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Il y a un peu plus de trois ans, sur initiative des professionnels maliens et sénégalais, une union des organisations de la filière avicole de l’union économique et monétaire ouest africaine (UOFA/UEMOA) a été mise sur les fonts baptismaux. L’organisation cherche à prescrire un modèle de performance du secteur à la dimension des pays de l’Amérique latine et de l’Asie du Sud Est.

En conclave à Bamako, du 9 au 11 juin 2010, pour ses troisièmes journées techniques avicoles, l’UOFA/UEMOA juge nécessaire une restructuration avancée du secteur conformément à la vision de sa commission technique, un maillon essentiel de l’union. L’objectif est de rendre plus compétitifs les professionnels et la filière elle-même. En juin 2008, les premières journées techniques de l’organisation qui se sont tenues à Abidjan se sont focalisées sur la maîtrise sanitaire, le contrôle et la lutte contre les épizooties aviaires.

Les secondes journées, de juin 2009 à Dakar, ont exprimé les stratégies de valorisation des productions avicoles afin de les rendre accessibles au plus grand nombre de consommateurs dans un contexte de crise économique et alimentaire. La présente rencontre de Bamako se propose de mettre en place un plan d’action et de renforcement des capacités des organisations membres de l’UOFA/UEMOA. Des acteurs des filières avicoles ghanéennes et camerounaises participent à ces assises en tant qu’observateurs.

De l’avis des acteurs, des efforts aussi bien des acteurs de la filière que des autorités sont en cours pour faire du sous secteur un levier important capable d’absorber le chômage.

Pour la présidente de la fédération des intervenants de la filière du Mali, Mme Sanogo Diarrata Traoré, l’activité d’aviculture est sensible et révèle un poids économique important. Pour le président de l’UOFA/UEMOA, Jean Mari Ackan, il est sur que le secteur peut prospérer à l’image de celle des régions de l’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-est.

Avec un effectif de 35 millions de volailles, toutes espèces confondues, et un chiffre d’affaire de 25 milliards de F Cfa, l’aviculture est incontestablement un atout pour la croissance économique et sociale du Mali. Il est de plus en plus perceptible que les activités avicoles s’intensifient dans le pays. Une intensification qui contribue à accroître nos économies et à créer de multiples emplois.

Selon le secrétaire général du ministère de l’élevage et de la pêche, Dr. Mamadou Kané, la filière connaît quelques problèmes récurrents notamment celui de la biosécurité. En vue de favoriser les conditions de modernisation du secteur, le gouvernement a réalisé 19 marchés à volaille, 14 centres d’abattage et 5 chambres froides dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako.

Ces infrastructures, rappelle le secrétaire général, ont été réalisées dans le cadre de la mise en œuvre du projet de développement de l’aviculture au Mali (Pdam) qui a été créé en 1997 avec l’appui financier de la banque arabe de développement en Afrique (Badea). Les organisations de la filière ont bénéficié d’une assistance en équipement à hauteur de 268 239 698 F Cfa.

Seydou Coulibaly

10 Juin 2010.