Partager

Dans le cadre de la redynamisation du Mouvement international «Avocats sans Frontières» (ASF), Me François Cantier, président d’Avocats sans Frontières-France a animé une conférence de presse, au siège de l’association, sis à Badalabougou Sema.

Le thème portait sur les objectifs, les résultats et les perspectives de sa mission au Mali. Après le mot de bienvenue du président d’ASF-Mali, Me Hamadi Karembe, François Cantier a fait état de la vocation d’ASF qui est de défendre les citoyens du monde, notamment les plus défavorisés, ceux qui sont poursuivis, accusés et qui se retrouvent seuls, face à leurs juges. Se rappelant des circonstances dans lesquelles l’association a assuré la défense des accusés des victimes du génocide au Rwanda, il a indiqué qu’ils sont parvenus à un taux d’acquittement de 20 %.

Taux qu’il a jugé positif, car, en France ce taux tourne autour d’une moyenne de 3 %. Dans notre pays, des besoins se sont fait sentir sur le plan juridique et ASF, a-t-il assuré, a tenu à défendre les citoyens qui n’ont pas les moyens, dans le cadre d’un partenariat égalitaire entre ASF-France et ASF-Mali.

Il a affirmé : «nous nous intéressons aux citoyens en souffrance, peu importe leurs origines ethnique, nationale et religieuse». ASF, a-t-il soutenu, a élaboré un programme d’éradication de la torture. Il a expliqué les interventions de l’association dans les pays de grande misère humaine», Kosovo, Tchétchénie, Colombie – où ils ont soutenu des avocats menacés de mort- Cambodge…

François Cantier a précisé l’objet de sa visite qui concerne le programme des tours juridiques qui le conduira dans les prisons pour la défense des dossiers sérieux, prodiguer des conseils et aussi, pour la formation. Le Mouvement ASF, a-t-il dit, a besoin d’être fédéré et élargi.

Son développement se fera de concert avec ASF-Mali, a-t-il souligné. Le conférencier a signalé qu’ASF rencontre aussi des difficultés, de véritables dangers dans certains pays et des risques physiques. Souvent, a-t-il fait observer la première barrière se situe au niveau de l’obtention des visas pour entrer dans certains pays dont la Mauritanie.

L’association, a-t-il dit, n’avait pas de moyens, au départ, mais compte tenu de sa capacité à sauver des vies humaines, des bailleurs de fonds ont décidé de les financer.

Parmi ces bailleurs, figurent l’Union européenne, le fonds de coopération étatique, des institutions internationales et les grandes fondations. S’exprimant sur le bilan du projet «Tours juridiques au Mali», à l’issue de la première tournée juridique réalisée courant octobre et novembre à koulikoro, Ségou et Sikasso, Me Hamadi Karembe, président d’ASF-Mali a affirmé : «Concernant les consultations juridiques gratuites pour les détenus, à l’issue de la première tournée, 30 détenus ont été défendus gratuitement par les avocats du projet, 121 détenus ont bénéficié des consultations juridiques gratuites dans les prisons.

30 détenus sur 180 attendus ont été défendus lors des audiences spéciales et 121 sur 300 environ ont bénéficié des consultations juridiques gratuites». Concernant les populations, a-t-il ajouté, 431 personnes ont bénéficié des consultations juridiques gratuites des avocats.

Dans l’ensemble, a dit Me Karembe, 431 sur 540 personnes bénéficiaires attendues au sein de la population ont bénéficié des consultations juridiques gratuites. Il a assuré que dans chaque ville, environ 120 à 140 personnes ont été informées et sensibilisées sur l’accès au droit et à la justice.

Baba Dembélé

20 Avril 2009