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Au moment où les autorités sont préoccupées par la crise du Nord, où les rebelles sèment la terreur, une autre forme de grand banditisme refait surface sur nos routes.
Après l’attaque perpétrée par des bandits sur l’axe Kita Bamako au début du mois de mai quand sept véhicules ont été arrêtés de force et dont les passagers ont été dépouillés de leurs biens, c’est sur la route Bamako-Conakry, précisément sur le tronçon Sébeninkoro-Kanadjiguila que des coupeurs de route ont élu domicile.

Là-bas, ils n’hésitent pas à tirer à bout portant sur de paisibles citoyens.

Le dimanche 25 mai 2008, entre 19 h et 20 h, Oumar Sangaré dit Barou, âgé de 49 ans, teint clair, pétillant de santé, technicien supérieur du génie rural et faisant office de surveillant de la construction de ponts sur la route Bamako-Conakry a été sauvagement tué par des bandits armés.

Ce dimanche, Barou a quitté ses parents à Markala pour rejoindre son poste à Narena sur une moto de marque Yamaha YBR 125 de couleur rouge. Comme les travaux de la route battent leur plein présentement, au niveau de Kanadjiguila, une déviation est ouverte sur Samanko-II.

C’est sur ce tronçon qui passe dans une forêt touffue que les bandits opèrent. Tapis dans l’obscurité, ils se servent des cordes pour faire tomber des motocyclistes qui viennent à passer pour s’enfuir avec leurs engins.

Barou qui ne se doutait de rien et qui n’avait qu’un seul objectif, celui de rejoindre son poste pour ne pas être en retard le lundi sur le chantier, est malheureusement tombé dans le piège.

Après l’avoir déstabilisé à l’aide de la corde, les assaillants, qui ne s’attendaient pas à une farouche résistance, car il était gros et fort, ont certainement été obligés d’user de leurs armes. Son corps a été retrouvé, criblé de balles et son œil crevé. Ils ont pris la clé des champs avec sa moto.

Les éléments de la Brigade territoriale de Bamako ont ouvert une enquête. Mais, d’après de nombreux témoignages, cette attaque n’est pas la première du genre sur cette route qui devient de plus en plus dangereuse pour les personnes et leurs biens.

Quelques jours avant l’assassinat de Barou, deux autres personnes ont été retrouvées mortes sur le même tronçon et leur moto Djakarta enlevée. Un autre motocycliste a échappé grâce à l’agilité de ses jambes en leur laissant sa moto.

Ces actes interpellent les autorités qui doivent prendre des mesures urgentes pour faire face à cette forme d’agression. Aussi les populations doivent-elles coopérer en dénonçant les suspects aux forces de l’ordre.
En attendant c’est dans la désolation que les obsèques de Barou ont eu lieu dans son Markala natal le mardi dernier.


Idrissa Sako

02 Juin 2008