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Enlèvement de touristes, affrontements armés avec des autochtones et groupes armés inconnus : autant de situations et d’actes signés par les Salafistes. Terroristes algériens, longtemps considérés comme des protégés des tribus locales du Nord-Mali, ils sèment aujourd’hui la terreur dans la bande sahélo- saharienne.

La psychose de la présence des terroristes hante certains ressortissants du Nord. Et pour cause: « Ils s’inquiètent de la présence de ces hommes qui sillonnent la zone à bord des 4×4 en proposant aux familles de leur confier leurs enfants qu’ils voudraient enseigner. Mais de quel enseignement s’agit-il ? Le Mali n’est pas directement frappé par le terrorisme. Mais leur présence au Nord est une réalité », constatait, en août dernier, un haut responsable touareg, ancien rebelle.

Bien que le Mali n’ait jamais été une cible terroriste, le débat est de nouveau engagé sur le militantisme islamique dans le septentrion du pays. Après un long moment de silence, les Salafistes font de nouveau parler d’eux. La semaine dernière, c’est dans la zone de Ménaka (région de Gao, à plus de 1 200 km de Bamako) qu’un groupe de Salafistes serait tombé dans une embuscade.

L’opération qui aurait été menée par des Arabes de la localité apporte quelque chose de nouveau dans les rapports entre les « djihadistes » et les populations locales. Pendant longtemps, les Salafistes ont bénéficié de la complicité de la population locale, et la zone était considérée comme leur arrière base.

Les derniers évènements survenus au Nord du Mali ne plaident pas en faveur des Salafistes. Jeudi 22 janvier 2009, 4 touristes occidentaux ont été enlevés entre le Mali et le Niger. Cet enlèvement qui n’a pas encore été revendiqué ressemble à celui de 2 diplomates canadiens, survenu quelques semaines plus tôt au Niger, non loin du Mali. Fin 2008, 2 touristes autrichiens enlevés en Tunisie par des islamistes ont été libérés au Mali après plusieurs mois de captivité. La liste des rapts de ce genre est longue dans les zones d’intervention des groupes islamistes.

Les mouvements de ces terroristes ont très tôt attiré l’attention de Washington. Un rapport du Département d’Etat soulignait: «Des prêcheurs étrangers opèrent au Nord du Mali, tandis que des mosquées associées à la Dawa (une secte fondamentaliste islamique) sont localisées à Kidal, Mopti et Bamako».

La Dawa a une influence particulière à Kidal. Cependant, de façon générale, les leaders traditionnels et religieux rejettent l’extrémisme idéologique. Néanmoins, les Américains prennent au sérieux la menace islamiste dans la bande sahélo-saharienne. Ils constatent que: « Le gouvernement (du Mali, NDLR) a régulièrement distribué des listes de surveillance des finances du terrorisme aux banques, mais il n’a découvert ou gelé aucun avoir terroriste à ce jour (2006, ndlr)», indique le rapport.

Les Salafistes ont d’abord été connus sous le nom du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). C’est l’histoire d’une déchirure. En 1998, le GIA (Groupe islamique armé) dont la popularité a été entamée des suites d’une série de massacres de milliers de civils algériens, fait face à une crise interne.

Dénonçant les méthodes brutales du GIA, Hassan Hattab a créé le GSPC. Il jure que son nouveau groupe n’attaquera pas les civils. A cause de cette politique, le groupe s’est fortement implanté dans les brousses algériennes, même si plus tard il a fait des victimes civiles comme en 2008.

En dehors des attaques contre l’Armée algérienne, le groupe a aussi procédé à l’enlèvement de touristes occidentaux. Tout cela dans l’optique de renverser le pouvoir central afin de le remplacer par un régime basé sur la Charia, la loi islamique prescrite par le saint Coran. Après l’Algérie, il agit en Mauritanie, au Niger, au Tchad et au Mali.

Septembre 2006, le GSP fait allégeance à Al Qaïda qui lui fournit un soutien moral et matériel. L’occasion pour Ayman Al-Zawahri, le numéro 2 d’Al Qaïda, d’annoncer une union sacrée visant à combattre les intérêts français et américains.

En janvier 2007, le groupe annonce qu’il change de nom pour devenir Al Qaïda au Maghreb islamique en vertu de son alliance avec le groupe de Ben Laden.


Sambou Diarra.

29 Janvier 2009