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Le ramadan démarre sur fond de rupture de poulets sur le marché. La demande s’avère supérieure à l’offre. Les prix flambent.

Sur les marchés de Bamako, trouver un poulet relève en ce mois de ramadan du parcours du combattant.
Adama Mama Sow, consommateur, affirme que le prix du poulet connaît présentement une augmentation exponentielle sur le marché. « Le kilo de la viande de poulet qui nous revenait à 2000 F CFA varie aujourd’hui entre 2400 à 2500 F CFA selon les marchés », confie-t-il.
« Pour pouvoir s’approvisionner en viande de poulet sur le marché aujourd’hui, c’est la croix et la bannière », raconte Malado Tamboura. Des économistes expliquent cette situation par la loi de l’offre et la demande car, « tout ce qui est rare est cher ».

Pour des opérateurs économiques, la situation résulte de l’application des mesures protectionnistes prises par la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) pour satisfaire le puissant lobbying d’aviculteurs au grand dam des importateurs de la viande de poulet et au mépris libéralisme économique.
« Il y a beaucoup d’agents de l’administration bien connus qui pratiquent l’aviculture, comme nous parvenons à importer et à vendre moins cher qu’eux, il fallait chercher un moyen pour que nous ne puissions pas vendre notre poulet pour qu’ils puissent vendre pour eux d’abord en ce mois de ramadan qui constitue une aubaine pour les vendeurs de poulets », accuse un importateur.

Oumar B. Sidibé


Lafiabougou : les femmes de l’AFMEP surmontent la cherté de la vie

Cent-cinquante femmes de Lafiabougou (Commune IV) se sont unies contre la cherté des denrées de première nécessité. Un acte de solidarité qui mérite de faire tache d’huile.

Depuis deux ans, à l’entame du mois de ramadan, l’Association des femmes maliennes pour l’entraide et la paix (AFMEP) distribue des produits alimentaires entre ses membres. Ce partage permet aux adhérentes de gérer l’urgence et de satisfaire leurs besoins élémentaires. La valeur chaque lot est de 45 000 F CFA, ce qui donne un total de 6 750 000 F CFA
Selon la présidente de l’Association, Mme Thiam Fatou Seck, le mois saint de ramadan est particulièrement difficile pour les femmes parce que c’est le moment où les prix des condiments s’envolent sur les marchés. « Nous avons décidé de cotiser 1000 F CFA chacune chaque samedi pendant toute l’année. C’est le produit de cette tontine que nous utilisons pour acheter des denrées qu’on se partage pendant le mois de ramadan ».

Mais ce n’est pas uniquement ces cotisations qui leur permettent d’avoir autant de condiments. « Nous avons des sponsors que nous remercions comme la société Aminata Konaté Bara Muso et Mam Cocktail qui nous aident beaucoup ».
La distribution des lots de condiments a été un événement dans la Commune IV de Bamako. Plusieurs notables du quartier, y compris le maire, M. Kéita, et l’imam du quartier étaient présents. Ils ont salué l’initiative des femmes.
Moussa Mara, ancien Premier ministre, président du parti Yéléma et parrain de la cérémonie, a loué la bravoure des femmes de l’AFMEP et promis qu’il sera toujours avec elles pour les appuyer du mieux qu’il pourra.

Mariam Camara

L’Indicateur du Renouveau du 14 Juin 2016