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Une surveillante du baccalauréat malien a été agressée par des candidats, le dernier jour des épreuves parce qu’elle faisait bien son travail, en empêchant toutes sortes de tricheries. Celles-ci se faisaient notamment par le biais de téléphones portables et le jet des brouillons à travers la fenêtre. Chose qui n’a pas plu aux candidats et à certains surveillants.

La dame en question, Mme T S est âgée de 30 ans, elle surveillait le centre de Lafia de Kalaban-coro Adeken. Dans toutes les salles que Mme T S a surveillées, elle a jugé nécessaire de faire bien son travail. Chaque matin des conseils sont prodigués par le chef de centre avant de rentrer en salle. Ce dernier qui a surpris certains élèves dans des salles en train de communiquer par téléphone en présence des surveillants, a ordonné la fouille de tous les candidats lors de chaque épreuve. Il a indiqué à ces derniers qu’ils seraient sanctionnés si jamais il surprend encore d’autres cas de vol. C’est ainsi que la dame T S a pris ses responsabilités en empêchant les élèves à copier et à communiquer.

Chose qui n’a pas plu aux candidats et à certains surveillants du centre trop laxistes. Dans ce cadre, il faut rappeler que la plupart des surveillants se font des sous en murmurant à l’oreille des élèves même s’ils n’ont pas la connaissance de la matière. Ces candidats, aigris contre une dame dont le seul tort était d’avoir voulu faire correctement son travail, ont conspiré pour lui faire du mal. C’est ainsi qu’à l’issue des épreuves, le vendredi 13 juin, ils se sont regroupés dans un coin afin de l’agresser.

Il faut signaler que T S a été avertie par un de ses collègues surveillant, lors du dernier jour de l’examen, que les élèves étaient décidés à lui faire du mal. Sans tarder, elle a pris la peine d’aller informer le chef du centre qui a aussitôt rendu compte aux policiers pour qu’ils interviennent.

Chose qui signifie que tout le monde était pratiquement au courant qu’elle serait agressée. Le plus surprenant dans cette affaire, c’est qu’après les épreuves aucun surveillant, même le président du centre qui a donné l’ordre de fouiller les élèves n’était aux côtés de la dame. Nous pouvons penser que ces élèves et certains surveillants étaient de mèche dans cette affaire car ils savaient que la surveillante n’était pas accompagnée. Ils l’ont donc attendu à deux carrés de l’école pour lui régler son compte.

Heureusement pour elle, arrivée à la première plaque du quartier de Guarantiguibougou, un jeune homme l’a aidé à faire rentrer sa moto dans son domicile avant que ces élèves ne lui fassent du mal. Devant le portail, ce jeune homme et la dame ont entendu toutes sortes d’injures de la part des élèves. Mme T S ne veut pas de sanctions ni autre procédure disciplinaire, elle demande tout simplement d’assurer la sécurité des surveillants par les plus hautes autorités du pays lors des examens.

Korotoumou DOUMBIA

25 Juin 2013