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Au Mali, les routes se construisent et se dégradent aussitôt. Les structures techniques budgétivores comme l’Agéroute et l’Autorité routière n’existent que de nom. La dégradation de la route qui va de l’autogare de Sogoniko à Ecovie en passant devant la Brigade territoriale de gendarmerie de Faladié en est une parfaite illustration.

La route goudronnée qui va de la Gare routière de Sogoniko à Ecovie passant devant la Brigade territoriale de gendarmerie de Faladié en Commune VI est dans un état de dégradation avancée. Pour circuler, les usagers de cette voie choissent leurs trous. Non seulement elle est parsemée de nids de poules, mais elle comporte de nombreux trous béants qui peuvent provoquer des accidents et endommager les suspensions des véhicules.

Ce tronçon est pourtant une rue passante. Elle est la principale voie qui mène à des infrastructures hôtelières comme Komoguel (où le président de la République fête tous les ans la Saint Sylvestre), à Bittar Impression, propriété du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) et à Toguna, une industrie de production d’engrais qui brasse des milliards pour avoir notamment empoché des milliards de F CFA dans « l’Initiative riz » du Premier ministre Modibo Sidibé). Il est un passage obligé pour des habitants de Magnambougou, Sokorodji et surtout du quartier résidentiel de Banankabougou-Séma.

C’est dans le cadre du grand chantier de la Can-2002 que cette route avait été bitumée et pourvue en éclairage public. Elle faisait la fierté de ces usagers et reste encore un raccourci pour de nombreuses compagnies de transport interurbain.

A cause des eaux de ruissellement, des caniveaux bouchés et surtout du mauvais entretien, cette voie se dégrade après chaque hivernage. Les services techniques du ministère de l’Equipement et des Transports procèdent au colmatage en bouchant simplement les trous. Le week-end dernier, un riverain, excédé par l’indifférence des pouvoirs publics, a pris le problème à bras-le-corps en payant de sa poche un voyage de briques de chantier concassées pour boucher des nids-de-poule.

Les autorités en charge de l’entretien courant des routes ne sont pas plus coupables que la brochette d’hommes d’affaires dont les entreprises jalonnent le parcours. Jeamille Bittar, le président de la CCIM, pouvait donner le bon exemple parce qu’il a non seulement ses bureaux situés à ce niveau et ses bus au départ comme à l’arrivée de voyage, empruntent quotidiennement ce chemin.

L’homme qui a des ambitions politiques, il dit à ses confidents que la CCIM est comme un Etat qu’il peut digérer (sic), a les moyens pour avoir gagné au titre de l’année 2008-2009 le marché de livres scolaires de l’Etat pour près de 3 milliards de F CFA.

Il dédaigne apparemment l’exemple de l’opérateur économique Mandiou Sympara qui s’est illustré en Commune I. Il a fait paver toute la rue qui conduit à son domicile à Djélibougou. D’autres particuliers rendent la devanture de leurs maisons ou entreprises agréables, de leur propre gré et dans l’anonymat.

Pourquoi les entreprises situées sur la route de la gendarmerie de Faladié ne feraient-elles pas œuvre salvatrice ? Quelle notion de citoyenneté, d’environnement se font les responsables de ces entreprises ?

L’Autorité routière, à qui l’Etat alloue des dizaines de milliards de F CFA par an pour l’entretien courant des routes et l’Agéroute, qui touche des dizaines de milliards de F CFA par an aux postes de péage, doivent dans tous les cas rendre des comptes.

Abdrahamane Dicko

18 Février 2009