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Conduite par M Ahmed Sidi Baba, Président du Conseil Economique et Social qu’accompagne M. Ba Boubacar Moussa , ancien ministre et Premier vice président de l’Union des Forces du Progrès, ladite délégation est arrivée hier après – midi à Bamako.

Il est à rappeler que des missions de même nature du FNDD ont parcouru le continent où elles ont été reçues par le tout nouveau président d’Afrique du Sud Kgalema Motlanthé ainsi que le président Abdoulaye Wade du Sénégal. Elles se sont en outre rendues en Côte d’Ivoire,au Ghana et hors d’Afrique , dans les pays de l’Union Européenne.

Le Républicain : quelles sont les raisons de votre présence à Bamako ?

Ahmed Sidi Baba : Je suis au Mali pour transmettre au peuple Malien , au gouvernement du Mali ainsi qu’aux partis politiques le point de vue du Front National pour la Défense de la Démocratie et le besoin que nous ressentons de leur soutien dans l’épreuve que traverse aujourd’hui la Mauritanie.

En réalité c’est une épreuve que vit l’Afrique en cela que la Mauritanie est devenue un laboratoire de la démocratie africaine.

Qui sont les acteurs de ce putsh ?

Ahmed Sidi Baba : Le coup de force et l’accaparement du pouvoir par la force, en cours dans notre pays , contre un régime démocratiquement élu sont le fait de ceux-là mêmes qui ont organisé la transition démocratique 2005-2007. Ils avaient signé des engagements précis pour défendre les acquis de cette transition notamment le retour des militaires dans les casernes et leur non immixtion dans le débat politique. Ce qui arrive donc aujourd’hui est inadmissible.

Nous voulons attirer l’attention de l’opinion malienne et au-delà, celle internationale, sur la nécessité de mettre en échec ce coup d’Etat parce qu’il y va de l’intérêt de la Mauritanie et de l’Afrique entière.

Quelles leçon tirez-vous de ce coup d’état ?

Ahmed Sidi Baba : Nous sommes en 2008 et non en 1970. L’Afrique entre temps a signé de nombreux accords , ceux de Cotonou , d’Alger, de Bamako , de Lomé, la charte de l’Union Africaine , celle des Nations Unies qui s’insurgent tous contre la prise et l’accaparement du pouvoir par la force.

Si aujourd’hui l’opinion mondiale et particulièrement celle de l’Afrique ne se dresse pas contre un tel recul et une telle violation de la démocratie pour démontrer que ce temps est révolu, qu’on ne peut plus réaliser un coup d’Etat et en sortir indemne, alors ce ne sera pas seulement la Mauritanie qui est condamnée à subir ce coup d’Etat mais c’est l’Afrique et le monde entier qui continueront de voir vider de leurs sens toutes les décisions et toutes les conventions qui auront été signées.

Le temps est passé de cautionner par le silence et par la passivité les coups de force.


Propos recueillis par S.El Moctar Kounta

30 Octobre 2008