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La pauvreté frappe la majeure partie de la population malienne. En zone rurale, elle est plus accrue à cause des faibles revenus des populations et les conditions climatiques difficiles qui ne favorisent plus la pratique de certains types d’élevages.

Le Mali dispose d’importantes potentialités d’élevage de volailles particulièrement de poules et de coqs. Bon nombre de paysans peuvent y tirer de revenus considérables leur permettant d’améliorer leurs conditions de vie. Dans le but de consolider les acquis de sa première phase, le Pasaop a initié en direction des populations la diffusion des poules métis « wassachiè ».

Il s’agit d’une souche créée en station par l’Institut d’économie rurale (IER) suite à des croisements de Rhode Island et de race traditionnelle (kokochiè). La semaine dernière, une délégation du ministère de l’Elevage et de la Pêche était sur le terrain pour s’enquérir de l’état de vulgarisation de cette espèce de volaille, qui augure un avenir certain de l’aviculture dans notre pays.

Le supplément « wassachiè » vise la mise en place des coquelets et des noyaux de multiplication pour une diffusion à large échelle de la race et à améliorer le niveau de productivité de la volaille afin de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire en zone rurale.

Huit unités de multiplication du « wassachiè » sont mises en place dans deux cercles : 5 à Banamba et 3 à Dioïla. Une unité de « wassachiè » compte 13 sujets (1 coq + 11 poules). L’unité est cédée au paysan à un prix subventionné, soit 1000 F CFA le sujet. Ce paysan, au bout d’un an, cède à un autre paysan une unité au même prix.

A Banamba, Mme Awa Keita ne tarit pas d’éloges sur cette race de volaille. Elle parvient à satisfaire ses besoins quotidiens grâce aux ressources générées par l’élevage des poules « wassachiè ». Un « wassachiè » est cédé sur le marché au prix de 4000 voire 5 000 F CFA.

La femelle adulte peut pondre entre 160 à 170 œufs par an d’un poids moyen de 45 g contre 60 à 80 œufs pour les races locales. La croissance des poussins est rapide. Ces derniers atteignent un poids de 1000 g à 1600 g en 6 mois. Ce sont ces performances qui lui ont valu le nom « wassachiè » donné par les utilisateurs des résultats de recherche. Sa diffusion en milieu rural permettra d’améliorer la productivité des races locales par le métissage.

Aux dires des techniciens rencontrés sur le terrain et de bénéficiaires, d’une manière générale, l’évolution des effectifs est croissante surtout au niveau des métis des coquelets. Seule fausse note : le « wassachiè » est mauvais en couveuse. En plus, les unités installées éprouvent certaines difficultés liées au problème d’alimentation. Ainsi, le taux de mortalité reste encore élevé au niveau des effectifs des métis de coqs « wassachiè » tandis qu’il demeure faible au niveau de l’évolution des unités de multiplication.

Le suivi zootechnique régulier des unités est assuré par 6 agents de base des SLPIA. Ce suivi comporte l’enregistrement des paramètres bio-économiques et des productions, le conseil aux éleveurs sur les techniques d’élevage et d’alimentation, la paralysie.

A en croire les techniciens et les paysans bénéficiaires, l’avenir de l’aviculture réside dans la diffusion de cette race de poulet qui s’adapte particulièrement aux zones arides et semi-arides. Et vu son taux d’augmentation qui dépasse 50 %, les Maliens auront bientôt le « wassachiè » dans leurs assiettes.

Denis Koné

22 Décembre 2008