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Longtemps paralysé à cause d’un long feuilleton judiciaire né à la suite du renouvellement de ses membres, le Conseil malien des chargeurs (CMC) commence à retrouver son unité perdue. Sous la houlette de son nouveau président, Ousmane Babalaye Daou, il tiendra à partir d’aujourd’hui la 3è session ordinaire de son assemblée consulaire. Une occasion pour tous les chargeurs venus des quatre coins du pays de se retrouver.

Fort du soutien indéfectible de ses pairs, le nouveau président s’engage à placer son mandat sous le signe de renouveau. Dans cette interview, le président des chargeurs trace les contours de son programme ambitieux et fait des révélations sur l’initiative riz du Premier ministre Modibo Sidibé.


Le Républicain : Aujourd’hui, tous les chargeurs maliens se retrouveront en Conseil pour la 3e session ordinaire. Quels sont les enjeux de cette rencontre ?

Babalaye Daou : C’est redonner confiance aux chargeurs, leur redonner la place qui est la leur. Les ambitions légitimes que notre pays doit avoir aujourd’hui, c’est de partir d’un pays enclavé pour en faire absolument une situation privilégiée.

On sait que lors des élections consulaires, le Conseil Malien des Chargeurs a connu beaucoup d’épreuves et vous avez passé plusieurs mois devant les tribunaux.

Aujourd’hui après la confirmation de votre victoire, vous prétendez placer votre mandat sous le signe du renouveau. Qu’entendez-vous par renouveau ?

Le renouveau, c’est d’abord dans notre démarche, dans notre façon de gérer, dans notre façon de percevoir les problèmes qui se posent aux chargeurs, de percevoir notre mission, et aussi dans l’approche que nous voulons au niveau de tous les chargeurs. Parce que nous pensons qu’une bataille s’est faite, mais elle est finie, elle est derrière nous. Maintenant, les chargeurs, doivent se donner la main pour qu’on réussisse le combat réel.

Le seul qui mérite d’être vécu, c’est celui de sortir le pays d’une situation difficile, d’une situation de pays enclavé. Parce qu’habituellement ce sont les pays qui ont les ports, qui ont la mer qui sont privilégiés. Mais aujourd’hui grâce à ce qui est fait par nos autorités, grâce aux routes qui sont construites, le Mali est dans une situation particulière, j’allais dire privilégiée.


Vous prônez l’unité entre tous les chargeurs aujourd’hui. C’est un appel de cœur ?

Un appel de cœur de toutes mes forces. Et je le dirais, il faut absolument que tous les chargeurs se donnent la main. Les élections sont passées, c’est fini. Aujourd’hui, le seul combat qui vaut c’est ce que nous pouvons faire dans l’intérêt bien compris de tous les chargeurs du Mali.

Dans la gestion proprement dite de votre mandat, certains de vos prédécesseurs ont eu des difficultés au niveau de la gestion des entrepôts. Quelle stratégie auriez-vous pour éviter des blocages au niveau ces entrepôts ?

Nos autorités, je veux parler du ministre en charge du département, le ministre Hamed Diané Séméga, nous a accompagné à tout point de vue dans notre mission.

Il nous l’a dit à maintes reprises, il l’a confirmé, il l’a consigné. Donc je suis, je ne dirais pas un président heureux, mais un président bien compris des autorités. Donc en ce qui concerne les ports, c’est une question d’étape. Nous allons ensemble les vivre, nous allons ensemble les concrétiser. Mais certainement dans l’intérêt bien compris des Maliens et des chargeurs.

Vous allez vous rencontrer aujourd’hui autour de certains thèmes qui constitueront certainement des temps forts. Peut-on connaître ces thèmes?

Les temps forts, c’est évidemment pour la première fois qu’on va présenter un budget aux chargeurs. Nous allons donner l’occasion à tous les chargeurs de comprendre qu’est-ce que c’est que ce budget ; d’où est-ce qu’on le tire ; quels sont les éléments de réflexion ; quelles sont nos ambitions et quels sont les moyens dont nous avons besoin pour justement conclure tout cela.

Donc nous avons à échanger sur le budget, sur les textes et les règlements intérieurs du Conseil malien des chargeurs qui, à bien des points, a des lacunes.

