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La salle Tombouctou a abrité, hier mardi 4 décembre, les travaux de l’atelier consacré à la validation de la première phase du projet « Schéma directeur et programme de drainage des eaux pluviales et d’assainissement des eaux usées du District de Bamako « . Les participants, composés des agents d’EDM-SA, DNACPN, la CAFO, entre autres, ont eu droit à l’exposé de Johann Pichler-Stainern, Chef de Projet Kittelberger sur le Schéma directeur et programme de drainage des eaux pluviales et d’assainissement des eaux usées du District de Bamako. Selon lui, pour couvrir les besoins en assainissement à l’horizon 2017, Bamako a besoin de deux stations d’épuration pour drainer ses eaux usées et pluviales.

Le Mali est, aujourd’hui, parmi les pays africains qui souffrent d’un manque criard d’assainissement.

Plus de 8 millions de personnes, soit 79 % de sa population, n’ont pas accès à un système d’assainissement adéquat. Cet état de fait a une très grande conséquence sur la santé des populations. Pour preuve, des dizaines de milliers d’enfants meurent chaque année par suite de maladies d’origine hydrique.

Il convient de souligner que le budget de l’eau potable et celui de l’assainissement représente respectivement 2, 22 % et 0, 22 % du budget d’Etat.

Le problème de l’assainissement n’est pas une question qui concerne les seuls centres ruraux qui pour des raisons culturelles ou agricoles, utilisent les ordures ménagères dans les champs- il concerne aussi les centres urbains.
De Kayes à Kidal, le problème se pose avec acuité.

La ville de Bamako en est une illustration éloquente.
Capitale du Mali, la ville comptait en 2006, 1 690 471 habitants. Son rythme de croissance urbaine est actuellement le plus élevé d’Afrique et le sixième au monde. Pourtant Bamako, ne dispose ni station de traitement des eaux usées ni station d’épurations des eaux pluviales.

Un Schéma directeur et un programme de drainage des eaux pluviales et d’assainissement des eaux usées n’a jamais été élaboré. Les réseaux d’égouts, qui sont environ au nombre d’une dizaine, versent dans le fleuve Niger, sans être traitées.

Afin de combler ce retard, les autorités du Mali ont confié à Kittelberger, un bureau de consultant, de réaliser le Schéma directeur et le programme de drainage des eaux pluviales et d’assainissement des eaux usées du district de Bamako.
Ce groupement de Consultant a fait passer la première phase de ce projet sous le crible de la pensée critique des autorités politiques, les organisations de la société civile, les entreprises qui s’occupent de la question de l’eau, hier mardi 4 décembre, à l’hôtel Nord-Sud, lors d’un atelier.

Le Chef de Mission, Johann Pichler-Stainern, s’est chargé personnellement de d’exposer le travail réalisé par son équipe. L’étude comprend trois phases sanctionnées chacune par le dépôt d’un rapport devant être validé.

La première concerne la conception d’un nouveau schéma directeur d’assainissement des eaux usées et de drainage des eaux pluviales du District de Bamako pour l’horizon 2017.

La seconde phase portera sur les avant-projets sommaires et l’étude de faisabilité d’un programme prioritaire d’assainissement à l’horizon 2010.

Enfin, la troisième phase aura trait à l’élaboration des avant-projets détaillés et des dossiers d’appel d’offres du programme prioritaire.

Relativement à la première phase du Schéma directeur pour l’horizon 2017 et le programme prioritaire d’investissement pour l’horizon 2010, l’orateur s’est appesanti sur la collecte et l’analyse des données. Ici, il a souligné les atouts du sous secteur de l’assainissement. Il s’agit, entre autres, de l’élaboration de la politique sectorielle de l’assainissement et des textes légaux en avance par rapport aux institutions, de l’application du principe du pollueur-payeur.

Comme contraintes dans le même secteur, Johann Pichler-Staiern de citer le manque de certains textes légaux, la multiplication d’intervenants et l’insuffisance d’entretien et d’existence des infrastructures.

« Pour que Bamako soit largement assaini d’ici à l’horizon 2017, il faut qu’on fasse un kilomètre de réseau chaque jour. Il faut construire deux stations d’épuration à l’extérieur de la ville sur une superficie de 260 ha » a déclaré Johann Pichler-Staiern.

A rappeler qu’en prélude à cet exposé, Moulaye Farota, Conseiller technique au ministère de l’Environnement, a présidé la cérémonie d’ouverture.
Dans son allocution, M. Farota a déclaré que cet atelier doit aboutir à la conception d’un schéma adéquat d’assainissement à l’horizon 2017 après comparaison des différents scénarii réalistes envisageable. « Ce Schéma, qui doit répondre aux besoins d’évacuation des eaux pluviales et des eaux usées pour les dix années à venir, doit prendre en compte les différents facteurs essentiels pour la pérennité du système d’assainissement prévu » a-t-il laissé entendre.

Abdoul Karim KONE

05 Décembre 2007.