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La situation politique est de plus en plus confuse depuis la fin des élections générales de 2007. Déjà, la veille, on observait deux grandes tendances sur la scène politique: le FDR, qui représentait l’opposition et l’ADP, la mouvance présidentielle.

En réalité, parmi l’opposition, il y avait aussi des anciens partenaires du président de la République qui étaient le RPM, le PARENA et le ténor de l’ASMA, Soumeylou Boubèye Maïga qui était de l’Adéma, l’un des principaux partis qui a soutenu la candidature du président Amadou Toumani Touré pour sa réélection en 2007, donc son second mandat.

Ces entités de l’opposition sont constituées essentiellement d’acteurs politiques qui n’étaient plus d’accord avec le pouvoir ATT, mais chacun d’eux avait sa raison spécifique de s’opposer. En plus, après les assauts tous azimuts contre le pouvoir dont l’objectif était pour l’affaiblir politiquement, voire le déstabiliser, selon le cas, les relations n’ont pas changé à l’endroit du pouvoir ATT.


L’ADEMA ET L’URD occupent le terrain

Mais, en marge de cette situation, certains partis, appartenant à l’ADP : l’URD et l’Adéma, ont commencé à se repositionner pour les perspectives des élections générales de 2012, mais sans pour autant rompre avec le pouvoir ATTdont ils accompagnent en toute loyauté la gestion du pouvoir. Ainsi, il n’y a pas lieu de se plaindre de quoi que ce soit de leur part.

En effet, pendant un bon moment, les deux partis étaient sur cette lancée; toute chose qui a fait dire à certains qu’ils allaient vite en besogne. N’est-ce pas là méconnaître la chose politique? En tout cas, on dit fréquemment que les élections, tout comme les examens, ne se préparent pas en quelques jours et qu’il faille se lever tôt pour pouvoir obtenir ce qu’on veut. L’expérience le confirme.

Dans cette mouvance, ces deux partis, l’Adéma et l’URD, ont enregistré des adhésions de taille pendant un bon moment, quand le RPM, au contraire enregistrait des démissions, choses qui auront conduit à la création successive de trois partis politiques à partir du RPM. C’est pourquoi on se demandait parfois que devenait le RPM.

L’ADEMA et L’URD, le vent en poupe

Le plus important est que les uns et les autres demeurent fidèles à leur soutien de l’action gouvernementale. C’est cela aujourd’hui d’ailleurs la force de l’Adéma et de l’URD, des partis qui sont aujourd’hui les plus courtisés de l’échiquier politique national.

Ils ont l’avantage, en effet, d’avoir des cadres dans le gouvernement, l’opportunité, par conséquent, de sillonner souvent le Mali profond, et de multiplier ainsi les contacts avec les populations à la base.

Toute chose qui leur offre également l’opportunité d’élargir leur base électorale. Cela est sans équivoque et même le PARENA qui avait toujours été de la mouvance présidentielle jusqu’à sa rupture avec le pouvoir à l’issue du scandale dit de la gestion du sommet Afrique -France ne le démentira pas.

En effet, il n’est un secret pour personne que les partis sont en général confrontés à des problèmes de financements qui entravent le plus souvent leur implantation conformément à leur voeu d’implantation sur l’étendue du territoire national. Il est donc logique que les partis qui participent à l’action gouvernementale ont une large marge de manoeuvre, encore qu’ils comptent parmi les mieux implantés également sur l’étendue du territoire national.

Les offensives du RPM sur le terrain

Les ténors du RPM n’ont pas immédiatement suivi les traces de l’Adéma et de l’URD en terme d’occupation du terrain à la rencontre des cadres et militants, mais aussi d’une meilleure implantation du parti avec de nouvelles adhésions. Au moment où se multipliait la création de partis issus du RPM, ses ténors, sur la base de l’instinct de survie, ont repris du service à travers des conférences de cadres et ce, dans plusieurs localités du pays.

La dynamique se poursuit tant bien que mal pour rassurer les cadres et militants que le parti conserve ses ambitions de conquérir le pôuvoir politique. C’est ainsi qu’au moment où il y avait de la confusion dans les esprits sur l’éventualité d’une fusion ADEMA-RPM que le président du parti, Ibrahim Boubacar Kéïta, personnellement, a fait une déclaration, selon laquelle il ne sera pas question que le parti fusionne avec l’Adéma.

Cette déclaration a permis de rassurer plus d’un au RPM quant aux perspectives du parti et aux ambitions de ses ténors qui, semble-t-il demeure intactes.

On pourrait dire que la poursuite des activités du parti sur le terrain confirme cette tendance, sans laquelle, les différentes structures du parti se verraient vidées de leur substance. Ce qui serait suicidaire pour le parti, au point que certains de ses cadres et militants se demanderaient alors pourquoi ils avaient quitté l’Adéma. Ceux qui pensent ainsi n’ont pas hésité à retourner à l’Adéma.

Ainsi, on retient que les responsables du RPM ont initié des rencontres dans plusieurs circonscriptions électorales entre autres: à Kita, Niono, Djenné, Sikasso, et récemment Koulikoro.

Partout il y avait le même message qui consiste à serrer les rangs pour faire face aux échéances électorales futures. Ainsi, le parti, sur cette lancée, a-t-il encore les moyens de prendre sa revanche? C’est le temps qui nous en dira.

Moussa SOW

30 Juin 2008