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Ces unités ne disposent pas d’agrément délivré en bonne et due forme par les services compétents

jpg_une-1122.jpg La Direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC) a procédé hier matin à Bamako à la fermeture de plusieurs boulangeries considérées comme clandestines. Les boulangeries frappées par cette mesure sont des unités qui ne disposent pas d’agrément délivré en bonne et due forme par les services compétents en la matière, a expliqué le chef d’équipe de la mission, Mahamadou Kinta. L’équipe comprenait des agents de la DRCC ainsi que des antennes I et VI de la DRCC du District et de nombreux journalistes.

C’est à Boulkassoumbougou que l’opération coup de poing a pris son départ. Dans ce quartier ex-centré, la boulangerie Mahchallah opère en toute illégalité et dans des conditions d’extrême insalubrité. L’ensemble des équipements est logé dans une grande pièce noire dans laquelle les ouvriers se voient à peine. À l’intérieur de l’édifice, la couleur des murs est méconnaissable à cause de l’épaisseur des résidus de fumée qui s’échappent du four semi-traditionnel, installé à l’extrémité est de la pièce.

Tout comme une grande majorité de boulangeries de la capitale, « Mahchallah » fonctionne aussi au bois de chauffe. Le plancher est en ciment, tandis que les normes exigent un carrelage pour des raisons d’hygiène.

Avant de franchir le seuil de la salle des équipements, le visiteur averti est surpris par le décor insalubre qui déborde sous la petite véranda qui sépare le bâtiment de la rue. C’est là qu’est installée la boutique faisant à la fois office de bureau pour le gérant et de point de vente de pain aux consommateurs.

Plus loin dans le même quartier, Mahamadou Kinta et son équipe ont fermé la « Boulangerie industrielle Oumou Kouma ». À la différence de « Mahchallah », celle-ci est équipée de nouveaux outils de production. Fonctionnant au bois de chauffe, le four y est également semi-traditionnel. L’intérieur de la pièce est bien aéré et bien éclairé. Les murs sont couverts de peinture encore propre. Le plancher, entièrement couvert de carreaux, est relativement propre aussi. Cependant si les normes sanitaires semblent acceptables, la boulangerie pèche par l’orientation de la porte d’entrée de l’unité qui s’ouvre sur la rue. N’importe qui a donc accès aux équipements de fabrication, ce qui est médicalement anormal.

Dans les écoles de boulangerie, la principale exigence sur laquelle les professeurs insistent est bien la fermeture de la salle de production aux personnes étrangères au service. Ne serait-ce que pour des besoins de protection des secrets de fabrication, avait expliqué un boulanger de la place, président du Cadre de concertation de la filière pain, Mamadou Haïdara. Il s’adressait à la presse à l’issue d’un concours de sélection de la meilleure école de boulangerie au Mali, organisé en 2010 par son organisation.

Mais toutes les boulangeries fermées hier, pour infraction à la réglementation économique, ne prennent pas en compte cette exigence. Ouvriers de fabrique, distributeurs, clients consommateurs et même les simples visiteurs, ont accès aux équipements. Les portes ne comportent aucune mesure de protection empêchant les infiltrations de microbes. Les vieux vêtements des ouvriers sont jetés ça et là sur le sol dans la salle de production. Au lieu de blouses, de bottes et de gants stérilisés, les ouvriers sont dans la plupart des cas vêtus de haillons. Les mains et les pieds entièrement couverts de blanc de farine, ils vont et viennent à l’extérieur du lieu de travail à tout moment.

Dans les différentes boulangeries, nous n’avons pas vu de pétrisseur. Par souci d’économie sur les frais d’électricité utilisée dans le fonctionnement de cet outil hygiénique, la farine est certainement pétrie par les ouvriers à l’aide de leurs mains et de leurs pieds. Mais la sortie d’hier était consacrée à la non-conformité à la réglementation économique, a expliqué le chef de mission, Mahamadou Kinta. Au moment où notre équipe prenait congé, six boulangeries étaient fermées pour le même motif : « Infraction à la réglementation économique ».

Les quatre dernières sont installées sur la rive droite : deux à Banankabougou et deux à Faladié. À la différence des deux premières, ces quatre dernières ne comportent aucun nom d’identification sur leurs enseignes. Ce qui confirme leur clandestinité.

Avant la fermeture, chacune d’elle avait reçu une convocation à se présenter à l’antenne locale de la DRCC avec les pièces justifiant sa création officielle. Mais, aucune d’elle n’a répondu à la convocation.

Selon Mahamadou Kinta, la non-autorisation d’ouverture de commerce par les autorités compétentes est prévue et sanctionnée par la loi. Les contrevenants s’exposent donc à des sanctions.

AMADOU O. DIALLO

L’Essor du 25 Octobre 2012