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Le port obligatoire de la ceinture de sécurité et l’interdiction du téléphone au volant sont deux mesures adoptées par le ministère de la Protection civile et de la Sécurité intérieure. Elles doivent entrer en vigueur demain. Nous nous sommes intéressés à la ceinture de sécurité comme moyen de diminuer les risques d’accident dramatique.

Les mesures ainsi adoptées ont été entérinées par décision du conseil des ministres depuis quelques semaines et seront mises en application dès demain 1er février 2007. L’objectif visé est de diminuer les cas d’accidents mortels de la circulation routière liés à l’usage du téléphone au volant et au refus du port de la ceinture de sécurité. Nous nous sommes intéressés à ce dernier cas pour non seulement savoir les catégories de véhicules assujetties à la ceinture de sécurité, mais aussi comment son usage peut-elle protéger la vie du chauffeur et des occupants.

Selon Youssouf Sidibé, moniteur d’auto-école, « le port de la ceinture de sécurité est obligatoire pour le chauffeur et les occupants des véhicules de tourisme ». Un véhicule de tourisme est, à l’en croire, une voiture particulière ne dépassant pas 3,5 tonnes de poids autorisé à la charge ou poids total roulant autorisé.

Le code de la route précise que « le port de la ceinture est obligatoire à tout moment et n’importe où », ajoute M. Sidibé. Il existe néanmoins une restriction pour des enfants de 0 à 10 ans. Ils sont tout simplement placés sur le siège arrière de la voiture.

Les conducteurs et les passagers des véhicules de transport public (bus, Sotrama, Duruni, etc.) sont toutefois dispensés de ceinture de sécurité pour la bonne raison que ces engins n’en disposent pas.

La ceinture de sécurité a l’avantage d’éviter aux occupants d’un véhicule d’être éjectés du siège en cas de chocs violents provoqués par un accident. « Quelle que soit l’ampleur du choc, la ceinture a pour rôle de maintenir le passager sur son fauteuil », souligne M. Sidibé.

M. Sidibé, qui a bourlingué dans la sous-région comme moniteur d’auto-école, fait savoir que les autorités ont pris du temps avant de décider cette mesure déjà en vigueur dans beaucoup de pays et en France.

Selon lui, il est une chose de prendre une mesure, la faire respecter par l’administration chargée de la circulation routière et même les usagers en est une autre.

Abdrahamane Dicko


CEINTURE DE SECURITE

Les usagers vantent la « corde » qui sauve

Pour de nombreux usagers, la ceinture de sécurité, dont le port devient obligatoire à partir de demain, est une « corde » qui sauve.

Samba Traoré (moniteur théoricien « la Grotte ») :

« La décision des autorités d’imposer le port de la ceinture de sécurité est salutaire. La première des choses que nous exigeons des clients, c’est le port de la ceinture de sécurité dès qu’ils prennent le volant. Mais, à ce niveau, il faut accentuer la sensibilisation car cette mesure suppose un changement de comportement. Il faut montrer aux gens que c’est pour leur propre sécurité ».

Daouda Traoré (chauffeur dans une ONG) :

« Je ne suis pas au courant que c’est demain que la mesure du port de ceinture de sécurité va entrer en vigueur. D’habitude quand je suis à Bamako, je ne porte pas de ceinture de sécurité, mais c’est surtout lors de mes voyages que je n’oublie pas de le faire. Mais je suis conscient que j’ai tort car j’ai vu beaucoup d’accidents où le drame pouvait être évité si le conducteur avait respecté cette conduite. On doit sensibiliser les usagers car au Mali, il y a beaucoup de chauffeurs analphabètes ».

Aminata Kassogué (usager de la route) :

« J’ai beaucoup voyagé ; cela m’amène à dire qu’au Mali, on a du chemin à faire en matière de sécurité routière. Au Burkina tout près, les mesures de sécurité les plus élémentaires sont appliquées … Pour le cas de notre pays, je pense que les autorités doivent aller au-delà de simples mesures pour prendre en compte une stratégie de changement de comportement. Car il ne faut pas avoir peur de le dire, c’est l’incivisme qui est la cause principale des accidents au Mali. Cependant, cette mesure ne me rassure guère. Depuis 1992, j’ai mon permis, mais je préfère recruter un chauffeur que de m’engouffrer dans une circulation de désordre ».

Bandi Cissé (chauffeur de taxi) :

« J’ai toujours porté la ceinture. Pour moi, l’idée d’exiger son port est une bonne chose, car en cas d’accident, on peut être sauvé. Ce n’est pas pour rien qu’on a mis la ceinture dans la voiture. Tous les accessoires d’une voiture sont utiles. La ceinture a une très grande utilité. Il y en a parmi les passagers qui n’aiment pas du tout la ceinture. Avec cette décision, je vais exiger à tous mes passagers d’utiliser la ceinture ».

Djibril Soumounou (chauffeur au projet USC Canada) :

« Une fois dans la voiture, il est bon de porter la ceinture pour sa propre sécurité. Nos autorités ont bien fait en décidant d’exiger, à partir du 1er février, le port de la ceinture. Dans notre projet, on ne bouge pas s’il y a une seule personne qui ne porte pas sa ceinture. Vraiment, si l’Etat parvient à appliquer normalement cette décision, ça serait très bon pour les Maliens. Il y a surtout quelque chose à souligner, nos autorités prennent des décisions qui sont toujours mal appliquées. Si on prend par exemple le cas de l’interdiction des téléphones portables en circulation, c’est révoltant parce que les conducteurs contournent la décision en utilisant des écouteurs ».


Propos recueillis par Amadou Waïgalo et
Sidiki Doumbia (stagiaire)

31 janvier 2007.