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La ville de Bamako est dévisagée par des ordures versées au abord des routes, des caniveaux et dans les rues. Face à cette situation, le ministre de l’Environnement et l’Assainissement, Ousmane Ag Rhissa, a rencontré mardi après-midi au gouvernorat de Bamako les maires du district, des représentants des services de l’assainissement et de la voirie.

jpg_une-1807.jpgLe ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a longuement échangé mardi avec les maires du district, des représentants des services de l’assainissement et de la voirie sur la gestion des ordures dans la ville de Bamako. Le problème d’assainissement de la ville de Bamako s’est aggravé ces derniers temps.

« C’est une situation qui, si on n’y prend pas garde, va déboucher à des troubles sociaux. En cette veille de la présidentielle, on n’a pas besoin d’une telle situation », a prévenu le ministre. Il a invité les maires à proposer des solutions concrètes au problème. Ceux-ci ont fait plusieurs propositions. Pour certains, il urge de trouver une solution immédiate. D’autres suggèrent une solution durable.

Pour Boubacar Bah, le maire de la Commune V, la solution durable pour la gestion des ordures consiste à doter les mairies de matériels adéquats d’assainissement.

« Nous voulons nous installer dans la durée. Chaque mairie a dépensé en moyenne 80 à 120 millions par an pour gérer les déchets. Le temps est venu de transformer tout ça en investissement que nous allons mutualiser entre nous. Imaginer que dans les 6 communes qu’il y ait des véhicules de 50 tonnes, de chargeurs, etc. Ces matériels peuvent aider à traiter un volume assez import des déchets solides. C’est ce que nous avons proposé depuis des années et aujourd’hui nous le proposons encore. On a un mois et demi, si on s’y met, on peut trouver la solution avant que l’hivernage ne s’installe. Nous demandons au gouvernement de gérer l’urgence », a développé le maire de la Commune V.

Vers un programme d’urgence

Boubacar Bah a regretté que l’Ageroute a fait des travaux de curage de caniveaux sans les informer. Pis, qu’elle a laissé des ordures au bord des caniveaux pendant plusieurs jours avant de les ramasser.

Le représentant du maire de la Commune II a soutenu que les déchets peuvent faire plusieurs jours au bord des caniveaux sans être évacués. Et d’ajouter que la population mécontente de cet état de fait, menace souvent de mettre ces ordures sur le goudron. Pour le maire de la Commune III, il est bon d’équiper la voirie pour une solution durable. Le représentant de la voirie a déploré la vétusté du matériel qui date de 1987.

Le ministre a indiqué que la première idée à retenir est la mise en œuvre du programme d’urgence qui consistent à dégager un certain nombre de tas d’ordures plus importants dans la capitale.

« Les maires vont s’investir pour rapidement trouver une solution. La deuxième chose, c’est de trouver une solution durable à la gestion des ordures à Bamako. Tant qu’on ne s’installe pas dans la durabilité, on ne pourra pas résoudre ce problème. Les stratégies sur lesquelles on va travailler consiste à équiper chacune des mairies, les équiper de tous les matériels d’assainissement pour assurer la gestion quotidienne des ordures », a-t-il souligné.

Le ministre a précisé qu’à ce jour il n’a pas trouvé de financement pour répondre aux besoins. Il a invité les maires à soutenir ses actions de lobbying auprès du président de la République par intérim et du Premier ministre.

Les maires ont promis de rencontrer dans les prochains jours le président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré, le Premier ministre et certaines ambassades.

Sidiki Doumbia

Les Echos du 23 Mai 2013