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De son vrai nom Fatoumata Koné est originaire de Ségou. Appelée Sirani par les intimes, Babani Koné fait parti des artistes du Mali qui ont aujourd’hui le vent en poupe. Présente sur toutes les grandes manifestations culturelles du pays, Sirani a de l’expérience à revendre. Qui est Babani Koné? Quel est son parcours et ses projets immédiats?

Vers la fin des années 60, la famille de Salif Koné, opérateur économique à Ségou et de Mariam Kouyaté, a eu le plaisir de s’agrandir avec la naissance d’une fillette. A cette époque, personne ne pouvait s’imaginer que cette petite pleine d’énergie allait se faire une place sur la scène musicale malienne. Et aujourd’hui, nombreux sont les habitants de la cité des balzans qui pense que le fait d’avoir grandi auprès de sa grand-mère a été déterminant dans la destinée de Babani Koné. Au Mali, la pratique existe depuis des temps immémoriaux.

Des enfants sont souvent confiés à leurs grands parents pour leur éducation. Et Babani eu la chance de bénéficier de cette pratique culturelle. Très tôt, Babani fut confiée à sa grand-mère Awa Koné. Célèbre griotte de la capitale de l’empire Bamabara de Ségou et environs, la vieille Awa Koné était de toutes les manifestations. Elle était conviée pour l’animation des baptêmes et des mariages. Soucieuse de s’assurer une rélève digne de ce nom, Awa Koné utilisa la méthode traditionnelle de formation sur le tas. Elle ne ratait aucune occasion pour se faire accompagner par sa petite fille qui ne tarda pas à la convaincre qu’elle avait assimilé toutes les léçons reçues pendant les nombreuses manifestions. Très jeunes Babani avait beaucoup appris de sa grand-mère pour se faire découvrir par les responsables de la jeunesse de son quartier.

Pratiquement comme la plupart des grands artistes de ce pays, elle a débuté par des chants lors des compétitions inter quartiers ou inter écoles. Elle intégra le mouvement pionnier. Et ce fut l’occasion pour elle de se faire remarquer et d’extérioriser ses capacités et dons. En 1984, la biennale artistique, culturelle et sportive, donna l’occasion à Babani de donner un signal fort. Elle fut découverte par le public malien. Déjà, les observateurs avertis avaient commencé à parier sur son talent. Et à l’instar de sa grand-mère, Babani est devenue la coqueluche des jeunes filles dans la cité des Balazans.

Aucun mariage et aucun baptême n’était fait sans l’animation de Babani Koné. Leader de sa génération, avec « les étoiles du Mali », Babani enregistre « Sanou djala » son premier album sorti en 1996 et deux ans après, elle met sur le marché, en 1998, « Barika Marie Louise », un hommage à l’épouse de Babani Cissoko de Dabia. Album de belle facture, « Barika Marie Louise » propulse Babani au devant de la scène nationale et internationale. « Barika Marie Louise » est une œuvre exceptionnelle où Sirani a réussi le parfait métissage entre les sonorités traditionnelles mandingues et bamana et les rythmiques modernes.

Mais, auparavant son talent l’a conduit en 1983 à participer au festival Etoiles d’Afrique à Abidjan et en 1989 au festival de Dranouter-Gang en Belgique avec Toumani Diabaté, le roi de la Kora. En 1999, elle fait une participation remarquée au festival « Africolor » en France. Mais, en 2000, la sortie de son troisième album « Djeliya », lui confère pour de bon le titre honorifique de reine du « Sumu ». En 2004, pour saluer le talent de l’artiste malienne, le festival World Culture Open de Séoul en Corée du Sud l’a primé en 2004. En 2006, son album « Yelema » ou le changement est une véritable consécration de l’artiste. Expression d’une véritable mutation musicale, Babani, dans cet album démontre que son talent multidimensionel peut l’amener à sortir des « Sumu » pour proposer autre chose à ses fans. Et « Yelema » a été apprécié à sa juste valeur par ses nombreux fans. La sorie de cet album qui lui a donné une autre dimension, lui a ouvert de nouveaux horizons. En 2006, elle est invitée au festival « les dangereuses-the Asian Music circuit » en Grande Bretagne.

Engagée dans la lutte contre le Vih/Sida, la pandemie du siècle, Babani a mis sur le marché discographique un album intitulé SIDA. Très acoustique cet album est très danssant.

En plus de la lutte contre le Sida, Babani a décidé de mettre son talent au service de la scolarisation des enfants et s’engager dans la protection des enfants en difficultés. Dans ce cadre, en Juillet 2007, elle est devenue la marraine de l’école Excellence de Sogoniko zone commerciale.


Assane Koné

22 novembre 2007.