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A cause de la prime de logement des enseignants, les résultats du baccalauréat et des instituts de formation de maîtres (IFM) tardent à tomber. Ce qui fait que les autorités sont sur le point de publier les résultats du bac sans prendre en compte les moyennes annuelles. Une situation inédite au Mali.

Les candidats au diplôme d’études fondamentales (DEF) et leurs parents ont poussé un soupir de soulagement le week-end dernier. Admis ou pas, chacun s’est réjouit d’avoir finalement connu son sort et de savoir à quoi s’en tenir désormais.

En attendant, le bout du tunnel tarde à se présenter pour les résultats du baccalauréat et des instituts de formation de maîtres (IFM), car les syndicalistes et les négociateurs du gouvernement ne sont toujours pas parvenus à un consensus. Chacun reste figé sur ses positions au point d’hypothéquer l’avenir d’innocents enfants et jeunes. De sources bien informées, c’est la prime de logement qui bloque les deux parties.

Et les enseignants sont vraiment décidés à obtenir gain de cause ou à ne pas délibérer sur les moyennes de classe. Or, les autorités maliennes craindraient d’accorder une prime de logement aux enseignants au risque de voir les autres catégories socioprofessionnelles en réclamer.

Ayant, semble-t-il, atteint leurs limites à ce stade des négociations, les autorités seraient sur le point de publier les résultats sans les moyennes annuelles. Ce qui serait synonyme de non satisfaction des doléances des enseignants, qui ont d’ores et déjà fait savoir leur volonté de menacer la prochaine année scolaire si de telles choses se produisaient.

Inquiétude et amertume

Les élèves du secondaire sont aujourd’hui partagés entre inquiétude et amertume. Inquiétude parce que ceux des classes de 10e et de 11e, en plus des candidats au bac, ne connaissent pas leur sort à l’issue de l’année scolaire 2006-2007.

Amertume car nombreux parmi eux voient, impuissamment, leur avenir de plus en plus compromis, comme ce bachelier au lycée technique de Bamako.

En effet, il sollicite une inscription dans une école d’informatique en France, qui lui a demandé de lui fournir, dans un bref délai, une copie légalisée de son attestation de réussite et de son relevé de notes du bac joints aux bulletins de notes de l’année scolaire écoulée. Hélas, il n’a aucune des pièces demandées et la date butoir est presque arrivée. « Je n’avais jamais imaginé que ma demande d’inscription pouvait être bloquée par de telles pièces et mon avenir ainsi hypothéqué », s’offusque-t-il.

Ce que des candidats, visiblement perturbés, n’arrivent pas à comprendre, c’est la récente convocation par le ministère de l’Education nationale de certains de leurs camarades du secondaire pour le concours d’excellence. « Sur quelle base ont-ils été sélectionnés, étant donné qu’aucune moyenne n’a été publiée ? », s’interrogent de nombreux élèves.

D’habitude, de tels concours ont lieu après la publication des résultats du baccalauréat, dont les meilleurs sont autorisés à y participer.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

17 juillet 2007.