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Aucune activité commerciale n’a eu lieu hier au marché principal du Banconi. L’incarcération de trois négociants pour offense au maire de la Commune I, après l’échec des pourparlers relatifs à la construction de latrines, a mis le feu aux poudres.

Le marché « Filabougou » au Banconi était totalement vide mardi. Les marchands ne décolèrent plus, car le maire de la Commune I du district de Bamako a fait écrouer trois de leurs camarades.

Ils ont abandonné hier le marché pour aller défendre ces derniers mis au frais au commissariat de police du 6e arrondissement. Les trois commerçants avaient été convoqués à la mairie pour négocier au nom de tout le marché un projet de construction de latrines de la mairie.

« On nous a sevrés aujourd’hui. Où allons-nous acheter nos condiments ? Il n’y a plus personne au marché ! » se sont insurgées des ménagères désespérées. « Allez au marché de Fadjiguila ! », leur ont conseillé des marchandes chargées de surveiller l’équipement pour empêcher toute tentative de vente.

Le marché « Filabougou » est assez vaste et s’étend jusqu’à l’Association de santé communautaire du Banconi (Asacoba). Il y a quelques années, la mairie avait fait déguerpir une bonne partie des usagers dans le but de le construire.

Malheureusement, elle n’a pas tenu sa promesse. Les marchandes ont alors décidé de ne plus se prêter au jeu de la mairie, qui veut encore dégager une autre partie afin d’y ériger des latrines.


Refus d’obtempérer ?

« La mairie désire une grande surface de notre marché. Si l’on enlève cette partie du marché, il n’en restera plus grand-chose. La mairie a ce projet en main depuis plus d’un an. On ne l’a jamais accepté. Il y a une semaine, ses agents nous ont rencontrés à propos du même problème. Nous leur avons signifié que nous ne l’accepterons pas car il scellera le sort de beaucoup de personnes », a expliqué une marchande.

Pour un autochtone de Banconi, « le pays va très mal parce que les autorités se fichent du bonheur de la population. Si on fait déguerpir cette partie du marché, c’est pour mettre de nombreuses personnes en difficulté ». Et un autre d’ajouter qu’il a fait le déplacement à la mairie pour dire aux autorités municipales « qu’elles ne doivent pas agir de la sorte dans un quartier sensible. Toutes nos femmes sont en train d’aller à Fadjiguila ».

« On a un contrat avec un service pour construire des latrines dans plusieurs marchés de la Commune. Une toilette est appropriée dans un marché. On a déjà construit les latrines de Laïbougou. C’est à Banconi qu’on a eu toutes sortes de problèmes. Ils nous trimbalent depuis plus d’une année. Ils ont dit que l’espace est grand, on l’a diminué. L’autre jour, on leur a proposé de nous indiquer un endroit et la dimension de leur choix. Et après cela, trois personnes sont venues offenser le maire et ses adjoints. Le maire a alors porté plainte pour offense. C’est ainsi qu’on les a enfermées. On est là pour la population. C’est pour l’avenir qu’on a décidé de construire des latrines modernes », a expliqué M. Diop, 1er adjoint au maire de la Commune I.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

13 février 2008.