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Malgré une accalmie dans les combats, la situation sécuritaire demeure précaire dans le Nord de notre pays et dans la bande saharienne en général. L’offensive conjointe de 4 pays samedi dernier vise à éradiquer les nids de bandits.

L’armée malienne a lancé, le samedi 9 mai, une opération contre des membres présumés de la nébuleuse terroriste mondiale aux confins sahariens des frontières avec l’Algérie et le Niger, a-t-on appris, samedi, sur RFI citant un communiqué du ministère de la Défense et des Anciens combattants.

Mais selon certains journaux algériens, il s’agirait d’une offensive
conjointe avec notre voisin l’Algérie contre la branche maghrébine d’al-Qaida. A en croire ces sources, ce serait une véritable lutte qui est engagée contre le terrorisme et le crime dans la bande saharienne en attendant que les dirigeants des six pays (Algérie, Mali, Niger, Libye, Burkina Faso et Tchad) parviennent à organiser un sommet pour élaborer une stratégie unifiée de lutte.

Faut-il rappeler que ce sommet qui est une initiative du président malien, Amadou Toumani Touré, a été reporté à trois reprises. La présente opération concernerait la région frontalière des 4 pays (Mali, Niger, Algérie et Mauritanie). L’Algérie, qui dispose de l’armée la plus puissante et de la frontière la plus longue dans la bande, aurait déjà commencé à envoyer de l’aide militaire au Mali.

Il s’agit de la plus importante opération militaire montée à ce jour dans la région désertique, longtemps refuge et zone de trafic des contrebandiers et des groupes terroristes. Les experts antiterroristes craignent que la nature poreuse des frontières sahariennes et l’incapacité des gouvernements à y patrouiller efficacement n’entraînent la création d’un « second Afghanistan », où les terroristes pourraient s’entraîner et coordonner leurs activités en toute impunité.

L’annonce de cette opération intervient à un moment où des efforts sont déployés pour obtenir la libération de deux Européens (un Britannique et un Suisse) détenus par un groupe terroriste dirigé par Yahia Abi Amar.

« Le moment choisi par les forces armées de la région coïncide avec les mesures prises pour obtenir la libération de ces otages » , a expliqué un expert à Magharebia. S’exprimant sous couvert de l’anonymat, cet expert ajoute que les responsables militaires ne veulent pas voir les ravisseurs s’enfuir, comme cela a été le cas dans le passé. « Il s’est avéré que les pays occidentaux avaient commis une erreur tactique en répondant aux demandes de rançons des groupes terroristes », a-t-il poursuivi, affirmant que cet argent est ensuite utilisé pour acheter des armes.

Selon Salima Tlemçani, journaliste au quotidien El Watan et spécialiste des questions liées au terrorisme, l’Algérie apporte une assistance militaire de grande ampleur pour permettre la réussite de cette opération. Bouelame Ghoumerassa, un spécialiste de la sécurité algérienne, explique que l’opération en cours témoigne d’un changement d’attitude dans la région, où l’on est passé du simple partage d’informations à une coordination bien plus approfondie.

Cette coopération renforcée répond à deux objectifs, explique-t-il : contenir les activités des groupes djihadistes dans la région, qui se sont renforcées avec les enlèvements d’Occidentaux et montrer que les pays du Sahel disposent des capacités nécessaires pour assurer leur propre sécurité.

En tous les cas, cette offensive semble mettre fin aux tergiversations entre pouvoirs centraux des 4 pays des capitales et des bandits. Et si dans le fond, il est encore tôt de prédire les résultats, dans la forme, cette offensive conjointe se révèle la meilleure alternative au sommet.

Denis Koné

(source Magharebia.com)

12 Mai 2009