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Les professionnels du pain ont décidé d’augmenter le prix du pain de 125 F CFA à 150 pour la baguette de 150 g à et de 250 à 300 F CFA pour le gros pain de 250 g. La mesure devait entrer en vigueur le 15 octobre 2007, mais le gouvernement a demandé un sursis afin d’amorcer le dialogue pour des propositions concrètes.

L’augmentation du prix du pain est une initiative du Cadre de concertation de la filière pain (CCFP). Ce regroupement de professionnels du secteur est composé de boulangers, de meuniers et d’associations de consommateurs. Cette proposition de réajuster les prix découle de la situation de hausse que connaît le blé sur le marché international.

Cette céréale, qui est la matière de base du pain, a augmenté de 102 % entre juillet 2006 et octobre 2007. La crise est mondiale puisqu’elle frappe les plus grands pays producteurs de blé comme l’Australie, l’Argentine, l’Ukraine, les USA, la Russie, etc.

Les prix proposés à la hausse sont de 150 F CFA pour la baguette de 150 g et de 300 F CFA pour le pain de 250 g, applicables à compter du 15 octobre 2007. Ce réajustement est assorti d’autres mesures d’accompagnements afin de stabiliser les prix ainsi fixés.

Le CCFP revendique en même temps l’exonération de la TVA au bénéfice des boulangeries sur les achats des intrants et les coûts des facteurs de production ; l’implication de l’Etat dans le projet blé du Mali piloté par la Compagnie malienne de développement de blé (CMDB) ; la prise par l’Etat de mesures économiques volontaristes allant dans le sens de la protection des unités industrielles locales évoluant dans la filière pain ; l’accélération du projet d’installation des kiosques à pain au compte des livreurs et des détaillants.


Non à la diminution de poids

Au mois d’août 2007, une concertation du CCFP avec le gouvernement avait donné lieu à la diminution de poids. La baguette est passée de 200 g à 150 g et le gros pain de 400 g à 300 g. Mais, apparemment, la diminution de poids n’est pas la solution, à long terme pour le CCFP, qui estime que la majorité des boulangeries n’ont pas la technologie pour doser le pain à 150 g. La plupart le font à 160 et 170 g. Ce qui constitue une perte énorme qui les a plongés dans une situation de précarité. Le prix du blé n’étant pas non plus maîtrisé par un pays africain, il serait difficile, pour nos Etats, de les subventionner à tout bout de champ.

Tout cet argumentaire a été développé avec le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Bah Fatoumata Néné Sy, le lundi 8 octobre 2007. Mme la ministre s’est dite consciente et préoccupée par le phénomène. Avant de s’envoler pour l’Assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale à New York, aux USA, elle a demandé à ses interlocuteurs et au nom du gouvernement d’observer une trêve de quelques semaines. Cette trêve lui permettra de renouer les fils du dialogue pour des propositions concrètes.

Pour le CCFP, aucun pays au monde surtout du Sud, ne pourra contenir la crise liée à un problème d’offre et de demande. En plus, nos Etats ne pourront pas continuer à subventionner le secteur au risque de se faire taper sur les doigts par les bailleurs de fonds. C’est pourquoi, le CCFP a trouvé comme solution de réajuster les prix en fonction du coût de la matière première, dont le sac de 50 kg coûte aujourd’hui 20 000 F CFA contre 17 500 F précédemment.

La hausse pourrait être effective la semaine prochaine.

Abdrahamane Dicko

25 octobre 2007.