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jpg_un.jpgL’expert international malien était précédemment directeur général de Shelter Afrique. Il occupe depuis le début de ce mois de janvier le poste éminent de vice-président de la plus grosse institution financière de la Oumah islamique. Le capital autorisé de la BID est 30 milliards de dollars, environ 15 000 milliards de Fcfa contre 26 milliards de dollars, environ 13 000 milliards de Fcfa pour la BAD. La Banque Islamique de Développement est une institution de type “A” sur le rhiwting international. Elle compte 56 pays membres, parmi lesquels les États d’Europe de l’Est, les pays “stan” (Casastans, Turménistans, etc.), l’Iran, le Bengladesh, le Pakistan, le Liban, les pays d’Afrique du nord et du Golf. La BID est donc une énorme machine.

Il quitta alors l’OMVS pour la Banque africaine de Développement (BAD), commençant ainsi une carrière de financier. Il est resté à la BAD jusqu’en 2006, soit 23 ans, comme agent de développement. Il a commencé à la BAD comme ingénieur en irrigation.

Progressivement, il gravira les échelons pour devenir vice-président par intérim, au moment où il quittait l’institution en 2006 pour Shelter Afrique. Il a été successivement chef de division, directeur de départements et vice-président par intérim.

En 2006, il est allé à Shelter Afrique, en qualité de directeur général. A la différence de la BAD, où ses interlocuteurs étaient essentiellement des États, à Shelter Afrique, il étaient en face des acteurs privés intervenant dans le secteur immobilier. Shelter est beaucoup intervenu au Mali dans le cadre du financement de l’habitat.

Cette forte expérience lui a ouvert les portes de la BID. Cette institution a pris contact avec Bréhima Sidibé pour lui transmettre la demande de son président , Dr. Ahmed Mohamed Ali, d’accepter de devenir le vice-président chargé des opérations. Le poste était devenu vacant, depuis le départ du nigérien Amadou Boubacar Cissé. Le malien a répondu favorablement à la proposition de la BID. Son dossier a été retenu parmi 3 ou 4 autres candidatures africaines pour le même poste. Le Conseil d’administration de la Banque a approuvé sa nomination comme vice-président en charge des Opérations. Il a déjà pris possession de son bureau au siège de la BID à Djeddah au début de ce mois.

Legitime fierté. L’expert Bréhima Boubacar Sidibé fait donc un pas de plus dans le cercle des cadres maliens de très haut niveau, managers des grandes organisations internationales. Une légitime fierté pour notre pays. Lors de son passage à Bamako, en décembre dernier, il a été reçu en audience par le Président de la République, Amadou Toumani Touré (ATT). Il était venu informer le chef de l’État du choix de la BID porté sur sa personne pour occuper un poste aussi stratégique. Il a remercié le président de son soutien et son accompagnement.

D’ingénieur en infrastructure au métier de banquier, la route semble longue à parcourir. Mais pour BBS, être spécialiste de développement c’est exercer un métier comme tout autre. Au début de sa carrière, en tant que technicien, le jeune ingénieur ne fait qu’approuver les projets. Mais la montée en grades, et l’expérience des postes stratégiques au sein des institutions financières renforcent les capacités du technicien a voir grand.

Il arrive un moment où la différence est mince entre le métier de financier et celui de technicien en infrastructures. Les deux se recouvrent quand il s’agit de problématique du développement. “Évidemment, si on avait demandé au début de ma carrière, où j’étais jeune ingénieur, ne sachant faire que des calculs d’infrastructures, que je serai un banquier j’allais avoir du mal à accepter l’idée, car je n’avais pas encore acquis la dimension stratégique, nécessaire à cette fin. Mais avec l’expérience acquise, aujourd’hui je suis apte à occuper mon poste de banquier avec honneur.” La nomination de BBS suscite déjà l’espoir dans notre pays, qui court derrière le financement de certains dossiers, notamment celui du barrage de Taoussa.

Atouts agricoles. Le vice -président malien de la BID nous a exposé quelques idées sur le développement des pays de la planète. Il reconnaît que certains pays on déjà atteint le sommet. Il juge “qu’on ne peut plus davantage développé le Japon. Ce pays a atteint la cime du développement. Il cherche simplement à maintenir sa présence et son influence dans le commerce mondial. Les États-Unis et la plus part des pays européens sont dans la même situation. Dans ces pays, il y a très peu de secteurs de développement possible. Ils ont déjà réalisé toutes les autoroutes, dont ils ont besoin, construit des centrales nucléaires. Bref, ils ont réalisé l’essentiel de leur développement à l’interne. Maintenant, ces grands pays se rendent compte qu’ils ne peuvent créer de la richesse qu’en dehors de leurs frontières”. Cette analyse de Bréhima Boubacar Sidibé éclaire bien les rapports économiques internationaux actuels.

L’Afrique offre de réelles opportunités. Elle dispose d’importants atouts agricoles. Elle regorge d’immenses terres arables. Elle a une population jeune et un bon gisement de travail. Elle regorge d’importantes quantités des ressources naturelles du monde. A l’heure actuelle, seule l’Afrique présente des gisements de progrès possibles. Aucun autre continent ne dispose autant de ressources. Même des pays comme la Chine et l’Inde sont déjà saturés. Ils sont en ce moment en train de sortir pour conquérir d’autres marchés. Donc la décennie qui vient sera celle de l’Afrique. Au regard du parcours de la Chine, l’Inde et le Brésil, qui en un temps record se sont hissés au rang des pays émergents, les pays africains ont toutes les raisons d’espérer. “Franchement, je ne pense pas que nous soyons condamnés par des facteurs espace-temps.” conclut Bréhima Boubacar Sidibé.

Quelle sera la feuille route du nouveau vice-président de la BID? Elle ne saurait être différente de la vision de la BID. L’institution a été créée pour exprimer la solidarité à l’égard de tous les pays qui se réclament de la Oumah islamique. La solidarité est un des piliers de l’islam. A ce titre la “diakat” est un acte de solidarité. La BID combat le mieux la pauvreté parmi les grandes institutions financières internationales. Les raisons de cette efficacité sont simples à comprendre. La religion musulmane fait de l’aide au pauvre une obligation. C’est une croyance.

Partager sa richesse de telle manière que le pauvre puisse s’en sortir, est une croyance pour les musulmans, mais pas chez les autres. La solidarité est une intention, un objectif, une vision à long terme. Combattre la pauvreté est un objectif de la religion musulmane. Déjà, la BID fait beaucoup dans ce sens.

Elle a créé des départements entiers pour s’occuper des trois secteurs de l’investissement dans les infrastructures, l’éducation et la santé. Elle a également créé un guichet spécial pour accorder des fonds concessionnels à ceux qui en ont le plus besoin pour lutter contre la pauvreté. Le vice-président explique cette option en ces termes : “je reste convaincu que les ressources sur lesquelles il faut beaucoup insister, sont les ressources humaines. Les pays qui ont vraiment avancé, sont ceux qui ont investi dans la formation des ressources humaines de qualité.”

Maintenant le nouveau vice-président à la BID va améliorer la qualité du dialogue entre nos pays et son institution. Il est convaincu de la nécessité d’accorder la priorité à la formation de cadres nationaux capables de créer de la valeur. Bonne chance BBS !

A O. Diallo

Essor du 28 janvier 2009