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La situation est paradoxale : située à moins d’une centaine de kilomètres de la capitale, Kangaba reste pourtant l’une des localités les plus enclavées du pays. Le bitumage de la route Bamako Kangaba apparait donc comme l’un des plus beaux cadeaux que l’administration pouvait faire aux habitants du secteur.

Le ministre de l’Équipement et des Transports, Hamed Diane Séméga, en visite vendredi dans la localité a annoncé lors d’une rencontre dans les locaux du conseil de cercle, le coup d’envoi imminent des travaux de cet important axe routier.

C’était en présence du directeur national des routes, Issa Assimi Diallo, du conseiller juridique, Oumar Baba Sidibé, du représentant du gouverneur de la région de Koulikoro, du maire de la commune de Minidjan, Mahamoudou Keita, du préfet de Kangaba, Seydou Traoré, du chef de village de Kangaba, Bakary B. Keita.

Dans son adresse de bienvenue, le préfet de Kangaba a exprimé sa fierté et sa satisfaction de voir bientôt réaliser ce projet. Seydou Traoré a décrit le bitumage de la route comme un véritable projet de développement pour la ville de Kangaba et ses alentours.

« Cela fait plusieurs décennies que la commune de Minidjan attendait ce moment. C’est un vieux rêve qui vient de se réaliser. Et nous en sommes fiers« , a indiqué Seydou Traoré en rappelant l’enclavement de la localité, notamment pendant la saison des pluies.

« Nous n’y croyions plus. Il fallait 5 à 6 heures pour parcourir les 85 kilomètres de route qui relient Kangaba et Bamako. Dans ces conditions, il était illusoire de développer la localité« , constate Sah Berthé, un habitant de Kangaba.

De son côté le chef de village de Kangaba, Bakary B. Keita, s’est dit convaincu que la nouvelle route donnera un coup d’accélérateur aux activités économiques de la commune. Situé à une dizaine de kilomètres de la frontière guinéenne, Kangaba est une excellente zone d’échanges commerciaux avec ce pays voisin.

L’ingénieur-contrôleur des travaux, Siré Diakité, a expliqué que la route comprendra une chaussée de 7 m de largeur avec des accotements de 1,5 m de part et d’autre. La chaussée sera revêtue de béton bitumineux de 4 cm d’épaisseur entre Bamako et Bancoumana, soit 50 km et en enduit superficiel bicouche entre Bancoumana et Kangaba, sur 35 km. Les accotements recevront un enduit superficiel monocouche.

Ces travaux nécessiteront des aménagements particuliers pour éviter une dégradation prématurée des ouvrages. Il faudra notamment réaliser des caniveaux en maçonnerie, des aires de stationnement pour véhicules. L’ensemble de ces gros travaux aura certainement un impact sur l’environnement et sur des riverains que le tracé de la voie contraindra au déménagement en certains endroits.

À ce sujet, le maire Mahamoudou Keita a assuré le ministre que tout se passera dans un climat de paix et de sérénité. Il a promis qu’aucun problème majeur ne viendra empêcher la réalisation de ce projet de route. « Nous sommes prêts à tous les sacrifices. Le bonheur a aussi un prix qu’il faut payer. Nous nous acquitterons du nôtre« , a indiqué l’édile.

Le ministre Séméga a remercié les populations pour leur soutien. Il a donné l’assurance que les travaux démarreront avant le début de l’hivernage et dureront 30 mois.

Sur le chemin du retour, le ministre s’est arrêté sur le chantier de la route Bamako-Naréna. Ce projet, vieux de plus d’une demi-douzaine d’années, a repris une progression normale. « Nous avançons à raison 250 mètres par jour« , confie un technicien sur le terrain.

Les responsables de l’entreprise tunisienne adjudicataire du marché assurent qu’ils boucleront d’ici fin mai les 4 kilomètres de route encore en chantier.

L. DIARRA

L’Essor du 08 avril 2008.