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La vieille ville s’agrandit

Malgré la déception de Borgnis Desbordes à son arrivée, voilà, que le colon a bien pris pied à Bamako, place de l’actuelle cathédrale.

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Le Tata s’élargit et disparaît, condition sine qua non pour faire une ville.

Le contexte était donc prêt pour un vrai essor.
La vieille ville pousse du ventre et les hygiénistes devançant les urbanistes, architectes et ingénieurs viennent intelligemment au chevet de Bamako. L’aventure pouvait alors commencer.

Le chemin de fer

Le chemin de fer, dénommé le Dakar-Niger, arrive à Bamako en 1904. Alors la ville de Bamako va connaître un grand essor qui lui vaudra en son temps le qualificatif de ville coquette, belle et verdoyante.

Cela reste un lointain souvenir pour celles ou ceux qui ont vécu et connu le Soudan français.

En 1908, l’autorité décide de transférer la capitale de la Colonie de Kayes à Bamako, avec à la carte, la réalisation du siège de la chambre de commerce de l’agriculture et de l’industrie.

Par ailleurs, le chemin de fer devait aller à Koulikoro afin que le fleuve prenne le relais pour desservir les régions nord du pays.

Tout un programme de désenclavement venait de commencer, et on était loin de penser que cela était un rêve irréalisable.

Les grandes infrastructures

Il faut attendre 1920, pour que la ville connaisse un véritable développement urbain.

Grâce au chemin de fer, l’urbanisation s’est alors manifesté par :
-la réalisation du complexe Gare ferroviaire et buffet hôtel,
-la création de nouveaux quartiers commerciaux et d’habitation,
-l’implantation des grands équipements, tels le Marché, la Radio, et
-les structures pour la réalisation de grandes infrastructures routières.

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Ainsi, grâce à une première voie terrestre, la Ville a été ouverte sur un pays côtier, la Guinée.

Le Lieutenant – Gouverneur Louveau, le bâtisseur

Face à un développement pareil nécessitant la présence des colons, qui ne pouvaient se permettre le luxe d’attraper certaines maladies évitables, il fallait sécuriser leur santé.

Ainsi, avec les progrès de la médecine et le contexte sociopolitique, il était opportun d’améliorer les conditions d’hygiène à la faveur de l’accroissement démographique entre 1920 et 1950.

Ainsi à partir de 1922, en plus du centre commercial, sont nés, les quartiers de Dravéla, Bamako coura, Ouolofobougou, Bolibana, Dar es salam.

Plus tard, vers 1927, l’essor économique aidant, la belle place centrale des rencontres culturelles a cédé de plus en plus le pas, au marché central de Bamako, plus connu actuellement sous le nom de « Marché Rose » qui fut construit.

1945 – sous l’impulsion du lieutenant – Gouverneur Louveau, la Ville connaît toute sa grandeur. Avec ce bâtisseur, au-delà des multiples réalisations, une place importante est réservée à l’environnement.

Citons simplement comme exemple, le reboisement de toutes les artères principales de la ville, le drainage de toutes les eaux vannes et de ruissellement vers une station de traitement, réalisée à cet effet.

Pour preuve : les multiples cailcédrats le long des artères principales du centre et les égouts qui vont de Koulouba à la berge en traversant tout le centre ville.

Bamako est toujours fière de ces grands cailcédrats, plantés du temps de Louveau, qui nous permettent d’arpenter les rues du centre de la capitale, à l’abri des chaudes journées ensoleillées.

(à suivre)

06 juin 2005

Bibliographie:
Archive et bibliothèque nationale

Crédit photo:
Collections Fortier et personnelle

Cheich Abd El Kader, architecte

abdelkader@afribone.net.ml

abdelkader@Koulikoro.net.ml