Nous allons ensemble les étudier et faire part de nos observations aux autorités. Nous allons parler des commissions techniques à mettre en place. Parce que qui parle de bureau du Conseil malien des chargeurs parle surtout du rôle, de la fonction des commissions techniques que nous allons mettre en place.

Ce sont elles qui doivent réfléchir et trouver matière à travail pour le bureau du Conseil malien des chargeurs. Donc cette mise en place aussi doit être faite. Et ce sont des sujets que nous allons aborder lors de cette session.

C’est là un peu une rupture dans la gestion du Conseil malien des chargeurs. Puisque depuis sa création jusqu’au jour d’aujourd’hui, le Conseil malien des chargeurs a été identifié à une seule personne, à savoir votre prédécesseur.


Aujourd’hui vu ce cadre très fonctionnel, l’engouement autour de ces travaux, est-ce à dire que c’est le style Babalaye en fait, qu’on voit à travers la gestion actuelle ?

Le style Babalaye, je ne sais pas. C’est un style seulement de gestion, de transparence. C’est comme ça que tout le monde comprendra une gestion. Mon prédécesseur, il a certainement fait ce qu’il pouvait faire à la hauteur de sa compréhension et de sa vision. Nous dépasserons cela. Nous rentrons dans une ère nouvelle.

La composition de l’Assemblée elle-même a changé, elle est devenue beaucoup plus perfectionniste, beaucoup plus regardante, beaucoup plus vigilante. Et c’est elle qui va nous aider à travailler. C’est dans ce cadre-là que nous allons travailler. Ce sera effectivement du nouveau et vous allez vous en rendre compte au fil de l’année.

Nous sommes à une période de vie chère où les consommateurs souffrent beaucoup. Comme on le sait, vous êtes le président des chargeurs, c’est-à-dire des importateurs et exportateurs.

Et tout le monde sait que le problème majeur du Mali aujourd’hui, c’est le problème de l’approvisionnement. Vous êtes à la tête de ce Conseil malien des chargeurs. Allez-vous apporter des innovations qui permettront aux consommateurs maliens d’avoir les produits à moindre coût et à temps ?

Depuis que nous avons pris fonctions, vous nous avez vu dans les ports (Abidjan, Dakar, Lomé et autres) pour qu’il n’y ait pas de rupture concernant l’opération riz et je crois qu’on peut dire merci aujourd’hui ; merci à nos autorités de nous avoir prêté main-forte ; merci aux autorités portuaires. Nous n’avons pas connu de rupture de riz au Mali.

Et ça je ne dirai pas que c’est grâce au Conseil malien des chargeurs, mais je dirai que le Conseil malien des chargeurs a participé fortement, d’une façon visible à ce que cela soit ainsi. C’est ça la mission du Conseil malien des chargeurs, de faire en sorte que les marchandises reviennent au Mali au moindre coût. Nous allons nous battre. Nous irons partout où il faut, partout pour négocier pour que cela soit une réalité. Et je m’y engage.

Vous avez déclaré dans une interview, je cite : «nous irons partout où l’acheminement des marchandises est moins coûteux».

Quels sont les facteurs qui rendent coûteux l’acheminement des marchandises et quelles sont les solutions que vous envisagez pour les contourner ou les résoudre ?

Les causes sont innombrables. Si on se mettait à les citer, depuis le port d’embarquement, ce serait déjà d’avoir bien négocié et faire des économies d’échelle. Il faut arriver à regrouper nos chargeurs pour que nous puissions justement faire des économies d’échelle. C’est quelque chose de faisable. Je m’y emploierai et je pense que les chargeurs le comprendront. Après ça il y a les frais inhérents à chaque port. C’est à négocier.

Chaque pays doit aller défendre âprement cela. Nous allons le faire tant au niveau des transitaires, qu’au niveau des magasinages et sur les corridors. Tout cela entre en ligne de compte et nous allons nous battre sur chacun de ces secteurs-là pour que la marchandise revienne le moins cher possible.

Est-ce à dire que le regroupement des chargeurs et les négociations figurent parmi les priorités de votre mandat ?

Non seulement ils figurent, mais c’est même la mission du Conseil Malien des chargeurs.

Propos recueillis par

Birama Fall

Boukary Daou

03 Juillet 2008