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Pour obtenir la libération de leurs camarades, les usagers du marché « Filabougou » du Banconi ont finalement accepté le projet de construction de latrines, une initiative de la mairie de la Commune I à laquelle ils s’étaient opposés mardi en décrétant une « journée sans marché ». Ils ont repris mercredi le chemin de leurs places et étals.

Les activités ont repris hier au marché du Banconi. Trois commerçants arrêtés pour offense au maire de la Commune I, ont été libérés à la suite d’un accord entre la mairie et le comité de gestion du marché. Les commerçants ont finalement accepté la construction de latrines sur une dimension de 6/15.

« Mardi, dans l’après-midi, nous avons rencontré le maire et son état-major au commissariat du 6e arrondissement. Nous avons trouvé un point d’accord. Ils ont libéré nos camarades et ils vont en contrepartie construire leurs latrines sur des dimensions de 6/4 au lieu de 20/15. Pour que nos camarades soient libérés, nous avons été obligés d’accepter le projet. On n’avait pas le choix. La lutte ne pouvait pas continuer», a déploré Moussa Konta, président du marché « Filabougou » et de la commission de surveillance de la Coopérative des marchés de la Commune I.

L’opposition du marché principal de Banconi au projet de construction de latrines s’explique par le fait qu’il n’a pas été associé à la prise de décision. « Le document de stratégie de mobilisation des ressources du marché précise que les recettes de la mairie ne peuvent être améliorées qu’en associant les responsables du marché. Dans ce cas précis, la mairie n’a pas respecté la règle.
Officiellement, elle est obligée de travailler avec nous. Dans chaque marché, il y a un comité de gestion qui est coordonné par une coopérative qui en est le chapeau. Avec une telle organisation comment la mairie peut-elle prendre une décision sans nous aviser ?
», s’est insurgé le président de la commission de surveillance de la Coopérative des marchés de la Commune I.

M. Konta a ajouté qu’ils ont été en réalité forcés d’accepter le projet, mais qu’en tant que citoyens respectueux des autorités, ils ont compris qu’il fallait arrêter cette lutte.

« Notre arrestation était une mesure illégale. Si des latrines doivent être construites dans le marché, j’en serais par exemple fort pénalisé parce qu’elles seront faites sur l’espace qui me sert de place », a expliqué l’un des trois ex-détenus Bah Diakité. « En démocratie, il faut négocier mais le maire ne veut pas entendre de pourparlers », a-t-il poursuivi.

Un simple citoyen qui assistait à l’entretien a ajouté que « la mairie de la Commune I a toujours agi ainsi ».

Sidiki Doumbia

14 février 2008.