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Le Parti pour la renaissance nationale (Parena) était face à la presse mercredi 4 juin 2008 pour parler de la crise de l’école, du Nord et de la vie chère avec sous les bras des propositions. Il ressort des analyses économiques du parti du « Bélier blanc », que les clignotants économiques sont au rouge avec 1000 milliards de dette intérieure et des recettes douanières et minières déficitaires.

C’est sur la base d’un travail méticuleux avec des documents de référence que le président du Parena, Tiébilé Dramé, a évoqué mercredi les tensions de trésorerie qui frappent notre économie. Aux dires du président du Parena, la dette intérieure cumulée du Mali (l’argent que le Trésor public doit aux fournisseurs de l’Etat) s’élève à plus de 1000 milliards de F CFA à la fin du mois de mai 2008.

Le Trésor doit aussi des dizaines de milliards de F CFA à des banques de la place. La douane, principale pourvoyeuse de fonds, a réalisé moins de 10 milliards CFA sur une projection mensuelle de 27 milliards au 27 mai 2008. Les arriérés de prévision à la fin mai s’élevaient à 54 milliards pour les premiers mois de l’année. Les impôts affichent un léger mieux avec 85 % de recouvrement.

Face à ce tableau sombre de l’économie malienne, le président du parti du « Bélier blanc » a laissé entendre que « c’est toute l’économie qui se trouve grippée et le système bancaire menacé. Les activités des opérateurs économiques, combien essentielles à la survie des ménages, sont progressivement étouffées ». Son inquiétude est d’autant plus grande que dans son entendement, l’ensemble du système économique est en panne quand l’argent se raréfie et l’Etat peine à honorer ses engagements.

Tiébilé Dramé a déploré le manque d’effort de l’Etat dans la réduction de son train de vie.

Les solutions par lui proposées portent, entre autres, sur la réduction des dépenses de l’Etat (carburant, électricité, eau et communication), la réduction au strict minimum nécessaire des missions effectuées par les membres du gouvernement, de l’Assemblée, des autres institutions de la République,

la révision du taux des frais de mission des membres du gouvernement, de l’Assemblée nationale et des autres institutions, la lutte contre la fraude et les évasions fiscales, la fin des exonérations discriminatoires, l’égalité des opérateurs économiques au cordon douanier.


Reporter « l’Initiative riz » à 2009-2010

Le Parena a réitéré de « desserrer l’étau et l’emprise » de certains opérateurs économiques sur des services financiers (douanes et impôts), de renégocier sans délai le contrat avec les compagnies minières visant à augmenter la part de l’Etat.

Selon les constats du Parena, le prix de cette matière première bat des records sur le marché mondial avec 1025 dollars l’once au marché de Londres, le 3 juin 2008. Le Parena a exigé un contrôle strict sur les quantités d’or exportées, indiquant qu’en 2006, la part de l’or dans les recettes d’exportation était de 587,486 milliards CFA.

Pour atténuer les effets de la vie chère, Tiébilé Dramé a proposé comme recette : la bonne gouvernance, la rigueur dans la gestion des ressources et des stocks, l’anticipation et une bonne organisation de nos circuits d’approvisionnement et de distribution des produits céréaliers.

« L’Initiative riz », opération du gouvernement pour juguler la crise céréalière, ressemble à un « éléphant blanc », du point de vue du Parena à cause de la précipitation dans sa conception et du risque de débours financier de dizaines de milliards des banques et de l’Etat sans résultats sûrs. Le Parena a souhaité qu’elle soit reportée à la campagne 2009-2010 afin de mieux la préparer.

Le Nord demeure une question nationale pour le Parena qui ne saurait se régler sans l’ensemble des Maliens. A cet égard il a préconisé une conférence nationale et l’information des partis politiques tout en appelant les membres de l’Alliance du 23-Mai à déposer les armes et à aller dans une dynamique de paix. Le parti du « Bélier blanc » est favorable à l’application de l’Accord d’Alger qu’il a soutenu depuis juillet 2006 ou sa renégociation en cas d’inapplicabilité de certaines de ses clauses.

Sur la crise de l’école, le Parena a une fois de plus déploré la politique actuelle du gouvernement qui se caractérise par « l’intransigeance et l’autisme » qui ne favorisent pas le dialogue et les concessions indispensables pour une sortie de crise.

Le président Dramé a condamné les évaluations sans les professeurs dans le secondaire. Il a proposé le compromis tant à la Coses qu’au gouvernement pour négocier un taux d’indemnité de logement acceptable et reporter sa prise en charge sur l’exercice budgétaire 2009 eu égard aux difficultés budgétaires et sa non-inscription au budget 2008.

Il y a lieu, selon le Parena, de dissiper les malentendus pour la réussite du Forum national sur l’éducation d’août 2008.

Abdrahamane Dicko

05 Juin 2008