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Onze personnes dont deux Ivoiriens et un Libanais ont été interpellés pour leur implication dans ce qui ressemble fort à un trafic d’objets de valeur.

Dans le monde de la police la collaboration n’est pas un vain mot. Elle permet d’engranger des résultats positifs pour renforcer la sécurité des personnes et leurs bien. C’est aussi une garantie pour consolider les rapports entre les populations et les agents. « Aucune police ne peut assurer seule la sécurité des populations sans l’aide des uns et des autres » estimait l’ancien ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général de division Sadio Gassama. Heureusement, cet appel commence à avoir un écho favorable. Et les résultats sont perceptibles. Entre janvier et février, des têtes de pont de la pègre bamakoise sont tombées. Nos lecteurs se rappellent différents récits publiés sous cette même rubrique.

Nous n’y reviendrons pas car l’histoire n’est pas une répétition d’événements insolites, même si des similitudes surgissent de temps en temps sous d’autres formes. Notre histoire d’aujourd’hui est partie du constat fait par un simple citoyen qui vit dans le quartier de Djélibougou. Dans les environs de cette source policière qui a souhaité garder l’anonymat vit un Ivoirien qui répond au nom de Inza Sylla. Il est arrivé dans notre pays il n’y a pas longtemps. A son arrivée, il ne possédait qu’une simple moto Jakarta.

Il était ouvert à tout le monde et sa vie s’est facilement confondue à celle des voisins. Mais ce bon rapport n’a pas duré longtemps. Du jour au lendemain l’homme s’est transformé en un véritable Tycoon. De la Jakarta il est passé à une grosse cylindrée de type TMAX qui coûterait au moins deux millions de Fcfa. Quelques jours après l’acquisition de la grosse moto, il devient propriétaire d’une voiture Toyota « Twincam » quatre portière. Inza Sylla commence également à s’habiller chic et à recevoir des gens visiblement aisés. La musique, les parfums et tout naturellement les femmes font désormais partie de son univers. La source policière très observatrice a tout noté.

Elle a accumulé des indices concordants et s’est rendue à la police pour prendre attache avec l’un des éléments BR les plus actifs de la police bamakoise (mais qui s’est retrouvé on ne sait pourquoi à la PJ) l’inspecteur principal Yoro Traoré. Le policier sollicite l’autorisation de sa hiérarchie pour monter une opération contre le suspect. Il a choisi quelques éléments pour descendre chez l’Ivoirien au moment où il était supposé revenir de ses escapades nocturnes. Le 16 février vers 04 heures du matin, l’homme revient à son domicile et referme la porte derrière lui.

Les policiers avaient passé une grande partie de la nuit à faire le guet. Ils frappent à la porte. Inza vient ouvrir. Le chef d’équipe lui présente un ordre de perquisition et demande à Inza de se mettre à leur disposition. Comme on peut s’y attendre, l’Ivoirien tente de divertir la police avant de lui proposer un deal. Le marché est rejeté par le chef de la mission. La perquisition a commencé. Très vite les policiers ont découvert que Inza possède une carte nationale d’identité malienne qui atteste qu’il est né à Sikasso. Dans cette ville, il prétend être vendeur d’effets d’habillement pour femme. La suite de la perquisition a permis aux enquêteurs de comprendre que le document est faux.

En effet ils ont également découvert une carte d’identité ivoirienne, deux permis de conduire dont un malien, 5 cartouches de PA, un poignard, un couteau à fourreau métallique, des tenues militaires, un ordinateur portable. Une voiture de type Corolla, un téléviseur écran plat ont également été saisis. Ce matériel saisi, les documents et leur propriétaire ont été transportés au commissariat. Lors de son audition préliminaire, Inza Sylla a soutenu que l’arme est un cadeau que lui a fait un autre compatriote qui se fait appeler Guédé Serge Koné Paul. Yoro Traoré et son équipe n’ont pas tardé à se rendre au domicile de ce dernier. Une première fouille des lieux met à jour deux PA français calibre 7/65.

Une autre arme de marque syrienne dotée de 23 cartouches et des étuis vides ont été découverts chez Guédé. Ce n’est pas tout. Les policiers, au fur- et- à mesure qu’ils avancent dans leur perquisition chez Serge, tombent sur des colis différents. Ainsi, ils ont saisi dans les chambres une carabine et des munitions, des pinces, un poignard, deux petits appareils photo numérique pour amateur, quatre appareils photo professionnels, deux paires de jumelles, quatre caméras « pro », une dizaine de montres de marque (Tissot, Festina, Traser, Lacoste, Swatch, Nagata) des bracelets en or et argent massif.

