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Tout comme le Def, il y a eu fuite de sujets au baccalauréat 2014, avant le jour J à Bamako et à Kati. Les sujets étaient en vente dans certains endroits tenus par le « réseau des fraudeurs».

Selon le chargé de communication du ministère de l’éducation, Boubacar Diallo, la ministre de l’éducation nationale, Mme Jacqueline Marie Nana Togola, ayant pris l’ampleur du mal, la veille des épreuves du BAC, a suspendu le Directeur du centre national des examens et des concours (Cnec), et constituer une équipe restreinte de son cabinet au tour d’elle à la dernière minute, pour changer les sujets de Bamako et de Kati. Ce qui a provoqué un retard dans le démarrage des épreuves. Au lieu de 8h, elles ont débuté dans certains centres à 11h et dans d’autres à 11h passées.

En plus de l’équipe restreinte du cabinet avec laquelle elle choisi, saisi, multiplie et enveloppe les sujets, ajoute Boubacar Diallo, le ministre a appelé tous les inspecteurs, pour les mettre en garde par rapport à une éventuelle fuite des sujets à leur niveau. «Nous pouvons affirmer que la fuite a été circonscrite par le ministre. Et nous pensons qu’il n’y aura pas de fuite au bac», rassure Diallo.

Avec la fuite massive des sujets, la ministre a estimé qu’elle a été trahie, que les gens ont saboté les choses. D’où la suspension du directeur du Cnec et son équipe. Une équipe dans laquelle le directeur du Cnec a fait intégrer des gens soupçonnés d’être à la base des fuites que la ministre avait relevé quand elle est arrivée. Ce qui explique la fuite des sujets, explique Boubacar Diallo.

Selon lui, il y a un groupe de personnes qui vivent de ça et qui en font un commerce. C’est une chaine composée d’éléments du département de l’éducation, de promoteurs d’école, des chefs des centres, des surveillants et des forces de sécurité. Rappelons que pour le bac 2014, ils sont 125.567 postulants. Par rapport à cette situation, la ministre a donné des explications à la commission éducation de l’Assemblée nationale.

Celle-ci l’a assuré de son soutient pour lutter contre la fraude aux examens. Le ministre et son équipe restreinte veilleront-t-ils au grain jusqu’à la fin des épreuves du Bac, enfin d’empêcher le «réseau des fraudeurs» à mettre encore en mal notre système éducatif? Une enquête selon Diallo est en cours pour déterminer la source des fuites. Et tous ceux qui seront dans le coup, a-t-il dit, répondront de leurs actes. Si c’est une école privée, son agrément lui sera retirée.

Hadama B. Fofana

11 Juin 2014