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On a beau dire, on a beau faire, force est de revenir, encore et encore, sur les scandales de la gestion révoltante du foncier et du domanial par nombre de nos élus communaux.

La Commune VI du district de Bamako apparaît comme le triste emblème, le paroxysme des agissements cavaliers des édiles maliens comme l’illustre le sort que certains membres du bureau communal veulent faire au « Complexe sportif de Faladié ».

Cette appellation équivoque est une trouvaille du ministère de la Jeunesse et des Sports. En tout état de cause, les jeunes et leurs parents sont décidés à s’opposer au vol, pour vente à des opérateurs économiques, d’une parcelle quelconque de leur terrain de sports. Un bras de fer est engagé depuis un an. A suivre.

Une affaire de gros sous ?

Au vu de la manière dont la question est « gérée », cela ne fait aucun doute aux yeux de la jeunesse de Faladié. Un des derniers et rares poumons du secteur, cadre d’activités saines pour les jeunes, n’a pas pu être sacrifié, innocemment. On suspecte nos croqueurs de l’espace communal d’avoir empoché des sommes plutôt rondelettes qu’ils ne seraient plus en mesure de restituer aujourd’hui. D’où les tergiversations manifestes et les pressions en direction du collectif de gestion du complexe pour « négocier » ou « soumettre ses propositions ».

Des tentatives de corruption ou d’arnaque ne manquent pas au tableau. On fait miroiter au collectif que les paiements attendus des acquéreurs lui seront versés pour assurer l’arrosage d’une hypothétique pelouse. Du gazon ? On susurre à certains responsables qu’ils pourraient bénéficier de quelques belles faveurs selon leur bonne compréhension et leur collaboration.

Mais « affaire d’argent ne se règle que par l’argent ». C’est connu. Nos croqueurs d’argent sont dans un seau merdier. Ils l’ont bien cherché ; ils l’ont trouvé. Pas question que la jeunesse en fasse les frais.
Responsables communaux ou pyromanes ?

Une question que la jeunesse et les parents se posent unaniment à Faladié-IJA, Sokoro, Solola, BIAO et même Sema devant l’entêtement irresponsable de l’autorité communale. Cela frise la provocation. Mais aussi, le louvoiement d’une tutelle qui donne l’impression d’attendre que l’orage passe et que la mobilisation s’essouffle.

De l’autre côté, une jeunesse qui ne veut rien de moins que la jouissance pleine et entière d’une aire de sports à elle dévolue depuis plus de 22 ans. A l’affût des opérateurs économiques, parvenus, et autres personnages aux relations « influentes » qui ont réussi à accaparer une zone du complexe sportif.

Les responsables communaux (bousculés par les grosses fortunes ne peuvent plus faire marche arrière. Quant aux jeunes, c’est « nous pas bouger ». On doit donc s’attendre à des étincelles. Surtout que depuis quelque temps, certains responsables semblent jouer à la provocation. Non contents d’avoir extorqué un espace de 150 m x 30 m, ils ajoutent l’insulte à l’opprobe concernant la jeunesse. Du genre « vos parents sont des fumiers ». Ou bien « si la jeunesse ne veut rien comprendre, elle peut même enlever la terre du terrain et l’emporter où bon lui plaira ».

Comme appel à une 3e casse difficile de faire mieux…

La faute à ATT ?

Voilà une autre interrogation qui court à Faladié. Parce que depuis le lotissement de 1986, cette aire de sports n’avait jamais connu de problème. Excepté, l’intermède de 2003 où une velléité de construction dans sa partie nord-ouest a été écrasée dans l’œuf par une forte mobilisation de la jeunesse et une décision courageuse et louable du gouverneur du district de l’époque.

Ainsi, quand ATT, à la veille des présidentielles 2007, décida de faire clôturer le terrain et y aménager une aire de basket-ball, ce fut la joie. Que du bonheur. Aucune inquiétude. Même si certaines rumeurs persistantes assuraient que les « gens de la mairie » se préparaient à profiter de l’action d’ATT pour « prélever leurs parties sur l’espace ».

Une sorte de dîme locale levée par des élus de la Commune VI ? Rapidement, la zone conflictuelle fut soustraite pour la construction d’un « parking pour le stade ». Ensuite, du parking, plus question. Des parcelles, subrepticement créées, furent vendues à de puissants acquéreurs.

Difficile de comprendre comment et pourquoi les autorités nationales et districables n’ont pas assuré le suivi d’une telle opération, connaissant bien les uns et les autres. Directement ou par personnes interposées, toutes les autorités du pays ont été contactées et informées. Personne à ce jour, n’a levé le plus petit doigt pour arrêter le scandale.

Donnant l’impression d’attendre que les jeunes de Faladié jettent l’éponge. Ou que, dégoûtés et révoltés, ils commettent un acte irréparable. ATT agira-t-il ? A temps ? Le vieux précepte du « mieux vaut prévenir que guérir » n’a pourtant rien perdu de sa vérité. Surtout dans le Mali d’après 26 mars 1991 et concernant des jeunes forts de leurs bons droits.


Khaliloulah

28 Août 2008