait la connaissance de sa grand-mère Sarah qui n’est en réalité pas la mère de son père. Cette vieille dame est la troisième épouse de son grand-père.

«Il se sent déjà l’âme africaine», souligne l’auteur en expliquant que c’est la raison pour laquelle Obama ne fait aucune différence entre les épouses de son grand-père. Il fera le voyage du Kenya une seconde fois pour présenter sa future épouse Michelle à sa grand-mère. Barack Obama retourne une troisième fois au Kenya pour remercier sa grand-mère de ses prières ayant contribué à son élection au Sénat.

Doumbi-Fakoly tient la main du lecteur dans le dédale de l’environnement humain dans lequel Barack Obama a baigné jusqu’à son accession à la magistrature suprême des États-Unis. L’auteur présente une galerie de mini-portraits de personnages qui comptent dans la vie du «fils de l’immigré kenyan». Les «femmes de la vie» d’Obama sont sa mère Shirley Ann Dunham, sa grand-mère maternelle Madelyn Dunham, sa grand-mère paternelle Sarah Obama, la présentatrice de télévision Oprah Winfrey, son épouse Michelle Obama et ses deux filles Malia et Sasha.

L’auteur n’oublie pas les pionniers de la lutte pour l’émancipation des Noirs en Amérique, qui ont ouvert la voie à Obama. Doumbi-Fakoly retient sous ce chapitre Harriet Tubmann (1819-1913) la femme noire qui a consacré sa vie à aider ses frères esclaves à s’évader.

Il cite aussi William Dubois (1868-1963), le père du panafricanisme, Marcus Garvey (1887-1940), le père du pannégrisme. Figure également sur la liste des précurseurs Rosa Parks (1913-2005), la femme noire qui a refusé de quitter sa place dans un bus à Montgomery (Alabama), bravant l’interdiction faite aux Noirs de partager un espace avec les Blancs.

Complètent la liste le pasteur Martin Luther King (1929-1968), l’auteur du célèbre discours « J’ai fait un rêve », Malcolm X (1925-1965), une grande figure de la cause noire en Amérique, le Révérend Jesse Jackson, premier noir à se présenter aux primaires démocrates pour la présidentielle, le Révérend Jérémiah Wright, le prédicateur de la Trinity United Church of Christ qui prône la théologie de la libération. Obama fut un adepte de cette église avant de prendre ses distances.

Doumbi-Fakoly présente Barack Obama comme un homme qui aime relever les défis et qui réussit. Il exhorte ainsi ses jeunes lecteurs à se battre pour réaliser leurs ambitions. Pour les jeunes loups aux dents longues, le slogan de Barack Obama «Yes we can» (Oui, nous pouvons) vaut une devise. Il n’y a plus besoin d’aller chercher loin. Le modèle est là, impeccable.

B. TOURE

« Barack Obama expliqué aux adolescents »
Auteur : Doumbi-Fakoly

Edition : Menaibuc, Paris France

Pour le moment non disponible en librairie à Bamako



« Initiative Obamako»

L’entrée en fonction du premier président noir des États-Unis a donné lieu à plusieurs manifestations artistiques et culturelles à Bamako. La société Binthily communication dont la promotrice est Kadiatou Konaré a célébré à sa manière l’investiture de Barack Obama, dont le père était du Kenya.

À la veille du grand jour pour celui qui est devenu le 44è président des Etats-Unis, Binthily Communication a organisé au Musée national, une soirée artistique et culturelle intitulée « Initiative Obamako ».

Il s’agissait d’une conférence-débat animée par nos confrères Adam Thiam de Binthily Communication et Tiona Mathieu Koné, responsable de la communication à Energie du Mali, l’écrivain guinéen Tierno Monénembo lauréat du prix Renaudot 2008 pour son roman, le Roi de Kahel, et Cheibane Coulibaly de l’Université Mandé Bukary.

La conférence-débat qui s’est déroulée sous forme de panel, a surtout porté sur la présidence d’Obama qui commence, et les rapports que pourrait avoir l’administration Obama avec l’Afrique.

L’écrivain guinéen Tierno Monénembo qui vit en France, s’est dit impressionné par le slogan de campagne du candidat Obama : « Oui, nous pouvons« . Il a assuré que la victoire du candidat démocrate, lui rappelle l’indépendance de la Guinée proclamée en 1958, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela et son élection à la tête de l’Etat sud-africain.

Pour Tiona Mathieu Koné, Barack Obama doit sa victoire à sa détermination et à sa ténacité. « Mais cette détermination n’aurait pas suffit sans une bonne stratégie de communication basée sur la vérité« , a-t-il estimé.

Selon Cheibane Coulibaly, le sacre d’Obama clos une histoire de 20 ans de changement depuis la chute du mur de Berlin. « Obama a cru à l’avènement d’un monde nouveau. Il a su conquérir la confiance des hommes« , a-t-il commenté.

L’utilisation des nouvelles technologies, notamment l’Internet, a été également d’un apport capital pour Obama. À travers son site, les citoyens américains se prononçaient sur le programme du candidat et faisaient des propositions qui pourraient inspirer la nouvelle administration dans l’élaboration de son programme d’activités.

Grâce à son pragmatisme, Barack Obama a su gagner la confiance de la majorité des citoyens américains dont beaucoup ont contribué au financement de sa campagne.

« Barack Obama est l’homme de la situation. Il doit œuvrer pour réduire niveau de haine dans le monde et éviter que le pire arrive dans certains pays en conflit comme par exemple, la Somalie et la République Démocratique du Congo« , a dit Thierno Monénembo en souhaitant que l’élection de Obama serve de déclic pour la jeunesse africaine. « Les Africains doivent prier pour éviter un échec d’Obama, une éventualité qui pourrait être fatale à continent », a-t-il souligné.

La soirée a été aussi marquée par le témoignage de l’opérateur économique, Baba Diawara invité par hasard par un ami à assister à Chicago à une réunion animée par Barack Obama à Chicago en juin 2003. À l’époque, l’actuel hôte de la Maison Blanche était sénateur de l’Illinois. Notre compatriote participait alors à un festival à Washington.

Différents intervenants au sein de l’assistance ont évoqué les luttes menées par les défenseurs des droits civiques (Martin Luther King, Malcoln X), l’œuvre de l’écrivain William E. Dubois et le soutien apporté par l’ancien secrétaire d’Etat, le général Colin Powell à Barack Obama.
L’animation musicale de la soirée était assurée par la troupe de Toumani Diabaté dont Barack Obama serait un des fans.


B. M. SISSOKO

Essor du 22 Janvier 2009