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La question qui taraude la majorité des maliens est de savoir si IBK, la CMA, la France et la Communauté Internationale veulent-ils résoudre la crise du nord ?
L’Accord d’Alger du 15 mai 2015, supposé être la clé à la résolution de la dite crise est devenu le remède qui va tuer le malade, du fait qu’il n’est pas applicable. Depuis une année et demi, aucun dispositif du dit accord n’a pu être mis en exécution, malgré tous les boucans présidentiel, primatorial et international. Ni l’accord, ni l’entente subsidiaire au dit Accord, n’ont connu une application même partielle. Le dernier problème né de l’application de cet accord est la diffusion d’un projet de décret du Conseil des Ministres relatif à la désignation des membres des Autorités Intérimaires. Projet de décret auquel la CPA, de la CMFPRII et le MSA ont opposé une fin de non recevoir. Ces trois mouvements sont bel et bien membres de la CMA, même si les rebelles Kidalois disent le contraire. Pour rappel la CPA et la CMFPRII sont tous signataires de l’Accord d’Alger.
Le MSA crée tout récemment n’est constitué que d’ex-éléments du MNLA, du HCUA et du MAA. En analysant de près, on se rend compte que ces mouvements contestataires ont raison de protester contre le fait que seuls les ressortissants de Kidal sont membres des Autorités Intérimaires dans toutes les régions du nord. Le Ministre de l’administration est accusé de partialité et même d’être le parrain du MNLA et du HCUA pourtant membre de la CMA. En lieu et place d’une concertation à la base pour observer un certain équilibre entre les régions dans la désignation des Autorités Intérimaires, le Ministre Ag Erlaf à travers cet acte a forcé la partition du Mali entre IBK qui a observé un silence radio comme , Président du sud et Bilal Ag Cherif Président de l’Azawad. Ce dernier se fait appeler désormais Excellence Monsieur le Président de la République de l’Azawad. Lors de la signature de l’Accord d’Alger, il a refusé de venir à Bamako prétextant que si IBK ne devrait pas signé l’accord, alors ce n’était pas la peine diplomatiquement qu’il soit présent à la cérémonie.
Il reçoit en audience les Ambassadeurs qui se déplacent sur Kidal. Sans se soucier du Mali et de son avenir, IBK est devenu le dindon de la farce, car ayant fait aveuglement confiance au Ministre Ag Erlaf, ancien rebelle des années 1990 qui n’a jamais condamné les rebellions de 2006 et de 2012. Le programme PSPSDN initié par ATT pour faire des réalisations n’était en réalité que la pompe à sou des chefs touaregs du nord, elle n’a d’ailleurs jusque-là pas présenté de bilan, ni de rapport d’audit. Il semble que les fonds avaient été octroyés selon certaines sources en douce à certains chefs Touaregs afin de préparer la rébellion de 2012 qui de facto allait conduire à la création de leur République fantomatique l’Azawad. Jusque-là, la CMA n’a pas renoncé à cette ambition. Dans ces conditions mettre un Touareg comme ministre de l’administration est qualifié de myopie politique d’IBK. En plus des trois mouvements contestataires les Mouvements de Résistance Civile de Gao à travers un communiqué destiné à tous les acteurs nationaux et internationaux de la résolution de la crise ont donné de la voix pour protester contre le fait que c’est Kidal qui viendra les gouverner. Ils ont juré de ne pas se faire administrer par les Touaregs de Kidal

Seydou Diarra

03 Novembre 2016