Partager

Une jeune lycéenne de Koumantou (cercle de Bougouni) accusé d’infanticide a été condamnée ce 04 décembre 2013. Elle aura néanmoins la chance de se présenter à la prochaine session du baccalauréat puisque sa peine de 5 ans de prison est assortie d’un sursis.

La cour d’assises de Bamako a condamné Fatoumata Koné à 5 ans de prison avec sursis. Son tort, c’est d’avoir donner la mort à son bébé le 29 juin 2012 à Koumantou, crime qu’elle a reconnu au cours d’un procès. De l’information judiciaire, il ressort que Fatoumata Koné sentant son accouchement se retira dans la toilette familiale ou elle accoucha sans témoin ni assistance aux environs de 10 heures du matin.

« Après les premiers cris de l’enfant, elle le ramassa et le jeta dans la fosse de la toilette », raconte le parquet dans l’arrêt de renvoi devant la cour d’assises. C’est après son forfait qu’elle informa une de ses tantes expliquant qu’elle « sentait des maux de ventre ». Cette dernière l’accompagna à la maternité et à la fin de la consultation il s’est avéré qu’elle avait déjà accouché. Aussitôt le médecin chef de cet établissement sanitaire informa la gendarmerie de Koumantou qui ordonna de casser la fosse sceptique pour extraire le corps du nouveau né.
A la barre, l’accusé avait tenté de dissimuler sa culpabilité expliquant que « l’enfant est tombé dans les toilettes à [son] insu à l’issue d’un besoin de selle ». N’a-t-elle pas connu de vertige ? Sa réponse est négative puisqu’elle était à la fois atteinte d’une diarrhée. L’enfant était il en vie ? « Il a crié », a-t-elle répondu.

Face à la rigueur des questions du jury, elle avoua finalement avoir « volontairement jeté le bébé dans les toilettes ». Sa raison ? « J’étais furieuse contre le père de l’enfant qui a refusé la paternité », a-t-elle expliqué. Avant d’ajouter : « Quand je suis tombé ainsi enceinte, mon grand frère était frustré par ce qu’il voulait que j’étudie ».

Le procureur dans son réquisitoire a déclaré que la volonté de donner la mort était claire et que tous les ingrédients étaient réunis pour le maintient de Fatoumata Koné dans les liens de la culpabilité. Son avocat de son coté a sollicité de la cour « de larges circonstances atténuantes » compte ténue de « la jeunesse de l’accusée et de l’adversité » qu’elle a eut à faire face en contractant cette grossesse indésirée. « Les enquêtes ont démontré que ma cliente a une bonne réputation dans la société » a soutenu l’avocat. Mlle Koné, elle, dit avoir amèrement regretté son acte.
La fille a 20 ans et fréquente le lycée dans la ville de Koumantou. Le présumé auteur de sa grossesse est un étudiant de la localité résidant à Bamako. Informé la famille de ce jeune garçon a également repoussé la fille, qui a ses deux parents en Cote d’Ivoire. La combinaison de ces circonstances ont amenés la cour d’assises à requérir 5 ans de prison avec sursis contre l’accusé.

Cheick Larab Diarra

04/12/2013