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L’armée a déclenché, hier, des opérations sur l’axe Anifis-Kidal. Objectif : sécuriser cette zone qui, depuis le 31 mars dernier, était infectée de bandits armés dont l’intention était de prendre le contrôle du tronçon Gao-Kidal.

L’opération d’hier qui a enregistré, pour la première fois, l’intervention de l’Armée de l’air, marque un coup décisif contre le banditisme dirigé par Ibrahim Ag Bahanga.

Au moment où les autorités maliennes ont accepté d’engager des pourparlers à Tripoli avec la bande qu’il dirige, Bahanga, a entrepris, depuis le 31 mars, une action dont lui seul en porte aujourd’hui les responsabilités. En effet, depuis ce jour, un groupe de bandits a érigé des barrages sur l’axe Anifis-Kidal. Selon certaines sources, l’endroit aurait, par endroit, été miné pour empêcher le passage des convois militaires en partance pour Kidal.

Les bandits préparaient-ils une nouvelle embuscade, comme celle du 20 mars dernier entre Tinzawaten et Kidal ?
Tout porte à le croire. En effet, selon nos sources, les bandits avaient pris position sur les collines avoisinantes, attendant certainement le moment propice pour agir. Mal leur en prit.

Car, hier, aux environs de 6 heures du matin, les forces armées ont déclenché une vaste opération de ratissage en vue de dégager la voie entre Anifis et Kidal.

Sécuriser et ramener le calme

Ainsi, l’Armée de l’air a apporté son appui aux troupes au sol. Selon des sources militaires, les positions occupées par les bandits ont été pilonnées à plusieurs reprises par des hélicoptères.

Plusieurs détonations auraient été entendues jusqu’à Kidal, selon des témoins, joints dans la capitale des Ifogas.

De nombreux véhicules des bandits auraient été détruits, rapportent d’autres témoignages.

Par ailleurs, depuis quelques jours, des rumeurs faisaient état de l’imminence d’une attaque des bandits contre Kidal. Certains affirmaient même la présence des mercenaires de Bahanga à 5 km de la localité.

Ces rumeurs amplifiées à Kidal, ont provoqué la psychose au sein de la population.

La décision du gouverneur relative à la fermeture, le lundi dernier, de certains établissements bancaires et des services de l’administration, a conforté cette panique.
En réalité, l’information, relayée jusqu’à Bamako, relève d’une stratégie de la bande à Bahanga dont l’objectif est de provoquer la panique au sein de la population Kidaloise ; et éventuellement d’obliger les gens à quitter la ville.

Un éventuel déplacement des populations et une désertion des représentants de l’Etat entre dans la stratégie des bandits qui veulent donner une source de préoccupation supplémentaire aux autorités. Aussi, cette méthode entre dans une campagne permanente d’intoxication de l’opinion internationale à travers certains médias étrangers.
« Une attaque contre Kidal », serait aujourd’hui suicidaire pour Bahanga : voilà la remarque d’un haut gradé de l’Armée qui indique, par ailleurs, que toutes les dispositions sont prises pour sécuriser entièrement tout le nord.

L’opération d’hier intervient quelques jours après le début à Tripoli de pourparlers entre les représentants de l’Etat et ceux de la bande à Bahanga.

Maintes fois exprimer par le chef de l’Etat, ces pourparlers entre dans le cadre de la recherche d’une solution négociée à la nouvelle crise. Mais d’autre part, conformément à sa mission de défense de l’intégrité du territoire national, l’Armée entend pleinement assurer sa présence dans le tout le pays.

La Rédaction

03 Avril 2008.