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Le Mali est plus que jamais déterminé à oeuvrer pour le bonheur du secteur agricole. Aussi, le jeudi dernier, dans la salle Mamadou Konaté de l’Assemblée nationale, les honorables députés, réunis en session ordinaire sous la houlette du président Dioncounda Traoré, ont procédé à la ratification d’une Ordonnance prise par le gouvernement et portant création de l’Inspection de l’agriculture.

Ce qui veut tout simplement dire que dans notre pays, il y a une volonté politique très forte de faire la promotion d’une agriculture durable et performante.

Dans ce cadre, la principale mission assignée au département de l’Agriculture consiste à améliorer les revenus des producteurs agricoles, assurer la sécurité alimentaire des populations et lutter contre la pauvreté en milieu rural.

Cependant (et il est bon d’insister là-dessus), il existe une situation fortement préjudiciable au département, qui se caractérise par l’absence de contrôles assidus et réguliers.

Rappelons que l’inspection des services du ministère de l’Agriculture, créée par l’Ordonnance N° 83-35/P RM du 27 Octobre 1983, a été dissoute pour des raisons de restructuration.

Malheureusement, la conséquence a été que les 7 801 hectares amenagés, de 2002 à nos jours, ainsi que des réalisations qui ont été initiées par des partenaires et des ONG, ne répondent pas le plus souvent aux normes requises, faute de contrôles assidus et réguliers et compte tenu du nombre peu élevé des missions de contrôle et d’audit institutionnel ou financier.

Ces missions, pour la plupart assurées par les services d’inspection extérieurs, ne permettent pas très souvent, au département de l’Agriculture, d’assurer régulièrement le suivi des recommandations.

Les missions d’inspection ou de contrôle menées par les services de contrôle externes portent essentiellement sur les aspects financiers, alors qu’il s’agit de traiter avec la même rigueur aussi bien les malversations financières que les défaillances ou défauts d’ordre technique constatées.

L’on s’accorde tous à dire aujourd’hui que la réalisation de la mission du ministère de l’Agriculture nécessite la rationnalisation des interventions de l’Etat et le transfert de certaines fonctions jusqu’ici assurées par les services de l’Etat à d’autres acteurs du développement rural: comme le secteur privé, les collectivités territoriales et les organisations professionnelles agricoles.

Il s’agit notamment des fonction de production, de transformation et de commercialisation.

Aussi est-il apparu nécessaire, pour le ministère de d’Agriculture, de se doter, de nos jours, d’un outil de contrôle interne, de promotion et de renforcement des capacités des acteurs du secteur du devéloppement rural.

La création de l’inspection de l’agriculture s’inscrit donc dans le cadre de la mise en place du dispositif institutionnel de contrôle, et surtout, d’appui en vue d’accompagner la politique de développement du secteur de l’agriculture.

L’ensemble des députés restent convaincus que la création d’une inspection est conforme à la Loi d’Orientation Agricole (LOA) qui stipule, en son Article 36, que “l’Etat met en place un dispositif institutionnel d’appui et de contrôle stable”.

Ainsi, la création d’une inspection se justifie quand on examine la taille du département de l’Agriculture, dont les services couvrent tous le territoire national : à savoir, trois services centraux et leurs structures déconcentrées, 13 organismes personnalisés et 25 services rattachés.

La mise en place de l’Inspection de l’agriculture permettra d’harmoniser non seulement les normes de qualité des ouvrages et des aménagements, mais aussi les normes en matière de production. Elle va également renforcer les capacités du département, en matière de gestion de ses ressources.

Selon le ministre qui défendait ce texte devant les parlementaires, en réalité la création de ladite Inspection s’inscrit dans une dynamique de recherche de l’efficacité.

En clair, elle constitue l’aboutissement du processus de réforme institutionnelle qui s’inscrit dans le contexte socio-économique global du pays et se trouve en conformité avec l’esprit de la Loi d’Orientation Agricole qui milite en faveur d’une agriculture moderne et du respect des normes de qualité, aussi bien en matière d’aménagement que de productions agricole, agro-pastorale et halieutique.

Entre autres missions, cette Inspection de l’agriculture aura à contrôler le fonctionnement et l’action des services et organismes relevant du département de l’Agriculture, à veuiller au respect et à l’application des dispositions législatives et règlementaires, notamment, celles relatives à la gestion administrative, financière et matérielle, par les services et organismes de l’Agriculture.

Elle contribuera aussi à assister les services et le personnel par des conseils de gestion ou d’aide à l’organisation, ou par la mise en oeuvre des programmes d’information et de formation pouvant contribuer au renforcement de leurs capacités et à une gestion saine des services et des dérniers publics.

Compte tenu de l’importance de cette Inspection, les députés ont adopté le projet soumis à leur appréciation.

Laya DIARRA

21 Mai 2008