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Au début, « le Tata » et « l’intra Tata »…

Selon une version de Niaré, Bamako, ville fondée vers le 15ème siècle, était à l’intérieur d’une muraille : le tata. Forme de protection, dont je vous ai entretenu dans de précédentes parutions.

Cette enceinte fortifiée érigée en banco avait les mensurations suivantes : 5m de haut et épaisse de 2m environ.

A l’intérieur on y trouvait quatre groupements d’habitation familiale : Niaréla -Bozola – Tawatila – Dravéla.

De nos jours, cette ancienne aire de forme irrégulière s’étendrait à l’ouest de la grande cathédrale de Bamako à l’avenue de Sikasso à l’est.

Ses limites nord et sud seraient respectivement l’assemblée nationale et la maison de l’ORTM.
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A cette époque, comme ouvrages « intra tata » il faut noter la 1ère Mosquée de Bamako et le puits sacré. Notons que le Bois Sacré ou « Djetou», lieu de culte avec ses interdits, était situé « extra tata ». Nous ne sommes pas loin de l’arrivée du colon à Bamako.

Habitats…

Les murailles du Tata comportaient « quatre portes » d’entrée. Peut-on alors dire que chaque quartier avait sa porte ?

Qu’à cela ne tienne, par mesure de sécurité, celles-ci étaient soigneusement fermées à la tombée de la nuit.

La place forte était située à quelques 800m du fleuve Niger dont elle était séparée par une zone marécageuse.

La gestion de la place forte était règlementée.

Toujours l’habitation a été culturelle, typique ou propre à l’ethnie qui l’occupait : les cases rondes à toit de chaume conique logeaient les sarakolés, pendant que les maisons des bambaras étaient en terrasse.

Les riches commerçants maures et les notables bambaras possédaient des maisons à un étage. Celle de Titi Niaré, le chef du village était orné d’un bel escalier intérieur.

<font size=Portes du village indigène de Bamako » title= »Portes du village indigène de Bamako » class= »caption » align= »center » />

Etablissements d’origine…

Originairement Bamako comprenait 3 quartiers: Niaréla qui a toujours abrité la chefferie coutumière.

Tawatila du nom de maures de la race « Tawaati », des commerçants venus du Sahel et enfin Bozola, le quartier des pêcheurs Bozos dont le lieu d’implantation avoisine les berges du fleuve.

Comme tissu urbain, « la Vieille Ville » est le 1er établissement humain structuré et hiérarchisé de Bamako.
Aux trois quartiers se sont ajoutés deux autres.

A l’est du centre sont localisés, respectivement les quartiers de Bozola, Niaréla et Bagadadji, pendant que celui excentré nord de Dravéla se trouvait isolé à l’ouest un peu plus vers le nord.

Déclin et la disparition du Tata…

Comme le soulignait M. Villien Rossi OP, un explorateur colonial, le village de Bamako était bâti en place forte, communément appelé un Tata.

Avec l’arrivée de Borgnis Desbordes le village indigène va connaître de profonds et irréversibles changements : le tata délaissé et non entretenu se dégrade au fur et à mesure et disparaît vers 1906.

A l’exception de Bozola qui se trouve sur son site initial, les autres quartiers ont été déplacés et leur emprise se trouvant jadis à l’intérieur du mur d’enceinte inexistant aujourd’hui, a été aménagé pour recevoir des infrastructures et équipements pendant I’occupation coloniale.

Le fort de Bamako…
<font size=Puits du fort colonial dans la cour de l’actuel gouvernorat du district » title= »Puits du fort colonial dans la cour de l’actuel gouvernorat du district » class= »caption » align= »center » />



A la suite de l’occupation, les français ont construit un fort militaire, aujourd’hui disparu, autour duquel se sont progressivement développés des quartiers indigènes.

Le lieu d’implantation de ce fort serait l’emplacement de l’actuelle Mairie centrale du District. Le seul vestige qui en reste serait le puits.

En effet, le 1er puits de Bamako, sinon du Mali, est creusé dans le fort récemment érigé sur le site de l’actuel gouvernorat du district.

(à suivre)

20 juin 2005

Bibliographie:
Archive et bibliothèque nationales

Crédit photo:
Collections Fortier et personnelle

Cheich Abd El Kader, architecte

abdelkader@afribone.net.ml

abdelkader@Koulikoro.net.ml