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Cette baisse, elle-même consécutive à la diminution du prix du baril de pétrole brute sur le marché mondial, a permis à l’Etat de rétablir la marge de gain des opérateurs pétroliers, de faire bénéficier cette situation aux consommateurs et de rétablir partiellement la fiscalité sur l’importation de ces produits.

Sur la base des prix fournisseurs de novembre 2008, le gouvernement a publié un communiqué annonçant de nouveaux prix indicatifs plafonds à la pompe des produits pétroliers. Ces prix ont été fixés comme suit et applicables à compter du 18 novembre 2008 à minuit (c’est-à-dire mercredi 19 novembre à partir de zéro heure). Ainsi, le supercarburant sans plomb est passé de 695 à 680 FCFA.

Les autres produits pétroliers ont connu une baisse de 10 FCFA sur le litre. Le gas-oil est passé de 585 à 575 FCFA le litre de même que le distillat diesel oil (DDO). Le fuel-oil est désormais à 385 FCFA/litre, le pétrole lampant à 480 FCFA/litre. Quant au gaz butane, le kilogramme est cédé à 823 FCFA. Le prix du jet A1 est libre.

Il faut noter que le prix subventionné du kilogramme de gaz butane est de 320 FCFA. Par conséquent, le prix de vente de la bouteille de 2,75 kilogramme est de 880 FCFA et celui de la bouteille de 6 kilogramme est de 1 920 FCFA.

Pour donner plus d’informations sur ces nouveaux prix et porter davantage l’information auprès du grand public, la Directrice générale de l’Office national des produits pétroliers (ONAP) Mme Tapo Touga Nadio a rencontré, hier les journalistes.

D’entrée de jeu, La Directrice générale dira que ces nouveaux prix, entrés en vigueur depuis le mardi soir, n’ont pu être respectés à la lettre le lendemain, l’information ayant été diffusée tardivement, à cause de la retransmission du match amical Mali-Algérie. Mais depuis le mercredi après-midi, elle est effective dans de nombreuses stations, comme a pu le constater une mission de l’ONAP qui a sillonné certaines stations de la capitale.

la Directrice générale a précisé que la diminution des prix n’est pas proportionnelle à la baisse du cours du pétrole brute sur le marché mondial. Mais, elle est faite sur la base de l’examen d’une moyenne mensuelle des prix.

En effet, les prix du baril sur le marché mondial évolues à un rythme souvent très rapide qu’on ne peut pas immédiatement répercuter sur les prix à la pompe.

De ce fait, le gouvernement a donc opté pour la mise en place d’une Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers regroupant les représentants de l’Etat, des consommateurs et des importateurs des produits pétroliers.

Dans la fixation des prix indicatifs plafonds à la pompe, cette commission doit prendre en compte trois contraintes. Il s’agit de tenir compte du pouvoir d’achat des consommateurs, de la marge des importateurs et des recettes fiscales que l’Etat tire des importations.

 » L’Etat se prête a beaucoup d’exercice pour concilier ces intérêts souvent opposés  » a -t-elle expliqué. Chaque fois qu’il y a une hausse des prix, ces trois parties supportent les conséquences. Cette fois-ci, comme il s’agit d’une baisse, elle va évidemment leur profiter.

Ainsi, Mme Tapo Touga Nadio de laisser entendre que la baisse a permis de rétablir la marge de gain des importateurs pétroliers, de faire profiter aux consommateurs et à l’Etat de rétablir partiellement la fiscalité.

C’est-à-dire que l’Etat consent toujours un effort financier pour maintenir les prix au niveau actuel. L’incidence sur les recettes publiques a de même diminué et est actuellement autour de 750 millions de FCFA de manque à gagner par semaine.

Le rétablissement de la marge des opérateurs pétroliers doit renforcer ceux-ci à mieux œuvrer pour l’approvisionnement correct du pays. Dans un contexte de crise économique généralisée avec la cherté de la vie, cette baisse sera certainement un bouffée d’oxygène pour les consommateurs maliens qui continuent d’acheter les produits pétroliers à un prix moins cher par rapport à d’autres pays de la sous-région.

Youssouf CAMARA

L’Indépendant du 21 Novembre 2008