A ce lot de matériel de luxe il faut ajouter cinq ordinateurs portables, des tenues militaires, une dizaine de I-Pod et un réseau de connexion haut débit d’Internet. Serge dispose aussi d’un laissez-passer (faux) de la direction nationale de la police nationale, quatre véhicules de luxe et une grosse moto de marque Honda. Ce n’est pas tout, cinq sexes masculins en plastique deux de femme, un appareil de gonflage de seins, des faux permis de conduire ivoirien et malien et un gilet pare balles traditionnel ont été retrouvés dans les chambres de la villa cossue occupée par notre héros.

Interrogé par l’inspecteur sur l’origine des armes, Guédé dénonce un certain Ladji Fofana qui sera arrêté. Ce complice à son tour apprend au policier que les armes et les faux permis d’arme lui ont été fournis par Grégoire Togo. L’enquête a vite cerné ce troisième larron. Il sera arrêté le lendemain. Dans sa cage, l’équipe de l’inspecteur se rend compte qu’elle n’est pas au bout de ses surprises. Elle récolte chez Togo une arme de chasse et une boite de gaz d’autodéfense. Interrogé à son tour il lâche le nom de Moussa Guindo qui lui aurait vendu les deux PA retrouvés chez Serge.

Moussa assure aussi que les pistolets ont été fournis par Souleymane Ballaw. Arrêté et interrogé Ballaw donne le nom de Moussa Yanoga. Le cas de ce dernier mérite qu’on s’y arrête. Il est le fils d’un armurier du même nom bien connu à Bacodjicoroni. L’enquête a permis de comprendre que celui-ci par le truchement d’un certain Daouda Traoré, facilite l’obtention des faux permis de port d’arme avec la complicité de Ousmane Samassékou, neveu de l’armurier. Mais la série noire a continué pour les délinquants et des têtes sont tombées au fur et à mesure.

Ainsi un Libanais et d’autres Maliens sont arrêtés à ce stade de l’enquête. Au total 11 personnes ont déjà été interpellées. Leur complicité est prouvée. L’enquête se poursuit. Les limiers assurent détenir des preuves contre des suspects en liberté qui ne tarderont pas à se retrouver entre les murs de la prison. Nous reviendrons sur la suite au cours de la semaine. Nous aurons entre temps récolté plus d’éléments sur l’origine de la richesse des deux Ivoiriens et sur le degré d’implication de nos compatriotes.


Une belle prise

C’est un grand trafiquant d’armes qui vient d’être mis hors d’état de nuire par les policiers du 10e arrondissement de Niamakoro

On était le 22 février à la gare de la SONEF, une des rares à collaborer de façon permanente avec le commissariat du 10è arrondissement. Les lecteurs ont lu sous cette même rubrique plusieurs récits de saisies de drogue opérées par les policiers grâce aux agents de la compagnie (société Néma et frères (Sonef). Un homme de race blanche devait voyager ce jour. Mais il semblait inquiet. Des policiers en civil avaient remarqué son désarroi. Ils avaient gardé l’œil sur lui. L’homme au teint clair sortait sans cesse pour passer un appel et revenait prendre place auprès de trois colis enregistrés à son nom.

Ces colis étaient composés d’une malle métallique, d’un sac en polypropylène rempli comme un œuf et d’un sac en Nylon de couleur vert olive. Vers 7 heures du matin, le dernier passager était monté à bord du bus. Notre bonhomme a sûrement senti la présence des policiers sur place. Il n’a pas voulu attendre que tous ses bagages soient chargés pour prendre place à l’intérieur du car. Ainsi l’un de ses colis a été abandonné sur place.

Le car démarre et le troisième colis reste à terre. Le bagage abandonné a été pris en charge par le chef de guichet avant d’informer les policiers. Le colis défait dévoile 05 crosses et 10 carcasses de AK47. Cette découverte a incité les agents du commissaire Aminata Diallo à identifier le propriétaire. Au guichet, ils ont appris que le propriétaire est un certain Mohamed Ibrahim qui vient de partir pour Boni (renseignement obtenu à la gare).

Aminata Diallo sollicite et obtient l’accord de sa hiérarchie pour faire intervenir la police de Ségou. Vers 10 heures, Mohamed Ibrahim Ag Mohamed, 43 ans, originaire de Hanzakoma dans le cercle de Gourma Rharous est interpellé et ses bagages sont débarqués par le commissariat du 1er arrondissement de la capitale des Balanzans.

La fouille de ses colis révèle un véritable arsenal de guerre. En plus des armes retrouvées dans le troisième pli, les agents saisissent 21 chargeurs, 853 cartouches, 10 chambres à gaz, 10 ensembles mobiles et 10 couvre culasses. Tout ce arsenal de guerre était dissimilé dans des sacs et mélangés à des boîtes de tomates et de conserves. L’homme après son audition par le 10e arrondissement a été conduit dans un lieu sûr. Son arsenal doit incessamment être présenté aux autorités compétentes.

Lundi 27 février 2012, par Gamer A. Dicko

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