Partager

En effet, après avoir raclé les fonds de tiroirs, la BHM éprouve d’énormes difficultés pour faire face à la soif de liquidité de ses clients. « Nous sommes ici depuis 6 heures du matin et les guichets n’étaient pas ouverts jusqu’à 13h« , a déploré un jeune fonctionnaire.

« Sur les 6 guichets, il n’y a en avait qu’un seul ouvert. Et lorsque nous nous sommes révoltés, quatre ont été ouverts« , ajouta un autre client.

Mais si l’ouverture de guichets supplémentaires a permis de calmer les nerfs, elle ne suffit pas par contre pour donner satisfaction à tout le monde.

« Il y a plus de 500 personnes qui attendent leur argent et les quatre guichets ne suffisent pas« , a martelé un client excédé.

Comme ce dernier, l’esprit de la plupart des clients était en état de surchauffe. Hormis l’ouverture tardive de guichets supplémentaires, la discipline dont ils faisaient montre pourrait s’expliquer par la présence dissuasive des forces de l’ordre.

Mais le problème qu’a connu la BHM semble aller au-delà d’une simple crise ponctuelle de trésorerie. La banque qui n’a pas une bonne réputation depuis un certain moment traverse un des plus grands scandales financiers de l’histoire bancaire du Mali.

Les clients qui sont au parfum des difficultés que traverse leur banque vivent dans la crainte de voir leurs fortunes partir en fumée.

Lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux, circulait la folle rumeur selon laquelle une banque autre de la place aurait expressément versé de l’argent à la BHM pour qu’elle calme les ardeurs de ses clients.

Cette rumeur n’a pourtant rien, semble-t-il, de nouveau pour les clients qui faisaient la queue hier, car leur motivation première était de retirer le plus tôt possible leur argent avant la catastrophe prévue bien avant les événements d’hier.

Nous avons tenté de contacter les responsables de la banque qui étaient malheureusement injoignables.

Cette crise est une douloureuse péripétie de plus qui risque d’éloigner définitivement l’institution financière de ses clients actuels et potentiels.

Soumaïla T. Diarra

29 juin 2006.