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La B.I.M-SA née des cendres de la BIAO- Mali serait-elle sur les braises suite à son rachat par les marocains ? On serait tenté de répondre par l’affirmative lorsque les faits frôlent le banditisme financier. La BIAO a été volontairement liquidée par la banque du boulevard des italiens en 1989.

Le réseau BIAO a en effet été repris dès Mars 1991 par la Méridien B.I.A.O-SA, créée pour l’occasion par l’homme d’affaire Gréco – zambien Andrew Sardinis propriétaire entre autres de Méridien International Bank Limited (MIBL), établis dans le paradis fiscal des Bahamas.

Sardinis qui n’avait pas de projet bancaire pour l’Afrique voulait tout simplement faire un coup : racheter le groupe à vil prix avec l’appui des Etats et des institutions multilatérales régionales, la BAD et la BOAD notamment et la revendre avec plus value le prix de cession de quelques millions de dollars n’a jamais été rendu public. L’homme d’affaire qui n’avait pas les moyens de ses ambitions. La MIBL étant elle-même lourdement endettée ne réalisera pas son dessein.

Le 24 Mai 1995, la haute cour des Bahamas l’a déclarée en faillite suite à une plainte de la Méridien BIAO Suaziland qui réclamait à la BIML 7,3 millions de dollars de placement et de crédits. Le holding insolvable est mis en liquidation. La disparition de MIBL, et donc de la Méridien BIAO-SA qui contrôlait tout de même huit (8) banques en zone franc relance de plus belle la cession de la BIM-SA.

On sait que l’ex-BIAO- Mali appartenait aux actionnaires maliens depuis sa création 1980 jusqu’au changement de nom de BIM-SA. a sa cession aux marocains à la somme de 40 milliards de F CFA. Là où les choses se compliquent, c’est la vente de la BIM-SA par l’Etat malien qui ne détenait pas un seul Kopek dans les caisses.

Aujourd’hui, c’est la Belgolaise qui a repris les filiales BIAO en RDC au Burundi, au Rwanda, au Niger, au Togo, en Centrafrique et en côte d’Ivoire.

Rappelons que la BIAO Sénégal a échappé à Andrew Sardinis et a été transformée en banque d’Etat dès 1990. Elle a été rachetée par le groupe Mimran et rebaptisée compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO).
Quant à la BIM-SA, elle a été achetée par l’Etat par séquestration à un franc symbolique. Toute chose qui a soulevé la colère des actionnaires qui ont mis sur place une association afin de défendre leur droit. Encore des étincelles dans l’air. Pourtant notre pays regorge de banquiers chevronnés de meilleurs banquiers de l’année, d’un ministre des finances néolibéral.

Brin COULIBALY

15 Décembre 2008