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Fondamentalement, la raison d’être d’un parti politique est la conquête et l’exercice du pouvoir. L’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA) a déjà conquis et exercé le pouvoir de 1992 à 2002. L’Union pour la République et la Démocratie (URD) créée en 2003 aspire fortement à exercer à son tour le pouvoir.

En cinq années d’existence, l’URD est à un pas de cet objectif premier d’un parti politique. Il est la deuxième force politique du Mali avec deux ministres au gouvernement, 29 députés à l’Assemblée Nationale, quinze conseillers nationaux au Haut Conseil des Collectivités et plus de mille conseillers communaux.

Il n’est devancé que par l’ADEMA en terme du nombre de ministres, de députés et de conseillers qu’ils soient nationaux ou communaux.

De la révélation à la confirmation.

Mais pour les élections communales de 2009, présidentielles et législatives de 2012, l’URD compte bouleverser cet ordre en devenant la première force politique du pays. En a-t-il les moyens?

Le président du parti, M. Younoussi Touré, à la faveur d’une conférence de presse tenue le week-end dernier au Centre International de Conférences de Bamako, a rappelé aux militants de l’URD que “si les élections de 2007 ont été celles de la révélation, celles de 2009 et 2012 doivent être celles de la confirmation.

Pour ce faire et pour atteindre l’objectif de hisser notre parti au 1er rang qui lui sied, nous devons maintenir et renforcer l’unité et la cohésion au sein du parti, la rigueur et l’organisation interne, l’implantation du parti jusque dans les hameaux les plus reculés, le dynamisme des Mouvements des Femmes et des Jeunes”, a déclaré Younoussi Touré.

2012 dans la ligue MIRE

L’Alliance pour la Démocratie au Mali – Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ) se trouve aujourd’hui dans la logique de reconquérir le pouvoir politique au Mali à la faveur des prochaines élections générales de 2012. C’est pourquoi, le parti de l’Abeille solitaire, emblème de l’ADEMA ne rate aucune occasion pour faire rallier à sa cause les militants et responsables d’autres partis politiques et associations.

Pour ce faire, plus gros que “l’éléphant »
l’Abeille solitaire”, sous la houlette de Dioncounda Traoré, a susccessivement bouffé le RND de Me Abdoulaye Garba Tapo, le PUDP de feu Maribatrou Diaby, le PDCI-Farafina Dambé de Issa Mariko et l’indépendant Farako de l’albitre Sidi Bekaye Magassa.

Indépendamment des premiers responsables de certains partis politiques, l’ADEMA a également réussi à débaucher au sein du RPM à Kita où le maire Boly Keïta, élu sur une liste RPM aux élections communales de 2004 a rallié l’ADEMA avec certains de ses camarades.

A Sikasso, l’ancien maire Mamadou Tangara qui a également séjourné au RPM est retourné dans l’ADEMA avec des conseillers. A la faveur des élections législatives de 2007, l’ADEMA est redevenue le parti majoritaire de fait avec 46 députés sur 147 que compte l’Hémicycle de Bagadadji. Après la formation des groupes parlementaires, l’ADEMA a réussi à renforcer son groupe parlementaire en accueillant en son sein d’autres députés.

Selon nos sources, le groupe parlementaire ADEMA avoisinerait la cinquantaine de députés aujourd’hui. L’ADEMA est actuellement la première force politique du pays avec une cinquantaine députés à l’Assemblée Nationale. Au gouvernement, on dénombre au moins trois ministres appartement à l’ADEMA. Ce sont : Ibrahima N’Diaye dit Iba, Sékou Diakité, Tiémoko Sangaré.

Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, M. Agathan Ag Alassane serait également de l’ADEMA. Sur les 10 777 conseillers communaux que compte le Mali, 3336 sont de l’ADEMA. C’est parce qu’il a le plus grand nombre d’élus que le PASJ assure la présidence du Haut Conseil des Collectivités et de l’Assemblée Nationale, deux des sept institutions de la République.

L’URD se renforce

Pas de la même manière que l’ADEMA sinon l’URD, à son tour, se prépare à conquérir et à exercer le pouvoir politique au Mali en 2012. Sauf surprise sinon Soumaïla Cissé président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) sera le candidat de l’URD à la présidentielle de 2012. Le parti de la poignée de mains, emblème de l’URD menace de destituer l’ADEMA.

Entre ces deux formations politiques, il y a un marquage serré. Partout où l’ADEMA est 1er, il est tallonné par l’URD. Avec 29 députés à l’Assemblée Nationale, 1 623 conseillers communaux, 15 conseillers nationaux, deux ministres au gouvernement, l’URD est la 2ème force politique du Mali derrière l’ADEMA.

Dans le bureau de l’Assemblée Nationale, l’URD occupe la 1ère vice-présidence et la 2ème questure. Au Haut Conseil des Collectivités, une autre institution de la République, l’URD assure la 1ère vice-présidence et la 2ème questure. L’URD n’attend pas s’arrêter à la deuxième place, il compte se hisser au 1er rang en délogeant l’ADEMA.

Ce défi sera-t-il relevé en 2012 ? Cela est bien possible. En tout cas, de sa création en 2003 jusqu’à aujourd’hui, il s’est renforcé. Il a accueilli dans ses rangs des dissidents du CNID avec Me Demba Traoré en tête, des démissionnaires de BDIA dont Djibril Souleymane N’Diaye, Hamaciré N’Douré, entre autres.

En lançant un défi à l’ADEMA, l’URD a du pain sur la planche quand on sait que le parti est menacé d’une cassure qui devrait venir du côté de son 2ème vice-président, M. Oumar Ibrahima Touré, actuel ministre de la Santé qui jure de prendre la tête du parti contre vents et marées.

L’ADEMA, à son tour, n’est pas à l’abri d’une autre scission du fait des ambitions démesurées de ses cadres qui aspirent tous devenir président de la République avec l’aide de l’appareil du parti.

Daba Balla KEITA

12 Août 2008