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Laurent Gbagbo est bien aux abois. Tout ce qui lui passe par la tête descend directement dans la bouche. Si bien qu’on a l’impression qu’il ne sait plus véritablement ce qu’il dit ni ce qu’il fait. Qui aurait cru que dans la crise actuelle en Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo allait une fois de plus accuser le Burkina Faso et son président. Et pourtant, v’est ce qu’il fait directement par lui-même ou par personne interposée.  » Guillaume Soro veut prendre le pouvoir en Côte d’Ivoire, notre cacao, les ressources de notre sous-sol pour rembourser les armes qu’il a pris avec le Burkina pour attaquer notre pays en 2002 « . Parole de Blé Goudé.

Laurent Gbagbo lui-même a dit :  » Lors des discussions de Marcoussis en janvier 2003, un chef d’Etat voisin qui vient d’être élu à 80 % avait déjà dit que je devrais être livré à la Cour pénale internationale. C’était succulent venant de lui. Peut-être aurais-je pu me faire élire à 80%, j’aurais été moins suspect. Aujourd’hui en 2010, c’est le même scénario. Je ne suis pas surpris.

Il y a un complot qui vise à installer Ouattara au pouvoir « . Visiblement, si Blé Goudé a été un peu plus clair, Gbagbo lui a eu peur de nommer directement le Burkina et son président. C’est ingrat. Et même très ingrat quand on remonte l’histoire. Gbagbo a la mémoire très courte. Et je pense que c’est ce qui fait son problème.

Si Blaise Compaoré et le Burkina Faso avaient voulu véritablement déstabiliser Laurent Gbagbo, il ne serait pas au pouvoir aujourd’hui. Mais heureusement pour lui, le président Compaoré et son peuple ont regardé les Ivoiriens régler leurs problèmes. Jusqu’à ce que Blaise soit saisi par eux pour jouer la facilitation.

Et c’est ce qu’il a fait jusqu’aux élections. Laurent Gbagbo voulait-il sans doute que Blaise l’aide à remporter les élections. Ce serait une ingérence dans les affaires ivoiriennes. Et lui Gbagbo, tel qu’il est, allait être le premier en temps opportun à le dénoncer. Il est évident qu’en sa qualité de facilitateur, il devait lui arriver par moments de trancher en faveur d’une partie comme de l’autre. Et puis, l’élection présidentielle dont il parle au Burkina Faso n’a pas été truquée.

De petits disfonctionnements, il y en eu. Comme dans toute œuvre humaine. Et c’est ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire. Que Gbagbo se rappelle ses périodes de traversée du désert quand il était dans l’opposition. Persécuté et pestiféré dans son pays, il était accueilli à Ouagadougou, logé, blanchi, véhiculé et nourri. Il paraît que c’est l’hôtel Silmandé qui était son gîte préféré.

Lui-même l’a reconnu dans une interview accordée il y a plusieurs années à Jeune Afrique Economie. Aujourd’hui encore qu’il a des problèmes, il cherche des boucs émissaires, partout. S’il doit finir devant la Cour pénale internationale, il y ira. Par sa faute à lui. Est-ce Blaise Compaoré qui lui a dit de tuer et faire tuer des gens dans son pays ; est-ce Blaise Compaoré ou des Burkinabé qui ont fait le charnier de Yopougon ; les escadrons de la mort qui enlèvent, exécutent, viols et mutilent les Ivoiriens. Sont-ils venus du Burkina ?

Qu’il ne cherche pas notre bouche. Sa seule chance est que Blaise Compaoré ne parle pas. Son entourage est également bien réfléchi. Si non, Blaise Compaoré a aussi des choses à dire. Sans aucun doute beaucoup plus intéressantes que lui ses balivernes. Mais comme dit l’adage, il faut répondre à l’autre par le silence. Dans tous les cas, il connaît la position du Burkina. Alasanne Ouattara est le président élu de la Côte d’Ivoire n

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du Faso

30 Décembre 2010.