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Outre les membres du cabinet de la Primature, la rencontre a regroupé les responsables des ministères et services impliqués dans la mise en oeuvre de l’opération et le commissaire à la Sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara.

Le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, a fait le point des actions menées ou en cours d’exécution et a annoncé l’installation d’un comité national de pilotage, de ses démembrements régionaux et d’une cellule technique.
L’une des conditions de réussite de l’initiative réside dans l’approvisionnement en semences.

A ce sujet, le ministre Sangaré a indiqué que les besoins pour couvrir la zone d’extension du Nerica (une nouvelle variété de riz) sont estimés à 3490 tonnes. Mais pour le moment, le pays ne dispose que de 1500 tonnes. Celles-ci ont été recensées par les directions régionales de l’Agriculture de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Il y a donc un gap de 2000 tonnes à combler grâce à des importations de Guinée et de Gambie, deux producteurs de semences qui disposent respectivement de 700 et 2300 tonnes.

Tiémoko Sangaré a précisé que trois opérateurs privés semenciers (Comptoir 2000, Faso Kaba et Togouna) ont été identifiés par le département de l’Agriculture pour l’acquisition de ce complément de semences dont l’achat, l’acheminement et la distribution feront l’objet d’une convention de transaction entre la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et l’opérateur choisi au terme d’une consultation. Les semences doivent être disponibles au plus tard le 15 juin à venir.

Le Premier ministre a demandé d’accélérer les procédures d’achat du reliquat de semence pour permettre aux paysans de semer à temps. Il a par ailleurs suggéré au ministère de l’Agriculture de vérifier avec plus de précision les besoins en semences des riziculteurs, notamment dans la Région de Ségou.

Pour les engrais, les besoins sont évalués selon le ministre de l’Agriculture, à 92 098 tonnes dont 24 795 tonnes pour le DAP et 67 303 tonnes pour l’urée. Le département et certains fournisseurs d’engrais et de semences se sont rencontrés mercredi pour évaluer les stocks et jauger la capacité de ces opérateurs à satisfaire les besoins.

En principe, aucun problème ne devrait se poser pour les semences destinées aux zones où la maîtrise de l’eau est totale et celles où est pratiquée la submersion contrôlée, car les producteurs installés dans ces systèmes de culture de riz disposent de leurs propres semences et ont, en plus, une expérience avérée en la matière.

Tiémoko Sangaré a par ailleurs annoncé le recrutement de 102 agents de conseil agricole par l’entremise d’un concours qui sera organisé après-demain par le ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Reforme de l’État.

En équipements, le ministère de l’Agriculture prévoit 70 motoculteurs et 5 mini-rizeries (usines où on traite le riz paddy) pour la zone de l’Office du Niger, 36 motopompes pour Mopti, Tombouctou et Gao, 100 batteuses et autant de décortiqueuses pour l’ensemble des zones de production de riz.

Le démarrage des travaux champêtres étant imminent, il a été suggéré que le marché d’acquisition des motoculteurs et des mini-rizeries soit conclu avec le CAFON de Niono qui dispose d’une expertise et d’une capacité avérées en la matière. Le 15 juin est retenu comme date butoir de livraison de ces équipements. Par contre, l’acquisition des motopompes et du matériel dit post-récolte est envisagée sur la base d’une consultation restreinte avant le 30 août.

L’argent étant le nerf de la guerre, le ministre de l’Agriculture s’est réjoui du fait que la BCEAO, les banques et les institutions de microfinance aient accepté d’appuyer l’initiative. Elles ont assuré de leur disponibilité lors d’une rencontre qui s’est déroulée le 2 mai à Ségou (voir L’Essor du 5 mai). Après cette réunion, une série de rencontres est prévue pour que les banques précisent leurs engagements.

Pour la gestion des fonds destinés à l’opération, Tiémoko Sangaré a annoncé que les dispositions sont prises par le ministère des Finances pour l’ouverture auprès de la BNDA, d’un compte spécial qui sera alimenté à hauteur de 5 milliards Fcfa.

Le ministre de l’Agriculture a aussi révélé qu’une requête de financement a été adressée au Centre des Objectifs du millénaire pour le développement et à l’ONG SG-2000 qui se sont montré disponibles à accompagner techniquement et financièrement l’initiative.

Enfin, Tiémoko Sangaré a annoncé la mise en place de fonds de subvention dans des régions pour soutenir les opérations d’achat des stocks de semences et éviter ainsi toute spéculation. Ces fonds seront repartis entre les régions de Sikasso (339 millions Fcfa), Koulikoro (295,2 millions) et Kayes (300 millions).


M.KEÏTA

09 Mai 2008