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Quand les fêtes approchent Bamako s’illumine de mille feux. Même ceux qui l’ont peut être oublié, les décorations sur les contours des monuments et sur les panneaux d’éclairages sont là pour nous les rappeler. Impossible de passer, une fois la nuit tombée, sans remarquer ces barbelés lumineux sur nos monuments et panneaux d’éclairages qui leur donnent tout une autre allure.

giffcapital.gifLa ville a revêtu sur elle ses plus beaux systèmes lumineux, réalisés par la PDG du groupe DANA, Fadima Alzahra Touré soutenu par la Bank Of Africa et l’Assurance Lafia, Canal +, l’agence SABUNYUMA, entre autres… Le but est d’embellir notre capitale à l’approche de la fête de Noël et celle de la St Slyvestre. Les ruelles et grandes artères sont décorées pour faire changer le visage triste de la capitale après une année de stress viscéral lié aux problèmes d’insécurité, politiques et économiques. La nuit, ces jeux de lumières épousent parfaitement les contours des panneaux d’éclairage et les monuments sur lesquels les gens se tournent après chaque premier passage.

Sauf que les maliens ont aussi leur avis sur ces décorations que certains pensent “inopportunes” dans un contexte économique difficile où les humeurs ne sont pas tous à la fête. Certains défendent cet embellissement ne serait ce que donner de la joie dans les coeurs des maliens préoccupés en cette période où les fronts sociaux sont de plus en plus nombreux.

Les avis divers…

Ibrahima Diarra, Commerçant de smarthphone : “La proprété de la ville d’abord”

“ Si on commençait à ramasser les tas d’ordures qui dépassent aujourd’hui la hauteur du mont kilimandjaro, je pense que ce serait le plus beau des cadeaux de fins d’années. Peu importe la provenance du financement, il aurait pu servir à autres choses plus pertinentes”

Ousmane traoré, activistes, blogueur et photographe : “L’art malien devrait être mis en avant”

“Je trouve que c’est une belle chose qui révèle la beauté de notre ville.

Alors je me dis qu’il ne faut pas attendre les fêtes pour l’embellir et en prendre soin.

Aussi les décorations doivent communiquer à travers l’art malien des messages. Sur ce point nous pouvons améliorer”.

Kadidiatou bagayoko, entrepreneuse : “Bamako mérite d’être embelli”

“Je pense que Bamako c’est une très belle ville et elle mérite vraiment d’être embelli et ça, il faut qu’on se donne la main pour y arriver. Et par exemple si on commençait par nettoyer la ville en ne jetant plus d’ordures dans les rues ? ”

Safiatou Coulibaly, graphiste : “la priorité n’est pas à l’embellissement de la ville”

“ Nous avons tellement de problèmes : l’insécurité, l’insalubrité, tellement de structures et de secteurs qui se plaignent. Ce financement pourrait, pour une fois, être utilisé pour l’emploi des jeunes; ou pourquoi pas dans les caisses de l’Etat qui est apparemment vides ! Avant, il y avait des agents qui parcouraient la ville pour approcher des personnes qui ont des problèmes mentaux pour les faire bénéficier de soins au Point G. Maintenant cette action est passée aux oubliettes, faute de financement. Franchement, pourquoi acheter un nouveau service de table quand il n’y a rien à manger ?

Fourera Mamoudou Idrissa entrepreneuse : “ La solidarité dans les périodes de fête”

“ Je suis d’avis pour l’embellissement de la ville. Ce sont les fêtes, c’est pas un pays à 100% musulman donc les autres ont le droit de fêter leurs fêtes, vivre l’ambiance festive et voir qu’on partage leurs joies. Même si on ne décore ni la ville et autres choses, y’aura toujours des gens qui auront du mal à joindre les deux bouts.N’oublions pas que ces décors font aussi vivre des familles car c’est le gagne pain de certains.Soyons en communion et solidaire.

Amadou koïta, étudiant

 » S’il n’y avait pas de décorations, je suis sûr que les maliens auraient trouver des choses à redire. Je pense réellement que c’est une bonne chose. Mais en ce qui concerne l’utilisation de ces financements pour soulever les montagnes d’ordure dans nos quartiers, je ne serais pas contre . Mais chaque chose à son temps. C’est la fête alors, éblouissons la ville ».

Aissata Keita

Bamako, le 21 Décembre 2018

©AFRIBONE