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Vingt-mois après l’affaire Kampusch, l’Autriche était sous le choc d’une nouvelle histoire de séquestration, alors que la police livrait les premiers éléments et diffusait des photographies de la cave où Elisabeth Fritzl a vécu et donné naissance à sept enfants entre 1984 et 2008.

Lors d’une conférence de presse, la police a officiellement dévoilé l’identité et une photographie du suspect. Il s’agit de Joseph Fritzl, aujourd’hui âgé de 73 ans. Le chef de la brigade criminelle de Basse-Autriche, Franz Polzer, a expliqué qu’il était passé à des aveux complets.

« Il a reconnu avoir enfermé sa fille, qui avait 18 ans à l’époque, avoir eu des relations sexuelles répétées avec elle, et être le père de ses sept enfants« , a déclaré Franz Polzer à l’Associated Press. « Il a également reconnu avoir brûlé un des enfants dans l’incinérateur de l’immeuble« .

De plus, sur les six enfants qui ont survécu, trois ont passé leur vie entière dans la cave. Ils « n’ont jamais vu le jour« , « sont évidemment très pâles » et ont appris à parler par leur mère, a précisé Franz Polzer. Ils sont aujourd’hui âgés de 19, 18 et cinq ans. Les trois autres, présentés par Joseph Fritzl comme des enfants recueillis, vivaient avec leurs grands-parents. Elisabeth, ses six enfants et sa mère Rosemarie ont été admis en hôpital psychiatrique.

Selon la police, le suspect était un homme très autoritaire qui « a réussi à tromper tout le monde » et qui ne laissait personne approcher de l’endroit où il retenait sa fille. Hans-Heinz Lenze, un responsable de la police locale, a ainsi affirmé que son épouse « n’avait aucune idée » de ce qui se passait et était lundi totalement dévastée par l’histoire. « Il faut imaginer que le monde de cette femme s’est effondré« , a-t-il souligné.

2-5.jpgLa police a diffusé des photos de l’endroit dépourvu de fenêtre et situé au sous-sol dans lequel l’homme a séquestré sa fille. La cachette comportait une porte à isolation phonique, une petite salle de bains décorée et un couloir étroit menant à une minuscule chambre. Un système électronique d’entrée sans clé empêchait la captive de s’échapper de sa prison, construite en béton renforcé. Quelques décorations pour enfants ornaient les lieux.

Joseph Fritzl a été présenté à un tribunal dans la journée. Il risque jusqu’à 15 ans de prison s’il est inculpé et reconnu coupable de viols, le crime le plus grave dont il est soupçonné.

Plus d’un an et demi après l’affaire Natascha Kampusch, qui s’était échappée d’une maison en banlieue de Vienne après avoir été séquestrée pendant plus de huit ans, l’Autriche était de nouveau incrédule et scandalisée lundi. « Le pays tout entier doit se demander ce qui fondamentalement ne fonctionne pas« , écrivait le quotidien « Der Standard » dans son éditorial.

Günter Pramreiter, boulanger dans la rue où se sont déroulés les derniers faits, a expliqué lundi l’AP que le suspect et sa femme lui achetaient régulièrement du pain. « Ils semblaient normaux, comme toutes les autres familles« , a-t-il expliqué. « Je suis totalement sous le choc. Ça se passait à côté. C’est terrible« .

Elisabeth Fritzl, portée disparue depuis le 29 août 1984, a été retrouvée samedi soir par la police à Amstetten (est). Elle a raconté aux enquêteurs que son père avait commencé à abuser d’elle lorsqu’elle avait 11 ans et l’avait droguée, menottée et enfermée dans une pièce de la cave le 28 août 1984.

Dans les années qui ont suivi, elle explique avoir été violée de façon répétée par son père et avoir eu au total sept enfants. En 1996, elle dit avoir donné naissance à des jumeaux, dont l’un serait mort quelques jours plus tard faute des soins adaptés. C’est le corps de cet enfant qui a été brûlé.

Selon les enquêteurs, Elisabeth Fritzl était « profondément perturbée » psychologiquement après sa libération. Lundi, Natascha Kampusch, aujourd’hui âgée de 20 ans, a diffusé un communiqué affirmant qu’elle souhaitait lui offrir son aide morale et financière.

Source : L’internationalmagazine.com – AP , publié le 29/04/2008

D’après agence : Comment la police a découvert la séquestration

Ce que l’on appelle désormais l’affaire Josef Fritzl a été découverte par hasard. Kerstin, la jeune fille qui vivait séquestrée avec sa mère Elisabeth et deux de ses frères, est hospitalisée le 19 avril dans un état comateux. Selon les indications données par la police, Elisabeth réussit alors à persuader Josef Fritzl de faire soigner leur enfant, prise de convulsions. Les médecins, perplexes sur le mal dont souffre Kerstin, lancent un appel par le biais de la télévision pour retrouver la mère de la jeune fille, afin de mieux diagnostiquer la maladie.
Elisabeth, qui a entendu l’avis de recherche à la télévision, réussit à obtenir du père de pouvoir se rendre à l’hôpital pour tenter de sauver sa fille. C’est alors que le père incestueux imagine un nouvel épisode à son scénario diabolique, qui depuis 1984 reposait sur la disparition de sa fille, prétendument aux mains d’une secte.

A sa femme, il fait croire qu’Elisabeth a brusquement refait surface, et qu’il va l’accompagner à l’hôpital. Face aux médecins, Elisabeth exige elle un entretien en tête-à-tête avec le personnel médical et la promesse qu’elle ne sera plus jamais mise en contact avec son père. Elle révèle alors son enlèvement, son calvaire… 29 avril 2008