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Le Conseil des ministres de l’UEMOA a adopté en 1999, un Programme Spécial Régional pour la Sécurité Alimentaire dans les Etats membres de l’union. Il est financé par la Commission de l’UEMOA en collaboration avec la FAO.

Pour la commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, « ce programme constitue un important instrument de mise en œuvre de la politique agricole de l’UEMOA dont l’objectif est de contribuer à la satisfaction des besoins alimentaires de la population, au développement économique et social des Etats membres et à la réduction de la pauvreté ».

Avec cet outil, estime Mme Lansry, « nous nous devons de reconquérir notre marché régional, non seulement en augmentant les productions vivrières mais aussi en améliorant le fonctionnement des marchés agricoles pour permettre une circulation plus fluide des denrées alimentaires de qualité ».

Depuis mai 2002, le PRSA est opérationnel à travers un accord de coopération signé entre l’UEMOA et la FAO. Ainsi, des études nationales suivies de synthèses régionales ont été réalisées sous la supervision technique de la FAO pour permettre à l’Union de se doter, d’une part, de textes législatifs et réglementaires harmonisés relatifs au contrôle de qualité des denrées alimentaires et, d’autre part, d’un programme cohérent de renforcement des capacités.

Toutes choses qui, selon la commissaire à la sécurité alimentaire, « ont une valeur ajoutée au niveau régional pour contribuer à la réalisation de la sécurité alimentaire collective des populations de l’union ».

En 1994, la FAO a initié le Programme Spécial de Sécurité Alimentaire (PSSA). Depuis, les paysans des sites pilotes de Kita, Kangaba et Dagaomina, Gnimitongo et Koubi ont acquis une bonne maîtrise de la gestion de l’eau.

De plus, d’une culture par an avec un rendement de 4 à 5 tonnes à l’hectare, ils sont passés à deux cultures avec un rendement de 7 à 9 tonnes à l’hectare. La diversification des cultures et des activités à travers l’élevage des animaux à cycle court a connu également un grand succès.

Des performances qui feront dire à la représente résidente de la FAO au Mali, Mme Mariam Mahamat Nour que « le PSSA est un programme multidimensionnel qui opte pour une technologie simple, peu coûteuse et maîtrisable par les bénéficiaires. Il s’inscrit dans la durabilité et cette durabilité ne peut être garantie sans la prise en compte de la dimension régionale ».

Notons que la FAO, en collaboration avec l’OMS qui fixe, au niveau mondial, les normes relatives à la sécurité sanitaire des aliments à travers le codex alimentarius, a financé sur fonds propres trois projets régionaux qui ont permis de réaliser trois études clés.

Il s’agit des projets de textes communautaires relatifs au contrôle de la qualité et de la sécurité sanitaire des aliments.

S’y ajoutent ceux du contrôle et de la surveillance phytosanitaire et zoo sanitaire ainsi que le programme de renforcement des capacités des institutions de mise en œuvre. Des atouts, conclura Mme Mariam Mahamat Nour, « primordiaux dans un contexte de globalisation où les moins lotis seront appelés à disparaître ».

Le représentant de l’UEMOA, Marc Atouga, a, pour sa part souligné que la présente rencontre constitue le « point de départ » d’un débat auquel l’organisme qu’il représente invite ses Etats membres.

Car, ajoutera M. Atouga, « les remarques et suggestions issues de l’atelier seront capitales pour enrichir et surtout mieux préciser les propositions de textes communautaires et les programmes de formation et d’équipement du personnel ».

Le présent atelier, qui prend fin jeudi prochain, fera un diagnostic complet du cadre juridique, institutionnel et technique actuel des interventions et examinera les propositions de projets textes législatifs et réglementaires adaptés aux besoins de l’UEMOA.

Paul MBEN – 22 février 2005